Une pionnière tire sa révérence

Louise Delorme-Kelly a donné temps et énergie au... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Louise Delorme-Kelly a donné temps et énergie au sein de l'équipe d'accompagnement en fin de vie.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) L'équipe de la Maison Au Diapason a tourné une page importante de son histoire, jeudi. La présidente de l'organisation et pionnière du projet de construction de l'établissement bromontois, Louise Delorme-Kelly-, a fait savoir qu'elle tire sa révérence. Cette annonce concorde avec le lancement d'un livre sur les moments marquants de la création de la maison de soins palliatifs.

À quelques minutes de dévoiler sa décision à ses précieux collègues, Louise Delorme-Kelly prenait la mesure du chemin parcouru. « J'ai vécu toute une aventure ici, a-t-elle confié à La Voix de l'Est, des trémolos dans la voix. Je me suis vraiment attachée aux gens merveilleux que j'ai croisés au fil des ans. Mais il est temps pour moi de passer le flambeau, pour le bien de l'organisation. Il y a une jeune et solide relève. Les choses vont bien se passer. »

Il s'agit d'une décision « bien murie », renchérit-elle. En fait, l'idée de tirer un trait sur la présidence de la Maison Au Diapason et de son équipe d'accompagnement a germé il y a un peu plus d'un an. Le projet de livre, qui s'intitule Le Diapason, célébrer la vie du début jusqu'à la fin, est venu cristalliser tout le travail accompli par les nombreux bénévoles qui ont gravité autour de l'organisation. « J'ai adoré collaborer au projet de livre. Pour moi, c'est une façon de boucler la boucle. Ça permet aussi de laisser un certain héritage à la communauté. Ce qu'on a voulu faire en racontant l'histoire de la création de la Maison, c'est de dire à tout un chacun que lorsqu'on a un rêve porté par un grand nombre de personnes, il n'y a rien d'impossible. »

Promesse

La Maison Au Diapason a officiellement ouvert ses portes en avril 2010. L'engagement de Mme Delorme-Kelly dans l'amélioration des soins palliatifs dans la région remonte toutefois à une vingtaine d'années. La directrice de l'école St-Édouard de Knowlton­ venait de prendre sa retraite lorsque sa vie a basculé : son conjoint Robert a alors encaissé le diagnostic coup-de-poing d'un cancer du pancréas. L'amour de sa vie a perdu son combat 19 mois plus tard, rendant son dernier soupir entouré des siens, à la maison.

« En accompagnant mon mari dans sa maladie, j'ai apprivoisé la mort. Je n'ai plus jamais eu le même regard sur tout ce qui m'entoure. Sur ma vie. Je [lui] ai fait la promesse que je mettrais tous les efforts nécessaires pour que l'on ait une maison pour les gens en fin de vie. J'ai emprunté un chemin que je n'aurais jamais imaginé avec mon implication en soins palliatifs. Aujourd'hui, je peux dire mission accomplie. »

Sans regarder derrière son épaule, Louise Delorme-Kelly­ a donné temps et énergie au sein de l'équipe d'accompagnement en fin de vie, d'abord dans la MRC Brome-Missisquoi affiliée à l'hôpital BMP, puis dans la région élargie, incluant la MRC de la Haute-Yamaska. Malgré les embûches, elle a gardé le cap vers son objectif ultime.

Moment fort

Lorsqu'on lui demande de nommer un des moments forts des deux dernières décennies, Mme Delorme-Kelly n'hésite pas une seconde. « Ce qui restera gravé dans ma mémoire toute ma vie, c'est ma rencontre avec Dr Christian­ Beauchesne et Guy Choinière. Ça s'est passé dans un petit resto de Bromont, en avril 2004, se remémore-t-elle. Il était 7 h 30 le matin. Ça aurait pu être un déjeuner banal, mais non. Au contraire. Dès que l'on a commencé à parler de l'éventuelle maison de soins palliatifs (les balbutiements ont commencé en 2002), j'ai senti qu'on allait faire équipe. Solide à part ça. Et on l'a fait », raconte celle qui se décrit comme une rassembleuse. 

À ce petit groupe se sont greffés une foule de bénévoles, d'artisans et de généreux donateurs qui ont permis de faire du rêve une réalité. Notons entre autres l'architecte Allan Bellavance, qui a gracieusement fourni les plans de la maison, Denis Messier qui a offert le terrain, puis le promoteur Michel Duchesneau, qui a érigé le bâtiment sans aucune marge de profit. 

Tournée vers l'avenir

Malgré son positivisme contagieux, la dynamique bénévole est d'avis que le sous-financement des soins palliatifs amène de plus en plus de gens à se tourner vers l'aide médicale à mourir. « Je suis déçue de la lenteur de notre ministre de la Santé à soutenir les soins palliatifs. C'est très lourd de conséquences. En ce moment, on doit compter sur la générosité des donateurs à hauteur de 55 % pour boucler notre budget. Il faudrait au moins que le balancier soit équilibré pour permettre à l'organisation de souffler un peu. »

Bien qu'elle soit un brin nostalgique de l'effervescence qui a marqué la création de la Maison Au Diapason, Mme Delorme-Kelly­ est résolument « tournée vers l'avenir ». « Je quitte mon poste, mais pas l'organisation. Je peux revenir à la cuisine ou faire de l'accompagnement. Et il y a une foule de projets dans l'air. Installer un monte-charge, une plaque commémorative, l'agrandissement du stationnement et éventuellement, de la maison. Pas de doute, on a une équipe dynamique. »

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