Savoir rire de nos différences

Jérémy Demay, Reda Saoui, Adib Alkhalidey et Alain... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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Jérémy Demay, Reda Saoui, Adib Alkhalidey et Alain Nadro ont offert un spectacle d'humour unique dans le cadre de la première édition de SERYre aux larmes.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Il n'y avait pas que les projecteurs qui éclairaient la scène du Palace jeudi soir. Il y avait aussi un lampion qui, à lui seul, a rappelé la présence de Joanne Ouellette, directrice du SERY qui ne pouvait être présente pour des raisons de santé. Symboliquement, son équipe a voulu lui envoyer de l'énergie pour sa guérison.

Solidarité ethnique régionale de la Yamaska tenait sa première édition de SERYre aux larmes, un spectacle d'humour au profit de l'organisme. Malheureusement, il manquait un personnage important lors de la soirée. « Notre directrice mène le plus grand combat de sa vie, a glissé Kathleen Taylor dans son discours d'ouverture. Elle n'a pas pu être là ce soir. Par contre, je vais allumer et laisser ici une chandelle pour elle. »

Mme Ouellette combat effectivement un cancer et, en allumant un lampion dans les bureaux de SERY comme sur la scène du Palace, son équipe tenait à lui faire savoir que le fort est bien tenu en attendant son retour et qu'elle la soutient dans son processus de guérison. Les dernières nouvelles sont bonnes, précise d'ailleurs Mme Taylor. 

La famille de la directrice était dans la salle pour la première édition du gala d'humour qui remplace le spectacle interculturel proposé depuis quelques années par l'organisme qui oeuvre à faciliter l'accueil et l'intégration des immigrants.

L'idée était de rassembler sur une même scène des humoristes qui sont des immigrants de première ou deuxième génération. Jérémy Demay, Adib Alkhalidey, Alain Nadro et Réda Saoui formaient la première cuvée.

Environ 260 billets ont trouvé preneur, ce qui permet à l'organisme de couvrir ses frais, sans plus. « On aurait aimé qu'il y ait plus de gens, avoue Mme Taylor, qui a organisé la soirée avec son collègue Frey Guevara. Cette année on ne fera pas de profit, mais ce n'est pas grave parce que le but premier est la sensibilisation » et faire connaître la mission de SERY. 

Ils assurent que le gala d'humour SERYre aux larmes reviendra l'an prochain avec possiblement de nouveaux visages. 

Des rires et de l'impro

Les quatre humoristes ont eu droit à un public réactif jeudi soir. Ceux qui hésitaient à assister au spectacle ont raté l'occasion d'entendre du nouveau matériel de Jérémy Demay, qu'il présente dans le cadre de son nouveau one-man-show, Vivant.

Celui-ci a eu une très bonne interaction avec les gens dans la salle, commençant son numéro en demandant d'où les gens venaient. Spontanément, des blagues ont déferlé en fonction des réponses du public. Les spectateurs eux-mêmes ont joué avec lui.

Demay a lui-même montré un grand sens d'improvisation. « Comment appelle-t-on les gens de Bromont ? Des millionnaires », a répondu d'emblée l'humoriste, déclenchant l'hilarité de la salle.

Dans la vingtaine de minutes qu'il a été sur scène, il a abordé les raisons pourquoi il aime le Québec, qu'il habite depuis dix ans. Prénoms préférés et activités de couple que les hommes détestent, il a relevé plusieurs petits détails marquants de son pays d'accueil. 

Adib Alkhalidey a lui aussi plu avec ses sketches sur la nécessité de donner aux autres, même aux itinérants qui le reconnaissent dans la rue, et sur sa fascination et son observation des enfants devant un présentoir de chocolat. De quoi reconnaitre les tout-petits qui nous entourent. 

Alain Nadro était heureux de pouvoir participer à ce spectacle bénéfique. Haïtien de naissance, l'humoriste et comédien est pro de la mimique. 

Adapté pour Granby

Les numéros ont été présentés par Reda Saoui qui, avec finesse, a su adapter son matériel à Granby. Il s'est d'ailleurs permis des blagues sur différentes origines ethniques.

« Vous savez, c'est dur d'être musulman dans une société d'infidèle », a-t-il lancé avant de lancer des fleurs à la mission de SERY, en début de spectacle. « Oui, il va y avoir des réfugiés syriens, oui il y a des musulmans parmi eux... N'ayez pas peur ! Il n'y aura pas de terroriste. On est à Granby... Tu as plus de chance de te faire attaqué par un lion que d'être victime d'une attaque terroriste. Si tu prends un otage à Granby, tu négocies quoi ? Un billet pour le zoo ? »

Il a aussi su faire preuve d'improvisation en racontant aussi une histoire d'enfant en crise après le numéro d'Adib Alkhalidey. Après le spectacle, il avoue avoir été nerveux de tenir un tel rôle, mais était heureux d'entendre la réaction positive du public. 

Une ovation debout a été réservée au quatuor à la toute fin. Ils se sont ensuite prêtés à une séance d'égoportraits dans le foyer du Palace.

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