Enquête de la DSP: une personne sur quatre se dit obèse

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L'enquête de la Direction de la santé publique de l'Estrie démontre qu'une personne sur quatre se dit obèse.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) La Direction de la santé publique (DSP) de l'Estrie a lancé l'automne dernier une enquête sur la santé en Haute-Yamaska et dans Brome-Missisquoi. Les problèmes d'obésité et le manque d'activité physique figurent parmi les faits saillants de cette vaste consultation, dévoilés en primeur à La Voix de l'Est.

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La directrice de la santé publique en Estrie, Dre Mélissa Généreux.

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En menant cette investigation, la DSP a voulu sortir des sentiers battus et approfondir les sujets abordés dans les questionnaires dits «traditionnels», a indiqué sa directrice, Dre Mélissa Généreux, citant en exemple le degré d'activité physique. «Habituellement, les enquêtes ne vont pas regarder toutes les sphères. On a vraiment ratissé large en demandant aux gens s'ils sont actifs dans leurs transports, dans le cadre de leur travail et de leurs loisirs. Malgré tout, on voit qu'il y a une forte proportion d'adultes qui n'atteignent pas la recommandation de 30 minutes [d'activité physique] par jour.»

Une première phase de l'Enquête de santé populationnelle estrienne (ESPE) a été menée durant l'été 2014 auprès d'environ 9000 adultes en Estrie. Depuis cette collecte de données, les CSSS de la Haute-Yamaska et La Pommeraie sont passés dans le giron du Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie. «On trouvait fondamental de saisir l'opportunité de questionner les populations des deux [nouveaux] territoires», a mentionné la Dre Généreux. 

Au total, 1950 répondants ont été choisis de façon aléatoire, soit 1150 en Haute-Yamaska et 800 dans Brome-Missisquoi. Les thèmes abordés dans le questionnaire, élaboré par 33 chercheurs de la région, ont été les mêmes que lors du premier volet de l'ESPE. De cette investigation, on dégagera un portrait global du territoire. 

Facteurs de risque

L'obésité figure parmi les facteurs de risque pour la santé les plus «préoccupants» relevés dans les deux MRC, a fait valoir la directrice de la santé publique. En Haute-Yamaska, plus du quart des personnes sondées (27,5 %) sont aux prises avec ce problème, tandis que 25,8 % des répondants dans Brome-Missisquoi sont dans cette catégorie. Cette statistique est de 20,9 % en Estrie. 

Par ailleurs, «au cours des six mois ayant précédé l'enquête, une personne sur deux affirme avoir essayé de perdre ou de maintenir son poids, ce qui est comparable à la moyenne estrienne (50,9 %)», peut-on lire dans le résumé des faits saillants de l'ESPE (BM). Le pôle de services de santé Farnham/Bedford est particulièrement touché par les problèmes d'obésité (31,8 %) et d'inactivité (40,2 %). 

Trois freins à l'activité physique évoqués par la population sortent du lot: «avoir du temps» (30,5 % en H-Y et 22,7 % dans B-M), «avoir de la motivation et de la volonté» (27,7 % en H-Y et 23,2 % dans B-M) puis «avoir la santé» (23,4 % en H-Y et 19,7 % dans B-M). Or, près de trois personnes sur quatre (73,8 %) dans Brome-Missisquoi fument le tabac, consomment peu de fruits et de légumes ou font moins de 30 minutes d'activité physique par jour (recommandation). En Haute-Yamaska, 71,5 % des répondants ont adopté «au moins» une de ces habitudes de vie malsaines. Le document de la DSP de l'Estrie mentionne également que les citoyens «moins bien nantis» dans Brome-Missisquoi (revenu familial inférieur à 30 000 $), fument 2,4 fois plus que les gens plus fortunés, soit 26,2 % contre 10,9 %. La proportion est la même en Haute-Yamaska.

Autre point qui a retenu l'attention de la DSP: le pourcentage de personnes ayant au moins un problème de santé chronique cardiométabolique, notamment les maladies cardiaques, l'hypertension et le diabète, est élevé dans Brome-Missisquoi (42,2 %), principalement chez les hommes (51,1 %). Le taux moyen à ce chapitre, toutes catégories confondues, est de 37 % en Estrie. 

Points positifs

Parmi les points positifs relevés dans l'enquête de la DSP de l'Estrie, soulignons l'accès aux services de première ligne. Ainsi, 95 % de la population de Brome-Missisquoi a un médecin de famille, toutes catégories confondues (âge, sexe et niveau de revenus). Cette statistique atteint 84,4 % en Haute-Yamaska, alors qu'elle est de 81,6 % pour l'ensemble du territoire desservi par le CIUSSS de l'Estrie.

De même, 63,2 % des répondants de Brome-Missisquoi ont dit avoir un sentiment d'appartenance «très fort» ou «plutôt fort» envers leur communauté alors que cette caractéristique en Haute-Yamaska (57,4 %) se rapproche de la moyenne, soit 57,5 %. Selon la Dre Généreux, ces données se traduisent en une excellente mobilisation à tous les niveaux. «Une chose que j'ai découverte dans ces deux MRC, c'est à quel point la concertation est forte, a-t-elle souligné. Tant entre les niveaux municipal et scolaire qu'en santé. Je dis à mes équipes de venir voir ce qui se fait ici pour essayer de comprendre ce qui est la clé de ce succès. J'aimerais que l'ensemble de l'Estrie puisse avoir cette belle dynamique.»

En mode action

Au terme de l'analyse des données de l'enquête sur la santé dans la région, la Dre Généreux entre « en mode action ».

Au cours des semaines à venir, des comités formés de représentants des milieux communautaire, municipal et de la santé doivent voir le jour dans les MRC Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska, a-t-elle indiqué. Toutefois, pas question pour la DSP de l'Estrie d'adopter la ligne dure. «On ne veut pas tomber dans le panneau d'imposer des stratégies. On veut développer un plan d'action en partenariat avec les deux MRC. C'est important pour avoir des retombées concrètes, d'ajuster les actions selon la réalité de chaque communauté.»

Ainsi, deux à trois cibles devraient émerger des discussions des deux groupes. La Dre Généreux croit néanmoins que les dirigeants municipaux doivent «prêcher par l'exemple» pour conscientiser davantage la population de la région aux saines habitudes de vie, a dit la Dre Généreux, citant en exemple le Grand défi Pierre Lavoie. Les employeurs doivent aussi contribuer en incitant leurs effectifs à bouger plus, entre autres en aménageant des douches sur les lieux de travail. Le même type d'approche doit être préconisé pour contrer l'obésité, a-t-elle poursuivi. «La santé, c'est un tout. Il faut faire de l'activité physique, mais aussi avoir une meilleure offre alimentaire. Tant dans les lieux publics qu'en entreprise, on peut laisser moins de place au fast food [comparativement] aux produits santé.»

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