«Merci Granby, merci Québec, merci Canada !»

Mohammad, Dana, la maman Faten Seirat, Maria, le... (Julie Catudal)

Agrandir

Mohammad, Dana, la maman Faten Seirat, Maria, le papa Bassam Alamir et Zaid sont arrivés à Granby il y a onze mois.

Julie Catudal

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Quand on lui parle de la Syrie et des bombardements des derniers jours, les larmes montent aux yeux de Faten Nseirat. Son mari, Bassam Alamir, ses quatre enfants et elle sont arrivés à Granby il y a onze mois, mais les blessures de la guerre sont encore vives.

La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil (à gauche),... (Graham Hughes, La Presse canadienne) - image 1.0

Agrandir

La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil (à gauche), discute avec Faten Nseirat durant un événement visant à marquer le premier anniversaire de l'arrivée des réfugiés syriens au Québec qui a eu lieu dimanche à Montréal.

Graham Hughes, La Presse canadienne

« C'est très malheureux de voir tout ça. C'est dur de voir ce qui se passe à Alep ces derniers temps, les enfants qui sont sous les décombres et qui n'arrivent pas à être secourus, ça fait mal», confie-t-elle avec l'aide de l'interprète engagée par SERY, Ratiba Fares. 

Le couple souhaite que la Syrie redevienne sécuritaire, une sécurité qu'il redécouvre à Granby depuis le 15 janvier 2016.

Même s'ils sont bien dans leur ville d'adoption, les bulletins de nouvelles à la télévision leur rappellent l'horreur que vivent les leurs. Sans argent et sans travail, la famille du frère de Faten Nseirat n'a pratiquement pas mangé depuis deux semaines. « La maman a eu un bébé qui est mort en deux jours, confie-t-elle, parce qu'elle n'avait pas de lait à lui donner. Lorsqu'on voit comment les enfants meurent de faim dans les infos, c'est sûr qu'on aimerait les savoir en sécurité­ avec nous. »

La soeur de M. Alamir et les siens ont par ailleurs débarqué à Granby il y a une quinzaine de jours, pour le plus grand bonheur de la première famille syrienne arrivée dans la ville du Zoo. Comble de joie, ils ont emménagé dans l'appartement au-dessous du leur. 

Liberté et confort

La famille Alamir, qui a ouvert la voie à plusieurs autres réfugiés syriens à Granby, a bien réussi à s'adapter aux particularités de la ville, comme le transport en commun et ses horaires. Bassam Alamir a fait des démarches pour avoir son permis de conduire, qu'il a obtenu il y a quelques jours. Il a même sa vieille voiture qui le mène où il désire dans les rues de la ville. 

« C'était pour avoir plus de liberté pour aller à l'hôpital, par exemple, explique-t-il avec l'aide de l'interprète. Des fois, les autobus ont des horaires spéciaux et l'auto permet plus de flexibilité. Aussi, les deux plus jeunes enfants vont à la garderie, dans deux garderies différentes. »

Le benjamin, Zaid, est né en Jordanie, alors que ses parents, son frère et ses soeurs étaient dans un camp de réfugiés. Âgé seulement de 14 mois, il a dû aller dans une garderie avec une pouponnière, de telle sorte que, pour le moment, il est séparé de sa soeur de 5 ans, Dana. 

Bien que celle-ci soit gênée de parler français devant l'auteure de ses lignes, ses parents assurent qu'elle se débrouille bien et sait se faire comprendre à la garderie. La petite a d'ailleurs fait l'honneur aux visiteurs de leur inter­préter la comptine qu'elle avait apprise lorsqu'il était temps d'aller manger. 

Les deux aînés, Mohammad et Maria, ont commencé à apprendre le français dans la classe d'accueil de l'école de l'Assomption, à Granby. Ils fréquentent maintenant des classes régulières. Fana de mathématiques et « d'édu » comme il dit en bon Québécois, Mohammad est en sixième année à l'Assomption. Maria a intégré une classe régulière à l'école Saint-Eugène et excelle, elle aussi, en mathématiques. Leur apprentissage va si bien qu'ils peuvent discuter aisément dans la langue de Molière. 

Francisation

Pour les parents, la francisation va « comme ci, comme ça parce que la langue française est difficile », répond dans cette langue Faten Nseirat. 

Là-dessus, Ratiba Fares y va d'un mot d'encouragement, racontant comment cette dernière a discuté en français avec un stagiaire.

La famille s'adapte aussi bien en matière de culture. Le supermarché Maxi a mis du sien pour permettre aux familles syriennes de se sentir moins déboussolées. « Maxi était venu voir notre directrice à l'arrivée des Syriens pour voir c'était quoi leurs demandes et pour s'adapter, raconte l'interprète. On trouve plus de produits halal, plus de pain pita. » Par contre, les produits halal sont souvent plus chers, ce qui pose problème alors que le ménage vit encore sans salaire.

Comme M. Alamir et Mme Nseirat sont en francisation à temps plein, ils n'ont pas le temps de chercher un emploi. Une fois cette étape terminée, M. Alamir tentera de trouver un bon travail, qu'importe le domaine. En Syrie, il tenait un bureau de change et cultivait sa terre. Mme Nseirat souhaite pour sa part terminer son diplôme d'études secondaires en premier lieu. Spontanément, ils lancent « merci Granby, merci Québec, merci Canada ! » au terme de l'entrevue, soulagés d'avoir trouvé une ville où il fait bon vivre et où les enfants peuvent étudier en toute sécurité.

Depuis le 15 janvier 2016, Solidarité ethnique régionale de la Yamas­ a accueilli 113 Syriens, en plus des migrants venant d'ailleurs.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer