La longue saga du Val 8 tire à sa fin

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Les élus du conseil de ville de Bromont ont approuvé le règlement hors cour intervenu avec Bromont, montagne d'expériences, lors d'une séance extraordinaire tenue samedi dans le hall de l'aréna.

Julie Catudal

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(Bromont) Amorcée au printemps 2013, la longue saga du projet du Val 8 tire à sa fin. Bromont aura son parc protégé : en séance extraordinaire, samedi, le conseil municipal a entériné sous les applaudissements et les cris de joie l'entente hors cour intervenue avec Bromont, montagne d'expériences.

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Plusieurs citoyens de Bromont ont démontré leur joie lors de l'approbation du règlement hors cour entre la Ville et Bromont, montagne d'expériences.

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« C'est un soulagement pour nous. On regarde en avant. C'est sûr que l'étape grandiose c'est de ramasser les fonds pour que ça devienne un parc à 100 % et je crois que c'est l'objectif que tout le monde veut atteindre », indique Charles Désourdy, promoteur du projet Val 8 et président de Bromont, montagne d'expériences.

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Les détails de celle-ci ont été dévoilés du même coup, démontrant que le travail n'est pas tout à fait terminé. 

Celle-ci prévoit qu'un montant de 7,25 M $ devra être versé, d'ici le 1er février 2018, pour l'achat des terrains permettant « de créer un parc naturel de très haute valeur écologique et accessible à la population (...), incluant approximativement 17 km de sentiers en servitude 3 saisons ». 

C'est l'organisme Conservation de la nature Canada (CNC) qui pilotera les démarches afin d'acquérir l'ensemble du flanc sud du mont Brome, soit 150 hectares adjacents à la station de ski, incluant les monts Spruce, Bernard et le Val 8, en plus d'un réseau de sentiers les reliant. La Ville apporterait 50 % du mont Spruce, obtenu en vue d'être transformé en parc. La Ville de Bromont contribuera finalement pour 2,75 M $ alors que son apport initial était de 2 M $. 

De son côté, l'organisme Protégeons Bromont aurait amassé un montant de 500 000 $, placé en fidéicommis, à cet effet. L'objectif est désormais de doubler cette somme « et même de la dépasser », laisse entendre le nouveau président de l'organisme, Bertrand Lussier.

Le conseiller municipal et ancien président de Protégeons Bromont, Louis Villeneuve, s'est dit « extrêmement fier de l'aboutissement de longues années de travail et que les différends aient pu être réglés, dans une situation où tout le monde est gagnant-gagnant ». Ce dernier s'est montré confiant les 4 M $ restants puissent être comblés notamment via diverses subventions gouvernementales et des dons privés.

Un projet Val 8 « modifié »

La Ville de Bromont a par ailleurs autorisé la réalisation d'un projet Val 8 « modifié ». Le projet révisé comprend la construction de 27 maisons au lieu de 39, sur une superficie de terrain 65 % moins grande que ce que prévoyait le projet initial. Cette nouvelle approche évitera la fragmentation de l'écosystème forestier et réduira les interventions­ dans les vieilles forêts.

Le projet « modifié » est suspendu jusqu'au 1er février 2018, date ultime à laquelle les 7,25 M $ devront être versés à Bromont, montagne d'expériences.

Deux citoyens de Bromont, Paul Bédard et Pierre Vinet, ont fait office de médiateurs dans cette histoire. Ils ont expliqué qu'ils ont exploré « toutes les pistes de solutions possibles » afin que tous les acteurs impliqués puissent ressortir satisfaits de cette entente. « C'est à vous les citoyens de vous prendre en main pour que cette transaction se concrétise », souligne Pierre Bédard.

La mairesse de Bromont Pauline Quinlan s'est dite quant à elle « très heureuse de cette conclusion, qui plaît à tout le monde, ainsi qu'aux citoyens ». 

Cette histoire avait créé des dissensions au sein même de la famille Désourdy, est venu rappeler l'un de ses membres, Gérald. Celles-ci semblaient maintenant choses du passé lorsqu'on l'a vu échanger une chaleureuse poignée de mains avec Charles, promoteur du projet Val 8 et président de Bromont­, montagne d'expériences. 

