Un spectacle country «moins cher qu'une caisse de 24»

De gauche à droite : Dr Grégoire Blais (médecin... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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De gauche à droite : Dr Grégoire Blais (médecin en médecine nucléaire à l'hôpital de Granby et organisateur de l'événement), Steve Bouthillier (directeur de la maison d'hébergement Le Passant), Nathalie Devault (gestionnaire de projets), Pascal Bonin (maire de Granby), Elphège Roussel (directeur de la Fondation Robert Piché) et Luc Senay (comédien et animateur du spectacle Un jour à la fois-Y croire encore).

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Jérôme Savary
La Voix de l'Est

Qui de mieux qu'un médecin spécialiste et un maire - tous deux anciens alcooliques - pour sensibiliser la population aux dépendances ? Le Dr Grégoire Blais et Pascal Bonin étaient présents lundi matin, chapeaux de cow-boy sur la tête, pour annoncer le spectacle country Un jour à la fois-Y croire encore, qui aura lieu le lundi 8 mai, au Palace de Granby. L'objectif premier: amasser des fonds pour la maison d'hébergement Le Passant et la Fondation Robert Piché.

Des phares de la scène country québécoise fouleront alors les planches du Palace. Patrick Norman, Renée Martel, Guylaine Tanguay, Irvin Blais et Stéphan Côté du Caboose Band ont répondu présents. «C'est un excellent cadeau de fin d'année, et c'est moins cher qu'une caisse de 24», compare le maire de Granby et président d'honneur de l'événement, Pascal Bonin. Cela fait dix ans qu'il réussit à combattre ses démons liés à l'alcool et à toxicomanie.

«Pour chacune des personnes alcooliques, le temps des Fêtes n'est jamais facile, rappelle M. Bonin. Pour moi, quand on est assez humble pour reconnaître notre maladie, et pour moi c'est connu, c'est naturel de m'associer avec eux. Il faut en parler.»

Le directeur de la maison d'hébergement Le Passant, Steve Bouthillier, en sait quelque chose, lui qui comptait vendredi quatre personnes en attente d'un lit. Un lit pour reprendre son souffle, lorsque la vie ne tourne pas comme on l'aurait imaginé. «Cet événement va nous apporter un bol d'air frais, car depuis que nous nous sommes fait couper des lits [dix] il y a un an et demi, nous sommes toujours en recherche de financement.»

L'idée du Dr Blais

Le Dr Grégoire Blais, médecin spécialiste en médecine nucléaire à l'hôpital de Granby, est le maître d'oeuvre de l'événement. En plus de recueillir de l'argent pour les deux organisations, l'objectif du spectacle est également de sensibiliser les gens. «Je crois que ce show va aussi servir à démystifier ces maladies-là, souligne M. Blais. Les dépendances, c'est pas glamour pantoute. [Pourtant], ça touche toutes les familles. On a tous dans notre entourage quelqu'un qui a un problème de dépendance.»

Mais que les amoureux du country soient rassurés, le spectacle ne fera pas office de thérapie! «Le but est d'avoir du plaisir, ça reste un show [avant tout]», souligne le médecin, âgé de 55 ans et père de quatre enfants.

Alcool au féminin

Dans la petite salle située au sous-sol du Passant, l'adjointe de circonscription du député fédéral Pierre Breton, Monique Forgues, a désarçonné l'assistance avec un aveu inattendu. «C'est dans cette salle [où il y a des rencontres de dépendants anonymes] que j'ai rencontré mon mari, il y a dix ans. Je suis tellement fière du chemin que j'ai parcouru», a-t-elle dit avant d'entonner une chanson de son cru sur le thème de la dépendance.

En marge de la conférence de presse, Nathalie Deveault a insisté sur le tabou entourant l'alcool chez les femmes. «On ne parle pas assez d'alcoolisme au féminin», a indiqué celle qui est gestionnaire de projets et ex-alcoolique.

Cette femme de carrière, aujourd'hui sobre et mère d'une fille, encourage les femmes dépendantes à ne pas laisser tomber. «Je veux dire aux femmes qu'il est possible de retrouver une dignité et de reprendre sa vie en main.»

Les émotions étaient vives au Passant, lundi matin. L'alcoolisme a d'ailleurs été qualifié de «maladie des émotions» par plusieurs intervenants, dont le maire Bonin.

Redonner au suivant

Sobre depuis un peu plus de quatre ans, le Dr Blais a également rappelé ses jours sombres. «Ma dernière année de consommation a été un véritable calvaire. Pendant cette période-là, j'ai perdu pas mal de crédibilité, que ce soit au niveau personnel ou professionnel. Je me faisais pointer du doigt dans mon propre hôpital. Puis à un moment donné, j'ai accepté ma maladie... et la vapeur s'est inversée. La perception des gens a changé à mon égard. Maintenant, des médecins viennent me voir pour que je les aide dans leurs problèmes de dépendance.»

Fort des épreuves qu'il a traversées, le médecin tient désormais à redonner à la communauté.

Les fonds recueillis lors du spectacle seront remis prioritairement à la maison d'hébergement Le Passant, dont la mission est de venir en aide aux hommes en situation critique. Une partie des fonds sera remise aussi à la Fondation Robert Piché. Le commandant Robert Piché sera d'ailleurs présent au Palace le soir du spectacle.

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