La SACS en eaux troubles

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Le président de la SACS, Marcel Bundock a ouvert la porte à une résiliation de l'entente de gestion avec Bromont.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) De nouvelles tuiles s'abattent sur la Société d'agriculture du comté de Shefford (SACS), qui s'occupe de l'ensemble du site équestre olympique de Bromont.

Le conseil municipal refuse de renouveler l'entente de gestion entre les deux parties, principalement en raison du non-respect des engagements de la SACS. Le fait que l'organisme sans but lucratif, criblé de dettes, soit aux prises avec des recours légaux a incité les élus à ne pas subventionner les événements équestres au calendrier en 2017.

Bien qu'elle souhaite un revirement de situation concernant la reconduction de l'accord avec la SACS, la mairesse Pauline Quinlan ne se fait pas d'illusions. « Je pense que l'intention [de la SACS] est de nous dire voilà, on n'est plus en mesure d'assumer cette responsabilité », a-t-elle indiqué en entrevue.

En fait, Bromont a envoyé un avis à la SACS le 18 novembre, lui rappelant qu'elle n'a pas rempli ses obligations dans le cadre de la nouvelle « entente de gestion et de mise en valeur du site olympique de Bromont », dont la plus récente mouture a été ratifiée le 13 novembre 2015.

Celle-ci concerne les terrains appartenant à la municipalité, regroupant entre autres une vaste prairie où se déroule une partie des activités équestres, ainsi que la portion des « trois lacs ». La SACS a 30 jours suivant l'émission de cette missive pour faire valoir ses intentions, sans quoi, l'accord pourrait être annulé. 

Selon Mme Quinlan, la lettre soulève plusieurs manquements de l'OSBL à ses engagements. Primo, la SACS n'a pas présenté à la Ville, comme convenu, un plan d'affaires triennal. Celui-ci devait être produit « à partir de 2015 et au plus tard le 30 novembre de chaque année subséquente visée », stipule l'entente.

Secundo, l'organisation doit détenir une police d'assurance-responsabilité de 10 M $ et fournir un exemplaire du document à la demande de la Ville. Ce qui n'a pas été fait à ce jour. Un autre point qui achoppe consiste au versement par la SACS de 20 000 $ à Bromont, chaque 1er mars. Cette somme est destinée à un fonds pour la protection et la conservation des espaces verts de la communauté.

Subventions

Les problèmes financiers qu'éprouve la SACS depuis plusieurs mois ont pesé lourd dans la balance lorsqu'est venu le temps d'octroyer des subventions aux événements à venir, a fait valoir Mme Quinlan. À ce chapitre rappelons, entre autres, qu'un juge de la Cour supérieure a récemment autorisé la vente d'actifs de la SACS.

Le promoteur Denis Messier pourra ainsi liquider trois terrains contigus au site équestre olympique appartenant à l'OSBL, qui est en défaut de paiement de plus de 400 000 $ à son endroit.

En ce qui concerne la demande d'aide financière faite à Bromont pour les événements équestres en 2017, elle « était dans l'ordre de grandeur habituelle », soit près de 170 000 $, a précisé Mme Quinlan. Or, contrairement aux années précédentes, cette requête a été faite à la Ville par l'Association équestre Centaure, dont Roger Deslauriers est le président. Les élus n'ont pas accordé un sou à l'OSBL, qui orchestre la majorité des compétitions sur le site géré par la SACS.

« Centaure et la SACS sont intimement liés. Du côté des élus, ce n'était pas unanime, mais ils ont exprimé leur inconfort à subventionner les événements équestres », a mentionné la mairesse. Seul le Concours complet, chapeauté par Sue Ockendon, a reçu l'aval du conseil pour que la Ville soutienne l'événement à hauteur de 30 000 $. 

Ce n'est pas la première fois que Bromont coupe les vivres à la SACS. Les élus avaient privé l'OSBL d'une partie de ses revenus il y a près d'un an, dans le cadre de l'élaboration du budget 2016. L'enveloppe annuelle de 150 000 $, octroyée à la SACS par la municipalité depuis 2010 via des ententes triennales, n'avait pas été reconduite, car l'organisation n'avait pas présenté ses états financiers vérifiés à la Ville.

Incertitude

Appelé à donner sa position concernant l'entente de gestion avec la municipalité, le président de la SACS, Marcel Bundock a ouvert la porte à sa résiliation. « On n'a plus beaucoup d'intérêt pour le site de la Ville. [...] C'était intéressant dans une perspective où il y aurait un manège intérieur. L'abandon des Jeux équestres mondiaux (prévus initialement à Bromont en 2018) remet donc en question [l'entente de gestion]. [...] Et ça coûte cher entretenir ce site. Au moins 100 000 $ par an », a-t-il dit, préférant ne pas s'avancer davantage sur le sujet.

Le fait que le conseil municipal n'ait pas accordé les subventions demandées (par Centaure) compromet-il les compétitions sur le site olympique ? « S'il y a des événements équestres, tant mieux. Et s'il n'y en a pas, il va falloir composer avec la situation », a indiqué M. Bundock.

Et que ferait la SACS avec sa partie du site sans concours équestres ? « Ça, c'est une autre affaire », a-t-il simplement dit, esquivant la question. Roger Deslauriers n'a pas rappelé La Voix de l'Est jeudi.

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