« C'est un soulagement pour nous. On regarde en avant. C'est sûr que l'étape grandiose, c'est de ramasser les fonds pour que ça devienne un parc à 100 % et je crois que c'est l'objectif que tout le monde veut atteindre », a indiqué pour sa part Charles Désourdy.

 Il s'agit également d'un progrès significatif vers l'objectif du plan de développement durable de Bromont de protéger 20 % du territoire en milieux naturels en zone blanche d'ici 2030. À ce jour, elle protège 9,25 km² (15 %) et le parc viendra augmenter le tout à 18 %.

« Plan B »

Advenant le cas où la somme de 7,25 M $ ne soit pas atteinte, un « plan B » a été mijoté.

Les 2,75 M $ versés par la Ville de Bromont serviront à l'achat du mont Bernard et du secteur de l'écosystème forestier exceptionnel. Les citoyens sont ainsi assurés d'un accès à perpétuité au réseau de sentiers.

Cinquante pour cent du mont Spruce (environ 16 hectares) représentent la contribution pour fins de parc de Bromont, montagne d'expériences. La Ville aurait également la possibilité de racheter l'autre moitié pour un montant de 250 000 $.

Le nouveau président de Protégeons Bromont, Bertrand­ Lussier.... (Julie Catudal) - image 2.0

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Le nouveau président de Protégeons Bromont, Bertrand­ Lussier.

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Du pain sur la planche

« On a déjà 500 000 $ qui est amassé pour créer le parc. On veut maintenant doubler cette somme et même la dépasser », affirme le nouveau président de Protégeons Bromont, Bertrand­ Lussier.

L'organisme Protégeons Bromont­ a toujours sa raison d'être, soutient-il également. « Il y a encore du pain sur la planche. Il faut quand même redoubler d'efforts afin de récolter l'argent », rappelle M. Lussier.

« On va épauler Conservation de la nature Canada (CNC) dans leurs démarches pour récolter les fonds nécessaires. On va établir un plan de match pour cibler deux types de donateurs : corporatif et citoyen, révèle-t-il. Chaque don compte. »

Le nouveau président, qui succède à René Cloutier­, assure que Protégeons Bromont­ continuera d'exister, même après cette saga. « On va poursuivre notre mission, qui est d'assurer la pérennité à long terme des espaces naturels de Bromont et de préserver la qualité de vie des citoyens. Il ne faut pas oublier l'objectif de la Ville d'avoir 20 % de son territoire protégé d'ici 2030. Avec ce parc, il va y avoir encore 2 % à aller chercher », lance Bertrand­ Lussier.

De son côté, le directeur de la philanthropie et des grands projets à CNC, Joël Bonin, a indiqué qu'il ferait connaître au cours des prochains jours les actions qui seront entreprises afin de réunir la somme de 7,25 M $.

Ils / Elles ont dit ...

« CNC travaillera de concert avec l'ensemble de la communauté pour remplir les conditions requises à la réalisation de ce projet. » 

- Joël Bonin, directeur de la philanthropie et des grands projets à Conservation de la nature Canada au Québec

« La conclusion d'une entente hors cour annonce une nouvelle étape pour la Ville de Bromont, ses citoyens, Bromont, montagne d'expériences, et aussi pour Protégeons Bromont, les Amis des sentiers et Conservation de la nature Canada. »

- Pauline Quinlan, mairesse de Bromont

« Je suis extrêmement fier de l'aboutissement de longues années de travail et que les différends aient pu être réglés, dans une situation où tout le monde est gagnant-gagnant. Je ne suis pas inquiet [de l'obtention du montant de 7,25 M $.] » 

- Louis Villeneuve, conseiller municipal et ancien président de Protégeons Bromont

« Corridor appalachien tenait tellement à la protection de ce site. Nous sommes très heureux et soulagés du dénouement intervenu entre la Ville et le promoteur. Je crois que cet événement marque un point historique. C'est un grand jour et un geste extraordinaire, voire sans précédent, de la part d'une Ville envers la conservation de ses milieux naturels. » 

- Mélanie Lelièvre, directrice générale de Corridor appalachien

- Propos recueillis par Antoine Lacroix

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