Éducation: «l'intégration sauvage» montrée du doigt

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Selon le Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska, Québec a économisé des sommes gigantesques en intégrant les élèves en difficulté dans les classes régulières, mais cela s'est fait au détriment de leur réussite et en alourdissant la tâche de l'enseignant.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

La question de l'intégration massive d'élèves en difficulté dans les classes régulières a monopolisé les échanges, lundi, à la consultation publique en éducation qui se déroulait en Montérégie.

Tout comme le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx, des membres du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY) étaient présents dans un hôtel de Valleyfield pour aborder les enjeux les plus criants.

« Les gens sont conscients qu'il y a un problème, indique le président du SEHY, Éric Bédard, à propos de ce qu'il appelle l'"intégration sauvage". Ils vivent ça au quotidien. »

Cette mesure, apparue avec la réforme des années 2000, consiste à intégrer au régulier presque tous les élèves souffrant d'un problème de comportement, d'apprentissage ou d'un handicap. Ils valent deux, trois, parfois quatre élèves dans l'évaluation de la tâche de l'enseignant.

« Dans une classe de 30 élèves, tu peux en avoir 10 ou 12 avec un plan d'intervention, dit M. Bédard. Les classes spécialisées ont presque toutes disparu. Ce n'est pas normal, ça. »

Fardeau

L'État a économisé des « sommes gigantesques », mais le fardeau est retombé sur l'enseignant « de plus en plus débordé », déplore le président du syndicat.

« Ils se sentent abandonnés, frustrés, en manque de services. Ils se rendent bien compte qu'ils sont incapables de tout faire. Au primaire, 33 % des professeurs prennent un allègement de tâche parce qu'ils n'arrivent pas à tout faire à temps plein. Donc, ils font du rattrapage de façon bénévole. Et souvent, ça ne suffit pas. »

L'élève en difficulté ne s'en sort pas mieux, dit M. Bédard. « Quand il n'est pas capable de suivre, il se compare aux autres et se sent dévalorisé. Il se décourage et se valorise ensuite avec de mauvais comportements. Bref, ça décuple les problèmes, comme le décrochage. Pendant ce temps, l'élève performant s'ennuie à mourir. »

« L'intégration peut être une bonne idée, mais pas à cette hauteur-là. Les enseignants veulent être capables de faire un travail honnête. »

Mémoires

À l'attention du ministre de l'Éducation, les représentants du SEHY ont dénoncé l'échec d'autres volets de la réforme : l'apprentissage par cycles, l'évaluation des compétences et les programmes peu adaptés. Ils suggèrent un tronc commun pour tous les élèves et des dossiers informatisés, comme en santé.

Le ministre a paru sensible aux récriminations. « S'il tient compte de tous les mémoires déposés, je donne la chance au coureur », dit Éric Bédard. Les consultations publiques culmineront avec une rencontre nationale en décembre.

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