Grogne chez les agriculteurs

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Un peu avant midi, la centaine de protestataires s'est fait entendre haut et fort à Cowansville.

Janick Marois

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Cowansville) « Paradis, ta réforme est pourrie ! », « Paradis, les bouffonneries, c'est fini ! » « On vit l'enfer avec Paradis ! » La grogne était palpable vendredi avant-midi, dans le stationnement du Domaine du Parc, à Cowansville. Plus d'une centaine d'agriculteurs de la Montérégie, de l'Estrie, du Centre-du-Québec et de Lanaudière y ont manifesté leur mécontentement face au projet de réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles, dont l'entrée en vigueur est prévue pour le 1er janvier prochain.

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« Nous, la terre, c'est notre gagne-pain. C'est notre outil de travail, a fait valoir Marcel Papin, président de l'UPA-Lanaudière. Chez nous, un compte de taxes, ça peut aller au-delà de 20 000 $. Imaginez une hausse comme celle-là, c'est énorme. »

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Pour le producteur agricole montérégien Jérémie Letellier, l'entrée en vigueur de la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles se traduira par une augmentation de taxes de 4000 $ en 2017, soit 47 % de son compte de taxes actuel.

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Pour bon nombre de producteurs agricoles, cette refonte pilotée par le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) et député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, pourrait se traduire par une hausse moyenne du compte de taxes municipale et scolaire pouvant atteindre jusqu'à 30 voire 40 %, alors que la facture a déjà explosé en raison de l'augmentation importante de la valeur des terres agricoles.

C'est que, selon la catégorie à laquelle ils appartiennent, ces agriculteurs verraient une partie de leur remboursement de taxes rester dans les coffres des municipalités.

« La réforme, j'ai de la misère à dire que c'est une réforme. Ce sont des modifications administratives à un programme pour en diminuer les coûts d'administration. Mais ce sont les producteurs qui vont accuser ces coûts-là », a dénoncé Marcel Groleau, président général de l'Union des producteurs agricoles.

« Nous, la terre, c'est notre gagne-pain. C'est notre outil de travail, a renchéri Marcel Papin, président de l'UPA-Lanaudière. Chez nous, un compte de taxes, ça peut aller au-delà de 20 000 $. Imaginez une hausse comme celle-là, c'est énorme. »

Désavantage compétitif

En Estrie, certaines fermes, plus petites, verront leur compte de taxes croître de 200 % à 400 % dans certains cas, a soutenu François Bourassa, le président de l'UPA-Estrie. 

Uniquement en Montérégie, la réforme pourrait coûter 8 millions de dollars de plus annuellement à quelque 7 000 producteurs de la région, a par ailleurs fait savoir le président de l'UPA-Montérégie, Christian St-Jacques.

Pour son premier vice-président, Jérémie Letellier, cela se traduira par une augmentation de taxes de 4000 $ en 2017, soit 47 % de son compte de taxes actuel. « J'ai payé en 2016 environ 8000 $ au net de taxes sur ma ferme, indique le producteur de Napierville. L'an prochain, toutes choses étant égales et sans modification de l'évaluation de mes terres, je vais débourser 12 000 $. »

À ses yeux, le système de taxation selon l'évaluation marchande d'une terre plutôt que sur sa valeur agronomique pénalise les producteurs agricoles québécois par rapport à leurs vis-à-vis de l'Ontario, de l'Ouest canadien, des États-Unis et de l'Europe. « Le programme nous impose un désavantage compétitif », note le vice-président.

Appel à la négociation

L'UPA exige de Québec qu'il reporte d'un an l'entrée en vigueur de la réforme afin de permettre la tenue de consultations avec les intervenants concernés. « On déplore de ne pas avoir été consultés. Le ministre n'a rien dit, il nous a dit "c'est de même à partir du 1er janvier", souligne M. Papin. On demande au MAPAQ de maintenir le programme tel qu'il est pendant un an pour nous laisser le temps de nous asseoir et de discuter. On est prêts à faire notre part, mais pas n'importe comment. »

Un peu avant midi, les protestataires ont parcouru la distance les séparant du bureau de circonscription de M. Paradis, rue du Sud. Un document expliquant l'impact réel pour 152 producteurs de la région a été remis à l'attachée politique du ministre. Si ce dernier n'était pas présent lors de l'événement, ses détracteurs n'ont pas manqué de s'adresser à une réplique cartonnée grandeur nature de l'homme politique. 

Au cours des prochaines semaines, les 15 syndicats locaux de l'UPA-Montérégie rencontreront les députés régionaux pour les sensibiliser à la problématique.

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