Négos entre Granby et ses policiers: rien ne va plus

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Les conseillers municipaux Joël Desmarais et Jocelyn Dupuis, ainsi que le maire Pascal Bonin affirment que le lien de confiance est brisé avec la Fraternité des policiers et policières de Granby à la suite de la dernière rencontre de négociations pour renouveler leur convention collective.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Rien ne va plus entre la Ville de Granby et la Fraternité des policiers et des policières de Granby à la suite de la dernière rencontre de négociations visant à renouveler leur convention collective.

« La confiance est brisée. Totalement brisée », a affirmé le maire Pascal Bonin lors d'un point de presse mardi, en compagnie des conseillers municipaux Jocelyn Dupuis et Joël Desmarais. 

La dernière convention collective des policiers, qui couvre les années 2010 à 2013, a été entérinée par un arbitre en septembre 2015. Ce processus avait coûté à la Ville 662 000 $ seulement en frais d'honoraires professionnels, a rappelé le conseiller Dupuis, président du comité des ressources humaines et finances. À la suite de cette décision, l'administration municipale s'est donné comme « mission », dit M. Dupuis, de signer une convention collective sans arbitrage pour les années 2014, 2015 et 2016. 

« Le syndicat nous a fait part de son mal de vivre au sein du service de police, qu'il ne se sent pas important et qu'il a une grande préoccupation au niveau de ses conditions de travail, particulièrement en ce qui a trait à la qualité de vie. Il voulait un cahier de projet de convention collective de la part de l'Employeur dans lequel il y aurait des modifications sur l'horaire de travail, la liberté syndicale, les congés sociaux, l'aménagement à l'intérieur du poste et du monétaire », énumère M. Dupuis, selon qui cette sortie publique représente un geste de transparence envers les 68 000 citoyens représentés par les élus.

La Ville avait fait savoir à la Fraternité qu'elle voulait une négociation courte et sans avocat pour éviter des coûts. Un cahier de projet de convention collective, qui comptait sept points, a été présenté lors d'une première rencontre entre les parties, le 12 mai. Une deuxième rencontre s'est tenue le 3 octobre. « Je suis presque mal à l'aise de dire que nous avions offert un cahier de projet de convention collective pour les années 2014, 2015 et 2016 ne contenant aucune demande de notre part. Nous ne faisions que donner, qu'améliorer leurs conditions de travail et ils ont tout de même quitté la table de négociations », dit Jocelyn Dupuis.

Le président de la Fraternité des policiers et... (Alain Dion, La Voix de l'Est) - image 2.0

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Le président de la Fraternité des policiers et policières de Granby, Frédéric Boulet, s'est dit surpris de la sortie publique des élus.

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Le ratio de la discorde

Le ratio des vacances fait l'objet de discorde entre les parties. À l'heure actuelle, une politique du service de police dicte le nombre d'employés pouvant être simultanément en vacances pendant l'été. Le syndicat souhaitait que ce ratio soit inclus dans la convention collective, ce que la Ville refuse. « Honnêtement, il y a un coût, affirme M. Dupuis. Si on l'intègre en 2017, il va se passer quoi ? Ils vont nous demander quoi ? Après ça, c'est acquis. »

« On leur en a donné six et demi. Il manquait une demie et sur ça, ils n'y vont pas. Ça ne faisait pas partie des enjeux primordiaux. C'était la qualité de vie des gens, les horaires de travail, le salaire. Quand ils ont eu tout ça, ils avaient encore d'autres besoins », renchérit le maire.

Faux, rétorque le président de la Fraternité des policiers et policières de Granby, Frédéric Boulet, rencontré mardi après-midi par La Voix de l'Est

Selon ce dernier, le ratio de vacances était le deuxième point en importance dès le départ. 

À la deuxième rencontre, la question est revenue sur le tapis. La réponse de la Ville a alors été « il n'en est pas question », rapporte M. Boulet. « Le ratio de vacances, c'est quoi ? C'est zéro sou pour le citoyen. Je ne demande pas des vacances supplémentaires, je demande que ce qui est inscrit dans une politique du service soit intégré dans la convention collective, comme tous les autres policiers au Québec. On est les seuls à ne pas l'avoir », clame-t-il.

Quel gain cela représenterait-il pour les policiers ? 

Question de principe, rétorque-t-il. « S'il est inclus dans une convention collective, s'il est modifié, ce sera dans le cadre d'une négociation d'une convention collective et non changé arbitrairement par la direction du service », affirme le président de la fraternité. 

Devant le refus de la Ville sur ce point, affirme M. Boulet, le processus accéléré de négociation ne tenait plus puisque les règles avaient été changées. Selon ce dernier, si les négociations sont au point mort depuis cette rencontre, c'est parce que la Ville a refait son cahier de projet de convention collective - cahier qui a été acheminé au syndicat mardi - et qu'elle n'était pas prête à poursuivre, et non parce que la Fraternité a quitté la table. 

Frédéric Boulet s'est par ailleurs dit surpris de la sortie publique des élus. « Je sens qu'on veut nous faire passer pour des méchants, dit-il. C'est un jeu d'égos et on ne comprend pas. (...) Ma question demeure. Pourquoi cracher sur une entente à en devenir alors qu'on acceptait le cadre financier pour quelque chose qui coûte zéro à la population ? »

Point de rupture

De leur côté, les élus ont fait connaître leur mécontentement. « Nous étions convaincus que nous réussirions à nous entendre. Nous avons fait des concessions. Nous voulions rétablir le climat de confiance avec eux. Quand on étire l'élastique un peu trop, il y a de fortes chances qu'il se détériore et qu'il brise. La Ville est rendue là, indique le conseiller Dupuis. Leurs conditions de travail ne doivent pas être aussi atroces qu'ils le laissent entendre car ils ont rejeté du revers de la main notre cahier. Ils ont refusé du monétaire, beaucoup d'améliorations de leur qualité de vie dont de nouveaux horaires de travail, seulement parce que nous ne voulions pas inclure le ratio de vacances dans la convention qui se termine le mois prochain. »

À partir de maintenant, seul le comité de négociation patronale sera le porte-parole des négociations avec la fraternité. « On s'est assis avec une volonté très forte de vouloir signer et pour une stupidité, ils se sont levés. C'est un point de non-retour, clame le maire. Si on veut régler le problème, les membres vont peut-être devoir remettre en question leur syndicat. On n'en sortira jamais. »

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