Les enseignants protestent contre une formation plus spécialisée au collégial

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Donner plus de « flexibilité » et de « souplesse » aux cégeps sur la formation et la diplomation est l'une des propositions énoncées par la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, à la suite de sa tournée des établissements collégiaux.

Christophe Boisseau-Dion

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) La perspective d'arrimer les formations collégiales aux besoins locaux inquiète le Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep de Granby-Haute-Yamaska (SEECGHY).

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Une formation spécifique «vient défaire le rôle des cégeps», dit le président du Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep de Granby-Haute-Yamaska, Camille Dubuc.

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«La valeur des diplômes n'est pas menacée, rassure le directeur général du Cégep de Granby, Yvan O'Connor. On considère que la formation générale est toujours importante.»

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Donner plus de « flexibilité » et de « souplesse » aux cégeps sur la formation et la diplomation est l'une des propositions énoncées par la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, à la suite de sa tournée des établissements collégiaux.

Une idée que le SEECGHY qualifie de « véritable dérive institutionnelle », soutient son président­ Camille Dubuc.

« Ça peut sembler une bonne chose que les diplômes répondent davantage aux exigences des entreprises du coin, mais la contrepartie est que ces diplômes deviendraient inégaux, puisqu'ils comporteraient des compétences difficilement transférables. »

« Les finissants seraient confinés à des tâches bien spécifiques et seraient plus vulnérables aux changements du marché de l'emploi­ », ajoute-t-il.

Formation nationale

M. Dubuc donne l'exemple de l'arrivée d'une usine Hyundai à Bromont, en 1989, et sa fermeture cinq ans plus tard. Une formation liée à cette industrie avait été mise sur pied au Cégep de Granby, puis abandonnée.

Une formation spécifique « vient défaire le rôle des cégeps », dit le président du SEECGHY. Ceux-ci ont été implantés partout au Québec­ pour permettre une meilleure accessibilité aux études supérieures et offrir une formation « nationale » uniforme. La valeur d'un diplôme obtenu après une formation trop pointue serait dépréciée.

« Au collégial, l'enseignement est basé sur les compétences et non sur le contenu. On est toujours à l'affût d'intégrer des compétences, mais on ne veut pas devenir des donneurs d'enseignements spécifiques. On a déjà de la misère à avoir du financement pour maintenir­ nos compétences à jour. »

Particularités

La suggestion de la ministre serait de plus néfaste pour les cégeps en région, dit M. Dubuc. Le déplacement d'élèves deviendrait plus difficile et la concurrence entre les établissements, augmentée.

Il reconnaît que les cégeps ont déjà leurs particularités « mais elles ne sont pas assez grandes pour enlever le caractère national des diplômes ».

Et la souplesse existe déjà, dit-il, puisque les élèves font des expériences en milieu de travail. « Mais si les milieux changent, la compétence­, elle, ne change pas. »

Ajout

Affilié à Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec, le SEECGHY propose que les besoins locaux fassent plutôt l'objet de formations supplémentaires.

« On veut que ça s'ajoute à la formation initiale, dit Camille Dubuc. Après, la spécialisation devrait entrer en ligne de compte. » Le syndicat dit ne pas agir par crainte de perte d'emplois.

Il espère « qu'il y a encore place à la discussion » avec la ministre David avec une campagne ayant pour thème « Un DEC, c'est un DEC, partout au Québec ! ». Il invite la population à signer une pétition à ce sujet devant la cafétéria du cégep le lundi 12 décembre, entre 11 h 30 et 13 h 30. Le document doit ensuite être remis à l'Assemblée­ nationale.

Mécanismes

Joint par La Voix de l'Est, le directeur général du Cégep de Granby, Yvan O'Connor, se fait moins alarmiste. Seules deux compétences seraient modifiées, dit-il. « La valeur des diplômes n'est pas menacée. On considère que la formation générale est toujours importante. »

Il rappelle aussi que les enseignants font partie des mécanismes préalables à toute modification de l'offre des cégeps. « Ils veillent à ce que les standards soient respectés et on les écoute beaucoup », dit M. O'Connor.

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