Quitter la RARCE sera difficile, préviennent Quinlan et Fauteux

La Ville de Granby ne pourra quitter la... (Alain Dion, archives La Voix de l'Est)

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La Ville de Granby ne pourra quitter la RARCE facilement. Outre des questions légales à débattre, le partage des actifs s'annonce compliqué.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Bromont) La Ville de Granby ne peut quitter la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l'Est en claquant des doigts. Des questions juridiques doivent être éclaircies avant qu'elle soit libérée de ses responsabilités, préviennent les maires de Bromont et de Cowansville. Ils appellent le maire Pascal Bonin à revoir sa décision.

« Ils ne peuvent pas s'en aller comme ça. Il y a un volet légal à regarder là-dedans », soutient Pauline Quinlan­. La mairesse de Bromont rappelle que les trois municipalités ainsi que les gouvernements provincial et fédéral ont investi des sommes importantes depuis 40 ans dans les installations aéroportuaires. Comment départager tout ça ? demande-t-elle en substance.

« On ne sait même pas combien ça vaut », fait remarquer Arthur Fauteux. Chose certaine, assure le maire de Cowansville, pas question que sa ville rachète une part des actions de Granby. Il déplore que la ville centre cherche à se pousser de la sorte. « Les trois villes ont essayé quelque chose, de bonne foi, en espérant que ça fonctionne. Et là, une d'elles veut ravoir son argent. Je ne pense pas que ça marche comme ça. Quand on fait du développement, ça ne marche pas toujours comme on veut, sinon on serait tous riches. Il y a des risques associés au développement. »

Les deux maires se sont dits déçus du refus du conseil municipal de Granby lundi d'endosser un prêt de 300 000 $ de la RARCE. L'organisme souhaite acquérir un terrain de la compagnie IBM. Le terrain sera utilisé pour attirer des entreprises du domaine aéronautique pour offrir des services. Ce projet s'inscrit dans le plan d'affaires de l'organisme pour se développer. L'accord des trois villes propriétaires est nécessaire pour endosser le prêt. Les villes de Bromont et de Cowansville ont déjà donné leur imprimatur. 

Les trois villes propriétaires allongent chacune 96 000 $ par année pour éponger le déficit d'opération de l'aéroport, reconnaît M. Fauteux. Il fait toutefois remarquer que la RARCE ne demande pas plus d'argent pour son projet, mais que les villes l'autorisent à emprunter les 300 000 $. « On n'a pas d'argent à sortir. Ils nous demandent de leur donner des moyens de se développer pour devenir autonomes (financièrement). »

Les deux magistrats auraient aimé que M. Bonin les avise de ses intentions avant de les annoncer publiquement. « Il y a des façons de faire avant d'annoncer des décisions comme celle-là. Cela aurait été préférable qu'on s'en parle avant », a dit M. Fauteux.

« Il va falloir que M. Bonin accepte de nous en parler. Après, on va aviser », a dit Mme Quinlan sur la suite des choses.

Appel aux gens d'affaires 

Les gens d'affaires et les industriels qui utilisent les installations de la RARCE ou grâce à qui ils peuvent faire des affaires doivent se manifester pour promouvoir l'aéroport, croit Mme Quinlan. Elle lance un appel particulier aux gens de Granby. « Granby met 100 000 $ dans l'aéroport. Ce n'est pas grand-chose quand on regarde la richesse foncière industrielle de la Ville. Il est clair pour moi que Granby, pas juste Bromont et Cowansville, bénéficie aussi de l'aéroport. »

Les sept lots qui composent les 103 hectares de l'aéroport et les bâtiments que possède la RARCE sont évalués à 3 967 000 $, selon l'évaluation foncière 2016 de la Ville de Bromont.

Impacts incalculables

Il est presque impossible de calculer les impacts économiques d'un aéroport régional, concède Robert Blais, directeur général de la RARCE. L'organisme paramunicipal dispose de peu d'informations sur la provenance des appareils qui se posent sur sa piste ainsi que sur les raisons qui amènent ces pilotes et passagers dans la région.

La direction de la RARCE essaie de colliger ce genre d'informations, mais les utilisateurs « sont avares des commentaires », souligne M. Blais. « On a des avions d'affaires qui viennent chaque semaine. Mais on ne sait pas où les passagers vont. On sait que c'est en lien avec des entreprises du coin. Avant l'annonce du gros contrat de Fabritec, on a eu des gens de Home Hardware qui sont venus visiter l'usine. On a aussi accueilli plus d'avions d'affaires que d'habitude l'année dernière juste avant une grosse annonce chez IBM. »

En 2011, la direction de la RARCE a recensé tous les matricules des appareils qui ont utilisé la piste d'atterrissage. Plus de 15 000 mouvements (atterrissages et décollages) ont eu lieu : 7000 en lien avec des cours de pilotage ; 5000 ont été effectués par les cadets (pilotage et planeurs), 400 en lien avec des hélicoptères, 150 avec des avions d'affaires, 200 avec des bimoteurs.

Beaucoup de données ont été analysées, mais pas assez pour dresser un fidèle portrait des utilisateurs. Une telle analyse serait pertinente pour convaincre les indécis de la pertinence d'investir dans un aéroport régional, reconnaît M. Blais. Encore faut-il que les gens soient de bonne foi, a-t-il ajouté, une flèche aux élus de la Ville de Granby opposés à l'injection de fonds municipaux dans une telle infrastructure.

« L'erreur qu'ils font, c'est d'évaluer tout ça comme si c'était un stand de patates frites et que la seule ligne qui les intéresse c'est la dernière, celle des profits. »

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