Quatre mois de prison pour Sylvain Berger

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Sylvain Berger a perdu connaissance durant l'audition de sa sentence, jeudi, au palais de justice de Granby.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Les ambulanciers ont secouru un homme qui recevait sa sentence, jeudi, pour avoir transmis des lettres obscènes et anonymes à 26 femmes de Cowansville.

Le juge Conrad Chapdelaine, de la Cour du Québec, terminait de lire son jugement contre Sylvain Berger, 62 ans, quand l'ex-employé municipal s'est appuyé pesamment sur la barre avant de s'effondrer au sol. L'audience a été interrompue et la salle, évacuée.

Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, le stress aurait fait perdre connaissance à l'accusé, qui s'est relevé quelques secondes plus tard en disant « je m'excuse, je n'ai pas déjeuné ce matin ». Pris de sueurs et le regard vide, M. Berger a toutefois dû s'étendre de nouveau. Les ambulanciers ont passé plusieurs minutes à lui prodiguer des soins et prendre ses signes vitaux.

Il a quitté le palais de justice sur civière, mais sa vie n'était pas en danger. Des agents carcéraux l'ont accompagné à l'hôpital afin qu'il reçoive des soins sous surveillance.

Impact

Quelques minutes plus tôt, le juge avait condamné le prévenu à quatre mois de prison. Il a souligné que plusieurs victimes avaient pâti des lettres reçues : l'une d'elles a dû consulter un psychologue, une autre avait le sentiment d'être constamment suivie et une autre nourrissait des soupçons à l'endroit de tous les hommes de son quartier, l'incitant à déménager.

Les missives lubriques, surtout transmises par la poste en 2013 et 2014, étaient sans équivoque.

M. Berger y complimentait les destinataires - toutes des jeunes femmes - sur leur physique et décrivait les actes sexuels qu'il imaginait pratiquer avec elles ou en pensant à elles.

Certaines contenaient des images de pénis ou d'hommes nus et l'une d'elles contenait même un condom rempli d'un liquide blanc qui, après analyse, n'était pas un liquide biologique. Leur auteur n'a jamais cherché à concrétiser ses fantasmes.

Homme instruit, M. Berger aurait vécu une dépression à la suite d'un divorce, en 2006, et peiné à obtenir les soins requis. À la suite de son arrestation, il a perdu son emploi de commis aux règlements municipaux à Cowansville. Il n'avait pas d'antécédent judiciaire.

Attention

Il a dit avoir posé ces gestes « pour attirer l'attention » et les regrette aujourd'hui, a dit le juge Chapdelaine, bien qu'il ait tenté d'en minimiser l'importance. Ayant une personnalité de type obsessionnelle, il n'a toutefois pas de déviance sexuelle. 

Le juge a retenu que M. Berger a utilisé son statut d'employé municipal pour trouver les adresses de ses victimes. Il a aussi posé des gestes similaires avant sa séparation, en 2004, et « pour lesquels il n'y a aucune explication ». Il a cependant reconnu rapidement sa culpabilité, évitant la tenue d'un procès.

« Le tribunal partage l'avis du ministère public : une peine de prison s'impose », a dit le juge Chapdelaine. La peine, a-t-il précisé, doit dissuader et « refléter la dénonciation sociale de ce type de crime ».

À la défense, Me Roger Paquin suggérait un suivi probatoire, et Me Valérie Simard-Croteau, de la Couronne, une peine de détention indéterminée. La sentence imposée à Sylvain Berger sera suivie d'une probation de trois ans et de l'interdiction de communiquer avec les victimes, de les suivre ou de les épier. Il devra aussi garder la paix et avoir une bonne conduite.

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