Assemblée houleuse à la commission scolaire des Hautes-Rivières

La présidente de la CS des Hautes-Rivières, Andrée... (Janick Marois)

Agrandir

La présidente de la CS des Hautes-Rivières, Andrée Bouchard

Janick Marois

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(St-Jean-sur-Richelieu) Devant un auditoire stupéfait, la commission scolaire des Hautes-Rivières a adopté à l'unanimité, mardi, son projet d'inverser les horaires d'entrée et de sortie des élèves du primaire et du secondaire.

Josée Desrochers, mère de Jérémy Allard, un élève-athlète... (Janick Marois) - image 1.0

Agrandir

Josée Desrochers, mère de Jérémy Allard, un élève-athlète en sport-études de Sainte-Angèle-de-Monnoir.

Janick Marois

Les écoles de Saint-Césaire, Ange-Gardien, Saint-Paul-d'Abbotsford, Sainte-Brigide-d'Iberville et Rougemont fonctionnent déjà de cette façon, tout comme « plus de 80 % des commissions scolaires de la province », a indiqué la présidente Andrée Bouchard.

À la rentrée de 2017, donc, toutes les écoles primaires des Hautes-Rivières commenceront à 8 h et les écoles secondaires, à 9 h. Selon la commission scolaire, ce changement a « plus d'avantages que d'inconvénients » et bénéficiera aux adolescents qui manquent fréquemment de sommeil.

Mais pour les parents dont les enfants sont inscrits à un programme de sport-études et membres d'une fédération sportive, la modification est inquiétante. En vertu des règles chez les fédérations de patinage artistique, karaté, natation et gymnastique, les écoles perdent leur accréditation si les heures d'entraînement se terminent après 16 h 30.

Une trentaine d'« élèves-athlètes » des Hautes-Rivières pourraient perdre les avantages et subventions liés à la pratique de leur sport. Comme Jérémy Allard, un patineur artistique de 13 ans de Sainte-Angèle-de-Monnoir. 

« Mon rêve, c'est d'aller aux Jeux olympiques, a dit l'adolescent à l'assemblée. Sans mon sport-études, je n'y arriverai sûrement pas. Ne nous jetez pas à la poubelle comme de vieilles guenilles. »

Interrogée par La Voix de l'Est, la commission scolaire s'était faite rassurante, la semaine dernière, et a souligné être en contact avec les fédérations concernées « pour s'assurer que ça va se poursuivre », a dit André Camaraire, directeur du service des ressources éducatives aux jeunes et du transport.

« Je ne trouve pas ça normal que les parents n'aient pas été informés et qu'il n'y ait pas d'ententes avec les fédérations », a déclaré Josée Desrochers, la mère de Jérémy, aux commissaires mardi.

Spécialistes

Plusieurs parents et enseignants ont aussi profité de l'assemblée pour dénoncer une autre modification planifiée, celle de réduire les heures des enseignants spécialistes (arts, musique, anglais et éducation physique) afin de laisser plus de temps aux titulaires pour les matières de base (français et mathématiques).

De sept à dix postes de spécialistes seront ainsi supprimés, permettant à des Hautes-Rivières d'économiser un million par année et, dit-elle, le réinvestir en soutien aux élèves.

Une cinquantaine d'enseignants ont manifesté à cet effet à l'extérieur du siège social de la commission scolaire. Plusieurs n'ont pu assister à l'assemblée, faute de place.

Le ton était aussi à l'indignation. « Pourquoi l'argent devient une priorité devant l'apprentissage, la pédagogie, la culture, la santé ? , a demandé un enseignant spécialiste, Martin Dubois. Déjà, en 25 heures, on a de la difficulté à passer le programme. »

« Quand on offre une culture aux enfants, on leur permet d'être des adultes complets », a ajouté une autre enseignante, Sophie Hovington. 

« Il y a de l'incohérence, a renchéri la présidente du Syndicat de l'enseignement du Haut-Richelieu, Jacinthe Côté, emportée par l'émotion. La commission scolaire fait des surplus, mais on coupe encore ! » Les arrangements proposés par le syndicat ont tous été refusés, a-t-elle précisé.

Réserve

Au sujet des 4 000 000 $ de surplus libres que possède des Hautes-Rivières, la présidente Andrée Bouchard a dit qu'il s'agissait d'une réserve. La mesure controversée vise quant à elle à continuer de « tendre vers un budget équilibré ».

« Le modèle qu'on a actuellement nous coûte cher et on a besoin de dégager une marge de manoeuvre. Ça respecte aussi la convention collective et le régime pédagogique. Oui, il va y avoir moins de temps de spécialistes, mais toutes les matières prescrites seront enseignées. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer