Des producteurs agricoles tirent à boulets rouges sur Paradis

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Le premier vice-président de l'UPA-Montérégie, Jérémie Letellier

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Cowansville) Les producteurs agricoles de la région sont insultés de la fin de non-recevoir qu'a opposé le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, et député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, à leur demande de reporter d'un an la refonte du Programme de crédit de taxes foncières agricoles.

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Plusieurs producteurs agricoles avaient manifesté devant les bureaux de circonscription du ministre Paradis vendredi dernier à Cowansville afin de dénoncer la refonte du Programme de crédit de taxes foncières agricoles.

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Vendredi dernier, plus de 300 producteurs avaient manifesté en ce sens, devant l'Assemblée nationale à Québec et devant les bureaux de circonscription du ministre, à Cowansville.

Selon l'Union des producteurs agricoles (UPA) de la Montérégie, ce dernier a fait preuve d'une « arrogance rarement vue » à l'égard des propriétaires terrestres du secteur agricole en mettant en doute les chiffres avancés par l'organisation.

Ceux-ci stipulent que 83 % des producteurs connaîtront une flambée de leur compte de taxes allant jusqu'à 30 %, voire 40 % à compter du 1er janvier 2017, date d'entrée en vigueur de la réforme du programme. En Montérégie, cela représente une somme de 8 millions $ à payer pour les quelque 5800 producteurs touchés.

« Le ministre Paradis a soutenu que nos chiffres étaient faux alors qu'il a lui-même reconnu que certains producteurs payeront plus », a indiqué le président de l'UPA de la Montérégie, Christian St-Jacques, dans un communiqué diffusé mercredi. 

« Le ministre ne croit pas nos chiffres ; il dit que l'augmentation est raisonnable. Nous, ça fait des mois qu'on démontre qu'à toutes choses égales, que c'est la réforme qui est en cause. (...) C'est clair que le ministre Paradis ne sait plus trop comment défendre sa réforme, parce qu'elle est injustifiable. C'est une augmentation qui n'a pas d'allure », relève pour sa part Jérémie Letellier, premier vice-président de l'UPA-Montérégie. Lui-même verra son compte de taxes grimper de 47 % l'an prochain, sans tenir compte de l'évaluation foncière de ses terres.

Bonnardel interpelle Paradis

Le député de Granby, François Bonnardel, a pour sa part interpellé le ministre Paradis sur la question mercredi. En chambre, il a déposé les lettres de 140 agriculteurs inquiets. Il a donné l'exemple d'un agriculteur dont la terre était évaluée à 1,2 million de dollars au rôle triennal de 2014-2016 et dont la valeur a grimpé à 2,1 millions $ au rôle 2017-2019, un bond de 75 %.

« Le premier ministre voulait des preuves. Ça m'a pris cinq minutes, j'ai d'autres preuves, ici, d'augmentation de taxe foncière de 70 %, de rôle d'évaluation qui a augmenté de

70 % et de 75 %. Et j'ai un scénario d'impact, ici, qui est fait par le MAPAQ qui dit que 83 % des agriculteurs vont voir leurs taxes foncières augmenter. (...) Vous mettez en péril des centaines d'entreprises agricoles. Est-ce que vous niez ça ? », a demandé M. Bonnardel.

« Oui, on nie », a simplement répondu le ministre Paradis qui affirme au contraire que la réforme du programme de crédit de taxes permettra de faire passer le remboursement de taxes aux agriculteurs de 145 à 168 millions de dollars d'ici trois ans.

« Si on augmente les budgets de millions de dollars année après année, c'est parce qu'on est conscients qu'il y a une augmentation des rôles d'évaluation, sinon on ne les augmenterait pas. Et l'ensemble de ces argents-là vont faire en sorte que non seulement on va couvrir les augmentations, mais qu'il va y avoir 2500 nouveaux producteurs agricoles qui vont être éligibles. (...) C'est la relève, des jeunes, des petites fermes, des entités familiales », a poursuivi l'élu de Brome-Missisquoi.

Suspension de la réforme

M. Letellier balaie du revers de la main l'argument de la relève du ministre Paradis. Selon lui, l'abrogation d'une disposition obligeant une production d'une valeur minimale de 5 $ par tranche de 100 $ d'évaluation pour bénéficier du crédit pourrait permettre à n'importe qui d'y souscrire. « Je ne m'explique pas son raisonnement, note-t-il. Ça ouvre la porte à toutes sortes de choses. (Son argumentaire), c'est comme si on augmentait les taxes foncières de toute une ville pour financer l'achat de premières maisons aux jeunes ! »

L'UPA réclame toujours la suspension de la réforme pour un an, le temps de s'asseoir avec Québec et de trouver une solution au bénéfice de tous. « Nous, on n'enlève rien sur la table, on est prêts à évaluer les solutions, même s'il est minuit moins une, affirme M. Letellier. Si le gouvernement s'entête, c'est sûr que la pression va augmenter. On continue nos actions. »

Notre demande d'entrevue au cabinet du ministre Paradis, mercredi, est restée sans réponse.

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