Les yeux du Canada en Haïti

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Mme Hurtubise souligne la résilience de ce peuple qui s'activent déjà à reconstruire chez eux.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Bromont) France Hurtubise se fait les yeux du Canada à l'étranger. La Bromontoise, déléguée aux communications à la Croix-Rouge canadienne depuis une vingtaine d'années, est revenue jeudi dernier d'un séjour de quatre semaines à Haïti. Sa mission ? Documenter le travail sur le terrain.

Elle accompagne notamment l'équipe médicale sur le terrain et rédige des histoires qui seront ensuite relayées sur les réseaux de la Croix-Rouge. « C'est essentiel. Les Canadiens ont le droit de savoir comment on dépense leur argent », explique-t-elle.

Elle planche également sur un rapport sur les sept ans d'intervention de la Croix-Rouge canadienne en sol haïtien, depuis le puissant séisme ayant ravagé l'île en 2010. C'est d'ailleurs lors de ce sinistre que la Bromontoise est allée en Haïti pour la première fois. 

Le 18 octobre, elle y est retournée pour une dixième fois à la suite de l'ouragan Matthew, survenu deux semaines plus tôt. « Matthew a complètement détruit le sud-ouest de l'île, là où il y avait beaucoup de développement touristique. Tout est à refaire. Les champs sont dévastés. Ça ressemble à une zone de guerre, c'est épouvantable. »

Contrairement aux délégués médicaux de la Croix-Rouge, qui peuvent être appelés à intervenir à n'importe quel moment de la mission, Mme Hurtubise, elle, est toujours de la première ronde de coopérants à être déployés.

« Les communications avec les journalistes s'effectuent plus souvent au tout début de notre intervention, car au fil du temps, d'autres désastres se produisent et prennent la place dans l'actualité », explique Mme Hurtubise.

Comme membre de la première troupe, elle participe également au travail d'éclaireur qui consiste à explorer le territoire, déterminer le lieu où le groupe s'installera pour la durée de la mission et mettre en place l'organisation nécessaire aux opérations de la clinique mobile. Dans une optique d'efficacité, on s'assure aussi de la bonne coordination avec les autres organismes présents sur place.

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France Hurtubise est déléguée aux communications à la Croix-Rouge canadienne depuis une vingtaine d'années.

Archives

Petites victoires

L'équipe s'est installée dans la région de Grande-Anse, dans la municipalité de Jérémie. Il aura fallu onze heures de route pour atteindre le village à partir de Port-au-Prince.

Pendant un mois, la clinique mobile s'est déplacée cinq fois par semaine dans différents villages dans un rayon d'environ 70 km, parfois un peu plus. Les coopérants quittaient à l'aube et rentraient avant le coucher du soleil.

« Parfois, on est restés trois ou quatre jours, ça nous a permis d'aider plus de gens », souligne Mme Hurtubise. Ce faisant, les trois médecins et trois infirmières - Français, Canadiens et Haïtiens - ont rencontré, en moyenne, 150 patients par jour.

« On a vu surtout des cas de maladies qui étaient présentes avant la venue de l'ouragan, note la coopérante. Des maladies de l'appareil digestif, du système respiratoire, de la peau, des problèmes musculosquelettiques, la malaria ou la malnutrition, par exemple. »

Chaque fois que la clinique mobile se rendait dans un village, on s'assurait que les patients y étant traités pourraient bénéficier d'un suivi médical dans leur communauté. Dans un cas, cela n'a pas été possible.

« Nous avons soigné une petite fille d'environ trois ans, qui se trouvait dans un état de malnutrition très très avancé, se souvient Mme Hurtubise. Le système ne pouvait pas s'occuper d'elle alors nous l'avons transféré à Jérémie. Quand nous sommes partis, elle allait mieux. Pour nous, c'était une petite victoire. »

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Pendant un mois, la clinique mobile s'est déplacée cinq fois par semaine dans différents villages dans un rayon d'environ 70 km, parfois un peu plus.

fournies par France Hurtubise

Résilience

En vingt ans de carrière, Mme Hurtubise a voyagé dans de nombreux pays touchés par la guerre ou des catastrophes naturelles : Zaïre, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Soudan, Albanie, Algérie, Chine, les deux Corées, Mongolie, Japon, Thaïlande, Sri Lanka et Népal figurent entre autres parmi les destinations tamponnées à son passeport.

Mais France Hurtubise ne s'en cache pas, après 10 visites à Haïti, la Bromontoise a tissé de forts liens avec le pays et ses habitants. Elle souligne la résilience de ce peuple qui s'active déjà à reconstruire chez eux.

« Dieu sait que c'est épouvantable tout ce qu'ils vivent. Mais ils ont quand même le sourire. Ils sont confiants de s'en sortir parce qu'ils s'en sortent toujours. J'ai rarement vu cette façon de voir la vie comme les Haïtiens la voient. »

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