Anglais, arts et musique: Des Hautes-Rivières veut couper...

Les élèves de la commission scolaire des Hautes-Rivières... (David Boily, archives La Presse)

Agrandir

Les élèves de la commission scolaire des Hautes-Rivières pourraient faire moins d'heures d'anglais, d'arts plastiques et de musique à partir de septembre 2017.

David Boily, archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Le nombre d'heures consacrées à l'anglais, aux arts plastiques et à la musique au primaire sera revu à la baisse à la commission scolaire des Hautes-Rivières.

Tel que le veut la proposition présentée, la commission scolaire veut réduire la tâche des enseignants spécialistes afin que les titulaires - ceux avec qui les élèves passent le plus de temps - enseignent davantage les matières de base comme le français et les mathématiques.

Une mesure qui permettrait à des Hautes-Rivières d'économiser un million par année, estime le Syndicat de l'enseignement du Haut-Richelieu (SEHR), qui s'est prononcé contre. De 7 à 10 emplois de titulaires seraient supprimés. 

« Les enseignants sont tout à fait en désaccord, indique la présidente du SEHR, Jacinthe Côté. On a rencontré l'employeur pour soumettre d'autres propositions. Je reste en attente d'une réponse. »

Mme Côté voit difficilement comment les spécialistes pourront atteindre leurs objectifs pédagogiques si leur temps d'enseignement passe de 25 à 18 heures par année. Elle ajoute que le nombre de cours d'arts plastiques et de musique est déjà peu élevé. 

Il varie selon les établissements. À l'école du Petit Clocher de Saint-Georges-de-Clarenceville, il n'y a qu'un cours d'arts et un de musique par cycle. Le nombre de cours resterait le même, mais la durée des cycles passerait de six à 10 jours. 

« C'est insuffisant, dit Mélanie Martin, mère de quatre enfants et présidente du comité de parents. On se demande comment les projets d'arts, par exemple, seront menés à terme. C'est clair que les parents seront défavorables. » 

Frais en double

La commission scolaire ne cache pas que son intention est de réduire ses coûts à la rentrée 2017. En demandant aux professeurs d'enseigner 1230 minutes par semaine, comme le veut leur convention de travail, et non les 1208 minutes actuelles, elle évite de payer des « frais en double ».

« Ce sont des sommes qui ne vont pas en soutien aux élèves », dit Alain Camaraire, directeur du service des ressources éducatives aux jeunes et du transport scolaire. On veut que l'ensemble des enseignants respecte la moyenne de 1230 minutes. »

La modification proposée respecterait le régime pédagogique, ajoute-t-il, et la façon dont le titulaire utilisera son temps d'enseignement supplémentaire sera « propre à chaque milieu ».

Jacinthe Côté, du Syndicat des enseignants, espère en arriver à une solution moins radicale. « Je vais continuer d'espérer qu'on va trouver des moyens de sauver la pédagogie. »

... et inverser les horaires du primaire et du secondaire

Mesure moins controversée, des Hautes-Rivières souhaite aussi inverser les horaires de ses écoles primaires et secondaires afin que les élèves plus âgés bénéficient de davantage d'heures de sommeil.

Cette initiative fait suite à plusieurs études démontrant que les adolescents ont autant besoin de dormir que les plus jeunes, mais ont tendance à se coucher tard. Faire commencer le secondaire plus tard et le primaire plus tôt améliorerait la situation.

Les écoles d'Ange-Gardien, Rougemont, Saint-Césaire, Sainte-Brigide-d'Iberville et Saint-Paul-d'Abbotsford fonctionnent déjà de cette façon. Ailleurs en Montérégie-Centre, les classes commencent aux alentours de 9 h au primaire et de 8 h au secondaire.

« On veut favoriser les meilleures conditions d'étude pour les élèves, dit Alain Camaraire du service des ressources éducatives aux jeunes et du transport scolaire. En lui permettant d'arriver plus tard, l'adolescent arrive mieux disposé à l'école. Aux États-Unis, cette mesure a eu beaucoup d'impact sur les études et les saines habitudes de vie. »

Ajustements

L'ensemble du personnel de la commission scolaire y est favorable, dit M. Camaraire. Il reconnaît que des ajustements seront nécessaires, notamment pour le transport scolaire et les services de garde, « mais ça ne coûtera pas plus cher ».

La modification des horaires pose toutefois problème à une trentaine d'élèves inscrits à certains programmes de sport-études qui devront terminer de s'entraîner plus tard. Les commissaires des Hautes-Rivières doivent prendre position à leur prochaine assemblée publique, le 15 novembre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer