Amnistie internationale envoie des messages d'espoir

Le processus des marathons d'écriture d'Amnistie internationale est... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Le processus des marathons d'écriture d'Amnistie internationale est bien simple. Il suffit de choisir une carte postale et d'y écrire le nom du destinataire, suivi d'un message d'encouragement. Si l'inspiration manque, des exemples sont fournis. Et puis on signe, avec le nom de notre ville et de notre pays.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Césaire) À l'aube de Noël, plusieurs organismes font appel à la générosité d'autrui en sollicitant des dons. Amnistie internationale s'intéresse plutôt à vos bons souhaits. La cellule césairoire de l'organisme tient ces temps-ci des marathons d'écriture afin d'apporter un peu de réconfort à une dizaine de prisonniers d'opinion des quatre coins du globe.

Les noms et les visages que défend Amnistie internationale, organisme qui milite pacifiquement pour le respect des droits de l'Homme, sont multiples. 

Il y a Annie Alfred, cette jeune Malawite albinos menacée parce qu'on croit que certaines parties de son corps sont magiques. Edward Snowden, sonneur d'alarme américain en exil pour avoir dévoilé les détails de programmes occidentaux de surveillance de masse. Eren Keskin, avocate et journaliste turque emprisonnée pour s'être exprimée ouvertement sur le régime politique. Fomusoh Ivo Feh, un Camerounais condamné à 10 ans d'emprisonnement pour avoir envoyé un texto. Ilham Tothi, un universitaire chinois emprisonné pour avoir combattu la discrimination.

Il y a aussi Johan Teterissa, un enseignant indonésien torturé et emprisonné pour avoir brandi un drapeau. Maxima Acuna, une agricultrice péruvienne agressée par la police pour avoir refusé d'être évincée de sa terre. Shawkan, un photojournaliste égyptien emprisonné pour n'avoir fait que son travail. Zeynav Jalalian, une militante iranienne emprisonnée.

Il y a même, enfin, les Premières nations, ici-même au Canada, qui luttent pour préserver leurs terres ancestrales.

Soutenir

Bon an mal an, la cellule de Saint-Césaire/Brome-Missisquoi - il y en a une quarantaine au Canada­ - réussit à envoyer environ 800 cartes de souhaits depuis ses débuts, il y a cinq ans. Ensemble, les sections francophones ont pour objectif d'en mettre 40 000 à la poste cette année, qui marque le 66e anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme ce samedi même.

Le reste de l'année, la section choisit de parrainer un prisonnier politique. Ses membres écrivent chaque mois au détenu ou aux autorités politiques qui le détiennent pour réclamer un assouplissement de ses conditions de vie.

Les marathons d'écriture ne sont pas vains, souligne la responsable de la section, Madeleine Lepage. « Même si nos messages sont parfois écrits dans une langue qu'ils ne comprennent pas, ils savent qu'ils sont soutenus et qu'ils ne sont pas seuls. Pour certains, ça fait une grosse différence. Les gens témoignent du courage que ça leur a donné. »

Les cartes peuvent aussi avoir des impacts plus concrets. « L'an dernier, on a eu un taux de 76 % en libérations ou en amélioration des conditions de détention, indique la responsable. Et on parle de certains gros cas. On avait deux jeunes hommes de la République démocratique du Congo, condamnés à perpétuité, qui ont été libérés. On parle aussi des jeunes filles mineures qui sont mariées de force au Burkina Faso ; on a envoyé 503 000 messages pour manifester. Ils viennent d'adopter une loi pour interdire le mariage des enfants. »

Cécile Choinière en est à sa troisième année de marathon. Cette cause la touche particulièrement, elle qui se rend chaque année au Nicaragua dans le cadre de voyages humanitaires. « Là-bas, 28 % des nouveau-nés le sont de mères âgées de moins de 18 ans », déplore-t-elle.

Sensibiliser

Les élèves de l'école secondaire Paul-Germain-Ostiguy prennent part au marathon dans le cadre d'un cours. Ceux-ci se présentent en milieu d'après-midi et rédigent une carte postale qui parviendra à l'un ou l'autre des destinataires.

« C'est une belle activité pour les sensibiliser aux droits humains, explique Mme Lepage. Pour la majorité des Canadiens, les droits humains, c'est quelque chose d'acquis alors que c'est très fragile. Il y a des atteintes qui, sans relever de la violence ou de l'emprisonnement, sont très subtiles. »

Fragile, même chez nous, au Canada. Mme Lepage se dit très inquiète du scandale de surveillance de certains journalistes. « On est directement concernés, souligne la Césairoise. L'éducation pour moi, ça passe par l'information. »

Tous sont bienvenus aux marathons d'écriture. Le processus est bien simple : il suffit de choisir une carte postale et d'y écrire le nom du destinataire, suivi d'un message d'encouragement. Si l'inspiration manque, des exemples sont fournis. Et puis on signe, avec le nom de notre ville et de notre pays.

« Moi j'écris toujours mon adresse complète, souligne Mme Lepage. J'espère encore qu'un jour, je recevrai­ une réponse. »

Les marathons d'écriture se poursuivront au Centre de femmes de Farnham­ le 16 décembre, à la bibliothèque de Cowansville­ le 17 décembre, puis au Centre de femmes de Cowansville le 22 décembre. Pour plus d'informations­ : mado.lepage@hotmail.com

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