Possible réouverture de l'ALÉNA: les producteurs de lait aux aguets

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Les producteurs laitiers du Québec ont manifesté plusieurs fois pour protéger la gestion de l'offre et pour contrer l'entrée de lait diafiltré américain au Canada.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) La possible réouverture de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) qui plane depuis l'élection de Donald Trump aux États-Unis a de quoi inquiéter les producteurs laitiers de la région. Les producteurs de lait du Québec, par le biais de leur président, ont manifesté cette inquiétude la semaine dernière en marge de leur assemblée générale spéciale.

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Jérôme Ostiguy, producteur laitier de Shefford et président du Syndicat de l'UPA de la Haute-Yamaska.

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Les producteurs sondés par La Voix de l'Est partagent l'avis de leur président, Bruno Letendre. Donald Trump pourrait vouloir ouvrir la frontière canadienne pour exporter les surplus de lait des producteurs­ américains, croient-ils.

« À partir du moment où on entend parler de négociations, on s'inquiète, commente Charles Benoît, producteur laitier à Saint-Armand. On sait que c'est sous le radar. Ça va être d'autant plus sous le radar que quelques gros États gagnés par Trump ont des entreprises qui avaient trouvé des voies d'éviter le système de quotas et nous envoyaient du lait diafiltré. »

On se rappelle que les producteurs de lait du Québec avaient manifesté à plusieurs reprises pour que le gouvernement fédéral ferme les frontières à la protéine laitière, puisqu'il s'agissait d'une manière de contourner le système de gestion de l'offre, qui protège le marché canadien. Depuis, croit M. Benoit, la frontière a commencé à se refermer grâce à une pression politique et à une nouvelle classe de lait qui vient compétitionner directement le lait diafiltré américain.

Augmentation du droit de produire

Coïncidence ou non, « depuis qu'il y a de la pression politique et que le lait diafiltré est en train de tomber, notre augmentation de droit de produire est de 6 % dans les quatre derniers mois, ajoute le producteur. C'est énorme ! L'industrie laitière est une industrie mature. Il y a une augmentation de la demande, mais la population du Canada n'augmente pas tant que ça. Je pense qu'il y a une bonne partie de ça qui est un remplacement. C'est du jamais vu. Ça a l'air que ça va continuer, selon les rumeurs. » 

Pendant l'entrevue avec le journal, M. Benoit a reçu un courriel annonçant que le droit permanent de produire augmentera de 2 % à partir de décembre et qu'on leur demande de produire temporairement 3 % de plus en décembre, janvier et février.

« On a augmenté nos quotas parce que, sur le marché intérieur, on a eu une augmentation de la demande, mais pas dans des classes très payantes, exprime pour sa part Éric Beauregard, producteur laitier à Roxton Falls. Les stocks de beurre sont à la baisse, donc il faut faire du lait pour du beurre. Il y a beaucoup de classes dans le marché du lait. Il y a peut-être 50 % du lait ou plus qui est vendu dans des classes moyennement­ payantes. »

«Pour nous, c'est inquétant»

Jérôme Ostiguy, de Shefford, remarque tout de même que le transformateur Agropur affiche maintenant la certification d'origine lait 100 % canadien, ce qui signifie que l'entreprise n'utilise plus de lait diafiltré américain. Ce n'est pas encore le cas de Saputo­ et de Parmalat, deux autres gros joueurs au Québec. En perdant une partie de ce marché, les grands des États voisins voudront certainement trouver un moyen de revenir, s'entendent les trois producteurs.

« Les États-Unis sont les plus grands producteurs de lait au monde, ils en consomment beaucoup, mais en ont beaucoup à vendre, remarque le Sheffordois Jérôme Ostiguy, président du Syndicat de l'UPA de la Haute-Yamaska­. Trump veut rentrer ici, c'est sûr. Pour nous, c'est inquiétant. »

Il n'est toujours pas certain que l'ALÉNA sera rouvert et que la gestion de l'offre sera sur la table. Il est toutefois assuré que les producteurs laitiers de la région suivront avec attention ce qui se déroulera dans les hauts lieux politiques.

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