Poursuite en diffamation contre Bertrand Naud: place aux plaidoiries

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Bertrand Naud a profité de l'heure allouée à sa plaidoirie pour nier plusieurs faits, notamment d'avoir utilisé le mot « volé ».

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Bertrand Naud a-t-il diffamé le directeur général de la Ville de Farnham François Giasson ou est-il plutôt victime d'un complot ? Les deux parties ont plaidé leur cause vendredi dans la troisième et dernière journée de la cause qui les oppose.

Elles ont entamé leurs plaidoiries après avoir entendu un dernier témoin, le conseiller municipal de Roxton Pond André Côté. Celui-ci a offert des précisions quant à un terrain que M. Giasson était intéressé à acquérir, mais qui a finalement été acheté par Robert Perras.

Rappelons que François Giasson réclame 100 000 $ à M. Naud pour avoir colporté des allégations selon lesquelles il aurait fraudé son ancien employeur, la municipalité de Roxton Pond, pour un million de dollars, en plus d'avoir payé les frais juridiques de son divorce avec les fonds publics.

Persistance et opiniâtreté

Le procureur de M. Giasson, Me Louis Coallier, n'a pas été tendre à l'endroit du défendeur. Il a demandé au juge Sylvain Provencher de considérer « la persistance, l'opiniâtreté et la récidive » de M. Naud dans la détermination des dommages. 

« Si on suivait le raisonnement de M. Naud, n'importe qui pourrait ramasser des rumeurs, aller voir le patron de quelqu'un, lui domper ça, s'en laver les mains et détruire des vies inopinément, a clamé l'avocat. C'est totalement inacceptable et M. Naud ne le comprend pas. Non seulement il ne comprend pas, mais il a persisté et signé. Il a rajouté des couches. »

« Il n'avait qu'à dire qu'il est allé trop loin et qu'il retire ses propos. Et il y aurait eu une ficelle autour du dossier. Mais M. Naud n'a jamais eu l'intention de s'excuser », a par la suite illustré l'avocat.

L'avocat a par ailleurs souligné que l'intégrité est une qualité essentielle aux travailleurs de la fonction publique. « En notre ère post-Charbonneau, les élus et municipalités se tiennent les fesses serrées. Monsieur a transmis ses doléances au ministère des Affaires municipales, à l'UPAC. Il y a eu diffusion énorme. Monsieur a persisté ; c'est cet élément-là, aggravant, qui nécessite des dommages dissuasifs. »

Me Coallier s'est aussi employé à soulever les contradictions entre les déclarations du principal intéressé et des nombreux témoins. « Pour rappeler ce que la Cour a elle-même dit, selon M. Naud, tout le monde est menteur. Mais un moment donné, il y a trop de menteurs. Je dirais plutôt que M. Naud a une conception parfois élastique de la vérité. »

« Malgré une apparence agréable et débonnaire, M. Naud a agi de façon malfaisante dans ce dossier et a causé des dommages importants. (...) Je pense que l'ignorance n'excuse pas l'inacceptable », a ajouté l'avocat, qualifiant de « quérulent » le comportement du défendeur.

Incohérences et complot

Pour sa part, Bertrand Naud a profité de l'heure allouée à sa plaidoirie pour nier plusieurs faits, notamment d'avoir utilisé le mot « volé ». 

Il a aussi contredit une déclaration écrite de l'ancien conseiller municipal de Roxton Pond, Robert Perras, ce qu'a relevé le juge Provencher. « C'est moi qui l'ai écrite (pour lui), cette déclaration-là », a alors annoncé le défendeur.

Le juge Provencher, qui a soulevé plusieurs contradictions et incohérences dans son discours, a donné une leçon de sémantique à M. Naud. « Volé, fraude, manigance, malversations... Ces mots-là sont de proches cousins », a-t-il expliqué.

Le défendeur est allé jusqu'à dire qu'il était victime d'un complot que le maire Josef Hüsler et les conseillers Mercier et Claveau avaient préparé. Autrement, comment auraient-ils pu tous se souvenir d'avoir entendu le mot « volé » alors qu'il ne l'a pas utilisé ? , a demandé le citoyen.

M. Naud prétend avoir fait tout en son pouvoir pour étouffer l'affaire. Contrairement à ce qu'il affirmait jeudi, il a déclaré avoir été bien cité par La Voix de l'Est

Or, c'est devant ce qu'il considère comme une campagne de salissage par la Ville de Farnham, et le refus des médias de publier ses allégations, qu'il a préparé et distribué des pamphlets reprenant les informations diffamatoires. « La Ville a voulu m'écraser. (...) Un moment donné, lâchez ma réputation, arrêtez de parler de moi. Ça m'a fait perdre mon travail », a réitéré le défendeur, qui se dit victime de la « machine » municipale.

Par moments, Me Coallier a montré des signes d'exaspération. Le juge a pour sa part semblé agacé. « Ce que vous m'avez livré comme preuve sur la fraude (alléguée), il y en a comme ça sur la table », a lâché le magistrat en mimant un « zéro » avec le pouce et l'index.

Il rendra sa décision en délibéré.

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