Procès de Bertrand Naud: le DG de Farnham présente sa preuve

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Bertrand Naud est poursuivi en diffamation par le directeur général de la Ville de Farnham.

Christophe Boisseau-Dion

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Jérôme Savary
La Voix de l'Est

(Granby) Au premier jour du procès pour diffamation intenté par le directeur général de la Ville de Farnham, François Giasson, contre le citoyen Bertrand Naud, le fonctionnaire a semblé déterminé à se dissocier des malversations que ce citoyen lui impute. « Ce n'est pas vrai que je vais me laisser piler sur les pieds par des gens qui portent atteinte à ma réputation », a dit M. Giasson, mercredi, alors qu'il était appelé à témoigner au palais de justice de Granby.

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Le directeur général de la Ville de Farnham, François Giasson, n'a pas l'intention «de se laisser piler sur les pieds» par des gens «qui portent atteinte à (sa) réputation.

Christophe Boisseau-Dion

L'accusé a du pain sur la planche. Au-delà des nombreux documents qu'il avait préparés pour l'occasion et des 16 témoins qu'il prévoit faire entendre pendant les trois jours prévus pour ce procès devant le juge de la Cour supérieure, Sylvain Provencher, M. Naud s'est régulièrement fait rappeler à l'ordre par le magistrat.

Le juge Provencher, quoique conciliant à l'égard de M. Naud et lui rappelant régulièrement les règles à suivre en pareille procédure, a semblé perdre patience à quelques reprises.

Il a notamment souligné à M. Naud que celui-ci devait, d'abord et avant tout, contre-interroger les témoins appelés par le demandeur (M. Giasson, défendu par Me Louis Coallier) sur les deux points directement liés à la diffamation. D'abord, sur le fait qu'il aurait propagé l'information selon laquelle M. Giasson aurait fraudé la municipalité de Roxton Pond, l'ancien employeur du dg de 1998 à 2011, pour environ un million de dollars. Ensuite, relativement à l'information selon laquelle M. Giasson aurait fait payer les frais d'avocat de sa séparation d'avec sa femme par Roxton Pond également.

M. Naud a semblé perdre le juge à plusieurs reprises, alors qu'il amenait des éléments d'information n'apparaissant pas a priori dans les documents de sa défense fournis au juge. Me Coallier, pour la poursuite, y est allé d'un « c'est n'importe quoi » lorsque la Cour semblait emmêlée dans les nombreux documents auxquels M. Naud faisait référence pour sa défense.

« Je sais que je ne suis pas en ordre », a-t-il alors lâché.

 « Demain [jeudi], je m'attends à ce que vous arriviez mieux préparé », a prévenu gentiment le juge Provencher en direction de Bertrand Naud. 

Témoins et preuve du demandeur 

La journée avait débuté avec les personnes appelées à témoigner par Me Coallier, et la présentation de la preuve du demandeur. La conseillère municipale de Farnham, Pauline Mercier, le maire de Farnham Josef Hüsler, le conseiller municipal André Claveau, puis François Giasson lui-même ont témoigné tour à tour. Les deux conseillers et le maire ont reconnu avoir été contactés par M. Naud au sujet de la fraude présumée d'un million de dollars et des frais d'avocats qui auraient été payés par la Ville.

Lors du contre-interrogatoire des deux conseillers municipaux par M. Naud, celui-ci a voulu leur faire admettre qu'il n'avait jamais employé le mot « volé » en faisant référence au million de dollars que M. Giasson aurait plutôt, selon lui, fait « perdre » alors à Roxton Pond.

Le contre-interrogatoire du maire a quant à lui été retardé et La Voix de l'Est n'a pu y assister.

Le procès nous a cependant permis d'apprendre que, préalablement à l'action d'intenter la poursuite en diffamation (le 24 août 2015), deux autres personnes avaient été contactées par M. Naud au sujet de ces mêmes informations. Il s'agit de l'entrepreneur électricien Serge Seney et du directeur du fonds de développement de Farnham, Patrick Dion. 

Témoignage de M. Giasson

Le DG de Farnham a affirmé que les 195 gens d'affaires de la municipalité avaient été informés par M. Naud de ces prétendues malversations. Selon lui, d'autres directeurs généraux de la MRC Brome-Missisquoi avaient aussi été mis au courant.

« Je pensais au début que cela était resté [circonscrit] aux membres du conseil municipal, de dire M. Giasson. Ça vas-tu arrêter un jour, cette propagande-là contre moi ? »

En après-midi, c'était au tour de M. Naud de présenter ses témoins. Pierre Doucet, du comité des citoyens de Farnham, ainsi que Robert Perras, ancien conseiller municipal de Roxton Pond, ont témoigné.

Concernant les deux points litigieux, soit le million de dollars que M. Giasson aurait fait perdre à Roxton Pond et les frais d'avocats qu'il aurait fait payer par la Ville, aucun de ces deux témoins n'a semblé en mesure d'apporter un élément de preuve convaincant, chacun se faisant rappeler par le juge qu'il rendait seulement compte de propos tenus par d'autres personnes - des « ouï-dire », selon le demandeur.

Le procès se poursuit jeudi au palais de justice de Granby.

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