Régina Lapointe, centenaire au coeur d'or

Manon Turgeon, directrice de l'école primaire Saint-Léon, recevant... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Manon Turgeon, directrice de l'école primaire Saint-Léon, recevant le don de 575$ des mains de Régina Lapointe, qui sera centenaire le 30 décembre.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Jérôme Savary
La Voix de l'Est

(Cowansville) Régina Lapointe, qui aura 100 ans le 30 décembre, continue d'oeuvrer pour sa communauté. La fondatrice de La Popote roulante de Cowansville a offert 575 $ au service « Et si on déjeunait »  de l'école primaire Saint-Léon, mercredi. Lors des célébrations soulignant cet anniversaire pas banal, Mme Lapointe avait suggéré à ses parents et amis de faire un don à cette organisation, plutôt que de lui offrir un cadeau. « Les jeunes, c'est ça l'avenir, alors si mon initiative peut donner à d'autres la chance de contribuer... »

Présente pour l'occasion à l'école, Régina Lapointe semble inspirer les gens autour d'elle. « Je vous aime tellement ! »  avoue la directrice de l'école Manon Turgeon, cédant sa chaise à la (presque) centenaire le temps de l'entrevue. 

La résidante de Cowansville, qui vit rue James depuis 1965, a amorcé sa carrière comme infirmière-puéricultrice à la crèche d'Youville, puis à l'hôpital Notre-Dame, à Montréal. « J'ai eu le coup de foudre pour les enfants à partir de ce moment-là » , glisse-t-elle.

L'idée d'utiliser le prétexte de son anniversaire - auquel 80 personnes avaient répondu présentes - pour aider les enfants d'ici est donc venue simplement à cette native de West Shefford (désormais Bromont). « Quand j'ai su que [à Cowansville] plusieurs enfants avaient faim, je me suis dit "pourquoi pas les petits-déjeuners ? ". »  (voir autre texte)

Engagée

Septième d'une famille de dix enfants, Régina Lapointe - elle a gardé le nom de son mari, mort il y a 38 ans - fait encore du bénévolat une fois par semaine à La Popote roulante. Elle est restée attachée à l'organisme qu'elle a créé en 1983 et qui sert des repas complets aux personnes en perte d'autonomie. 

« À l'époque, il y avait un besoin de service de repas à domicile. Aujourd'hui, nous livrons près de 65 repas par jour » , précise celle qui a travaillé par ailleurs à l'entreprise de tissage Bruck Mills pendant vingt ans.

Mme Lapointe s'implique également au sein de plusieurs autres organismes et associations, dont l'Association féminine d'éducation et d'action sociale (AFÉAS). 

La force de la foi

Entourée d'un fils, de deux petits-enfants et de quatre petits-enfants, Mme Lapointe a toujours été très croyante. « J'ai beaucoup de foi, reconnaît-elle. Je pense que c'est ça qui me tient [en forme]. Je n'ose plus tellement marcher toute seule si j'ai affaire, mais [quand je n'ai pas le choix] je dis "Seigneur Jésus, viens marcher avec moi", et là ça me donne de la force, j'y vais presque en courant ! » 

Cette ferveur religieuse sera bientôt reconnue par la bénédiction papale. En effet, sa belle-fille a fait les démarches en ce sens auprès de l'évêque de Sainte-Hyacinthe. « C'est le plus beau des cadeaux », indique Mme Lapointe, affichant alors un grand sourire.

S'inspirant de la foi catholique, son rapport à la vie et aux autres s'énonce simplement. « Je ne critique jamais mon prochain, je ne parle jamais en mal contre personne. Quand on en veut à quelqu'un, ça nous ruine [intérieurement]. » 

Elle suit en cela les pas de sa mère - « une sainte » , dit-elle - qui ne s'est jamais plainte alors qu'elle travaillait fort dans les champs sur la ferme familiale.

Une femme de son temps

À 99 ans, elle s'adapte au monde dans lequel elle vit. Elle est d'ailleurs très au fait de l'actualité ; elle lit même La Presse + sur son iPad !

Elle se dit ainsi touchée par le sort des Syriens. « Ça me fait mal au coeur » , dit-elle, évoquant du même souffle l'attentat terroriste survenu à Berlin, lundi soir.

Malgré cela, elle n'est aucunement nostalgique d'une époque en particulier. « Il n'y a aucun moment de ma vie que j'ai détesté. »

Des enfants avec le ventre creux

« On voit tout de suite quand des enfants n'ont pas mangé ; ils se plaignent de maux de ventre », explique Élizabeth Brown, secrétaire de l'école primaire Saint-Léon, à Cowansville.

Chaque matin, une quarantaine d'enfants en moyenne bénéficient ainsi du service « Et si on déjeunait » offert par l'école à tous les enfants qui le souhaitent, sans aucune discrimination sociale. « On est déjà monté jusqu'à 58 enfants », se souvient Mme Brown.

Pendant 15 minutes, juste avant l'entrée en classe, des bénévoles assurent ce service essentiel pour les élèves dans le besoin. Distribution de fruits, yogourts, lait, rôties... De quoi partir la journée du bon pied !

Ce service, qui existe depuis quatre ans, est offert quatre jours par semaine. L'ancienne directrice de l'école, Diane Girouard, est l'instigatrice de ce service, en partenariat avec le CLSC.

À Cowansville, l'école Heroes Memorial en bénéficie également. 

Le déroulement de cette activité repose actuellement sur l'engagement de quatre personnes. Ce n'est pas suffisant, selon la directrice de l'école Manon Turgeon qui est à la recherche de bénévoles. 

Ce projet est une initiative indépendante de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

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