Granby améliore sa position au Classement des villes entrepreneuriales

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Cette année, Granby est passée du 109e au 71e rang au Classement des villes entrepreneuriales, un palmarès dressé par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

Christophe Boisseau-Dion

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Cette année, Granby est passée du 109e au 71e rang au Classement des villes entrepreneuriales, un palmarès dressé par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

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Granby pourrait poursuivre sa remontée l'an prochain, et peut-être même faire un retour dans le top 50, croit Isabelle Brochu.

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Ce faisant, elle retourne pratiquement au même niveau qu'il y a cinq ans, alors que l'étude lui avait attribué une 74e place en 2011. En 2012, la princesse des Cantons-de-l'Est avait fait un saut spectaculaire au 28e rang avant de redescendre à la 50e place l'année suivante. En 2014 et 2015, la chute s'est poursuivie alors que Granby s'est posée aux 70e et 109e rangs.

L'étude, publiée annuellement depuis neuf ans, est fondée sur l'analyse de 14 indicateurs. Parmi ceux-ci, notons la concentration d'entreprises, le nombre d'entreprises en démarrage, le niveau d'optimisme de leurs chefs, l'équité des taxes et la perception à l'égard du fardeau réglementaire municipal, le nombre d'établissements commerciaux par habitant et le nombre de permis de construction d'établissements commerciaux, industriels et institutionnels, entre autres. Un pointage sur 100 points est ensuite attribué aux collectivités. En 2016, Granby a obtenu une cote globale de 56,1 sur 100. 

Plusieurs explications

Selon Isabelle Brochu, directrice générale du Centre d'aide aux entreprises Haute-Yamaska et région, ces montagnes russes peuvent s'expliquer de différentes manières, bien que le nombre d'entreprises dans la région n'ait pas fluctué de manière significative, que ce soit à la hausse ou à la baisse. « En 2013, il y a eu une élection (municipale) et un changement de maire ; cela a pu créer une certaine incertitude sur le coup », relève l'économiste, qui rappelle aussi le contexte de récession des dernières années.

Elle ajoute que la dégringolade de 2014 et de 2015 pourrait aussi être partiellement due à la dissolution du CLD, qui aurait pu insécuriser les entrepreneurs. « Ils ne savaient plus où aller, vers qui se tourner », lance-t-elle.

De leur côté, Caroline Larocque et Frédéric Bonner, conseillers aux entreprises chez Entrepreneuriat Haute-Yamaska, une division de Granby Industriel, estiment que le travail de sensibilisation entrepris au cours des dernières années a porté ses fruits et que cela se manifeste dans les résultats de l'étude. « C'est comme un retour du balancier, estime ce dernier. Un petit changement peut avoir beaucoup d'impact. Qu'on sensibilise les gens au fait que l'entrepreneuriat peut être facile, c'est peut-être ça qui fait la différence. En sensibilisant aujourd'hui, on crée l'entrepreneuriat de demain. »

« L'entrepreneuriat a commencé à prendre une plus grande place dans le discours des différents gouvernements », relève pour sa part sa collègue.

La présence de plus en plus de travailleurs autonomes à Granby, un facteur analysé dans l'étude, peut aussi avoir joué, estiment les intervenants sondés. « On attire ces travailleurs-là en raison de notre localisation, à une heure de Montréal, et de nos ressources », souligne M. Bonner. 

Remontée à prévoir

Granby pourrait poursuivre sa remontée l'an prochain, et peut-être même faire un retour dans le top 50, croit la directrice du CAE. « Nous n'avons aucune raison d'être derrière Saint-Hyacinthe dans le classement », clame Mme Brochu. 

Les ressources abondent pour ceux qui souhaitent se lancer en affaires. « On n'a qu'à penser au CAE, qui existe depuis trente ans, Granby Industriel, Entrepreneuriat Haute-Yamaska. On a mis un fonds à la disposition des jeunes entrepreneurs, nous avons du mentorat et beaucoup d'autres services », énumère la gestionnaire.

M. Bonner croit aussi que cette concertation est fructueuse. « Nous sommes plusieurs acteurs avec une offre combinée et adaptée aux besoins de tous », note-t-il.

La forte présence d'immigrants sur le territoire de Granby pourrait aussi contribuer à améliorer la cote de Granby au classement en 2017. « L'indice entrepreneurial québécois indique que les immigrants sont plus nombreux à avoir l'intention de démarrer leur entreprise », explique Mme Brochu. 

La position géographique avantageuse de Granby et la présence importante de plusieurs banques à charte, facilitant l'accès au crédit, comptent aussi parmi les facteurs à considérer selon Mme Brochu.

Enfin, les efforts pour encourager et soutenir l'entrepreneuriat doivent être maintenus, croient les intervenants. « Beaucoup de gens sont tentés par l'entrepreneuriat, rappelle M. Bonner. Notre défi, c'est d'encourager les gens à faire le saut. Ce que l'étude me dit, c'est qu'il y a probablement plus de gens qui ont commencé à le faire. »

Le Québec fait bonne figure

À l'instar de Granby, seule ville de la région à figurer au classement, bon nombre de collectivités québécoises ont amélioré leur performance au cours de la dernière année. « Les perspectives des entrepreneurs sur l'environnement d'affaires se sont avérées plus positives au Québec que dans d'autres régions du Canada », explique Martine Hébert, vice-présidente principale de la FCEI, dans un communiqué. Selon la fédération, cela s'explique entre autres par l'optimisme manifesté par les entrepreneurs quant à leurs perspectives d'avenir et à l'évaluation que ceux-ci faisaient de leurs affaires.

D'ailleurs, six villes québécoises se sont hissées dans le top 20 des 121 agglomérations de plus de 20 000 habitants recensées dans le cadre de l'étude pancanadienne. Rivière-du-Loup s'est classée au sommet du palmarès suivie de près par Saint-Georges-de-Beauce, au troisième rang. Saint-Hyacinthe apparaît en neuvième place tandis que Val-d'Or, Sherbrooke et Victoriaville occupent respectivement les douzième, seizième et dix-neuvième rangs.

Entre autres bonds, notons un saut de 63 rangs de Gatineau, maintenant 49e au classement, une hausse de 62 échelons pour Alma, désormais 51e, et un saut de 45 places pour Trois-Rivières, qui se retrouve 48e.

Ces municipalités s'en sortent mieux que la métropole et la capitale, qui ont quand même amélioré leur sort. En queue de peloton en 2015, Montréal a fait un bond de 27 échelons et trône désormais au 94e rang. Idem pour Québec, qui est passée de la 114e place à la 74e.

« Il n'est pas surprenant que les banlieues obtiennent généralement de bien meilleures cotes que les grands noyaux urbains : les villes en périphérie des grands centres sont généralement plus propices au développement de nouvelles entreprises étant donné leurs politiques publiques plus favorables, la faiblesse relative des coûts et l'accès néanmoins assez facile à de grands marchés », peut-on lire dans le rapport. Marie-Ève Martel

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