Shefford: la MRC refuse de financer la coop de santé

«Ça me déçoit énormément et ça va décevoir... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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«Ça me déçoit énormément et ça va décevoir ma population. Il y a une erreur quelque part!», a déclaré le maire André Pontbriand à la suite du refus de la MRC d'octroyer 100 000 $ au projet de coopérative de santé de sa municipalité.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) «On est en train de faire une peau de chagrin avec Shefford. On commence à comprendre pourquoi Bromont est partie!» Le maire de Shefford, André Pontbriand ne décolérait pas, mercredi soir, à l'issue de la séance du conseil de la MRC de la Haute-Yamaska.

La municipalité venait de se faire refuser une aide financière de 100 000 $ du Fonds de développement des communautés de la MRC de la Haute-Yamaska pour implanter sa coopérative de santé.

Une somme de 272 000 $ était disponible dans ce Fonds pour l'année 2016-2017. Le dossier de la coop n'a pas été retenu parmi les candidatures. M. Pontbriand a bien tenté un revirement de situation en déposant publiquement une proposition exhortant ses collègues de donner leur appui à la coop.

Une fois le vote demandé, les maires Paul Sarrazin (Sainte-Cécile-de-Milton), René Beauregard (Saint-Joachim-de-Shefford), Pascal Russell (Waterloo) et Pascal Bonin (qui, à Granby, détient à lui seul quatre voix sur 11) se sont prononcés contre.

«Ça me déçoit énormément et ça va décevoir ma population. Il y a une erreur quelque part!», a alors déclaré M. Pontbriand, en rappelant que le même projet de coopérative de santé avait pourtant reçu l'appui des élus en 2015, qui semblaient alors y croire.    

Pour ajouter à la frustration du maire Pontbriand et des nombreux Sheffordois présents dans la salle - dont les conseillers municipaux Denise Papineau, Éric Chagnon et Johanne Boisvert, ainsi que le président de la coop, Marc Valence -, le même Fonds de développement venait d'accorder près de 53 000 $ à la coopérative de santé de Roxton Pond.

«La coop de Roxton Pond n'est pas de ressort privé. Je ne pense pas que les fonds publics doivent appuyer des projets privés, a déclaré le préfet Pascal Bonin pour justifier sa décision. Votre projet n'est pas en péril, il n'est pas mort. C'est juste un non pour des fonds publics.»

«Je ne suis pas non plus contre une coop de santé à Shefford; je suis contre une coop privée. De toute façon, vous avez dit que vous aviez l'argent pour la faire. Faites là!», a renchéri M. Russell en s'adressant directement à son confrère Pontbriand, suscitant des réactions outrées chez plusieurs personnes de l'assistance.

Le président ébranlé

Pour le président du conseil d'administration de la coopérative de santé de Shefford, Marc Valence, la décision de la MRC est difficile à comprendre. Comme le maire Pontbriand, il ne comprend pas pourquoi l'organisme a déjà consenti une somme de 59 764 $ à la coop pour réaliser un sondage d'intérêt auprès de la population et assumer les frais d'architecte, pour ensuite refuser d'accorder une aide pour l'implantation du projet. 

«Cette décision nous ébranle. Un montant de 100 000 $ sur les 361 000 $ pour l'aménagement de la coop, c'est beaucoup. Mon impression, c'est qu'il s'agit d'une décision politique et que ça se passe au-dessus de nos têtes.»

Devant ce refus de la MRC, Marc Valence - qui insiste pour dire que la coop est un OSBL à la base - affirme qu'il devra s'asseoir avec la municipalité de Shefford et les membres de son conseil d'administration après les Fêtes pour discuter de la suite des choses. 

«Le projet n'est pas compromis... tant que la Ville met les 100 000 $», a cependant laissé tomber M. Pontbriand mercredi soir. 

Comme c'était le cas pour le Pacte rural à l'époque, les projets soumis au Fonds de développement des communautés de la MRC de la Haute-Yamaska sont analysés par un comité de quatre personnes issues de la communauté et de la directrice générale de la MRC.

Au terme de la sélection, le comité fait des recommandations au conseil des maires, mais celui-ci a toujours le dernier mot sur les projets choisis.

Litige sur le zonage

Un autre dossier vient mettre de l'huile sur le feu entre Shefford et la MRC au sujet des usages alloués dans la zone R-7 visant la route 112 comprise entre la sortie de Granby et le chemin Saxby.  

C'est dans cette zone que la municipalité a acheté, pour un peu plus de 500 000 $, trois lots couvrant plus de 35 acres. Elle souhaite y construire un centre de services composé d'un centre communautaire multifonctionnel, d'une école primaire, de logements pour aînés et de la coopérative de santé.

Un imbroglio existe présentement entre les demandes d'usages de Shefford et le schéma d'aménagement de la MRC, ce qui vient compliquer le projet. Questionné par un citoyen sur le sujet en début de séance, le préfet Pascal Bonin a mentionné qu'aucune décision des maires ne serait possible dans ce dossier avant février prochain.

«La MRC diminue constamment ce que Shefford veut faire! Ça nous limite», s'est encore désolé le maire Pontbriand.

Mentionnons que le projet de centre multifonctionnel faisait aussi l'objet d'une demande de 60 000 $ au Fonds de développement des communautés de la MRC. Dans ce cas, l'octroi lui a été accordé.

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