Ferme Miner: la Ville dit non à une aide financière

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La Ville de Granby a refusé de donner suite à une demande d'aide financière déposée par la Ferme Héritage Miner. La décision a cependant divisé les conseillers municipaux.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) La Ville de Granby a refusé de donner suite à une demande d'aide financière déposée par la Ferme Héritage Miner (FHM). Une décision qui n'a toutefois pas fait l'unanimité chez les élus, lundi, à la séance ordinaire du conseil.

La FHM souhaitait recevoir une aide de 125 000 $ maximum par année durant deux ans. Si Michel Mailhot, Jean-Luc Nappert et Julie Bourdon étaient d'accord avec cette demande, Robert Vincent, Joël Desmarais­, Stéphane Giard, Jocelyn Dupuis, Denyse Tremblay et Éric Duchesneau s'y sont opposés­. Robert Riel était absent. 

« L'entente de cinq ans de soutien conclue avec le Zoo de Granby se termine cette année. La FHM se doit de trouver un partenaire qui lui apportera un support financier pour les 24 prochains mois d'opérations. Cette période cruciale sera utilisée pour continuer à développer les activités lucratives récurrentes », a fait valoir la présidente du C.A. de la Ferme, Manon St-Louis, dans une lettre adressée à la Ville, dont les médias ont obtenu copie. 

Selon Mme St-Louis, la ferme est sur la bonne voie. Une amélioration de la rentabilité est observée. Les pertes, avant subventions, étaient de 208 475 $ au 31 août 2015, alors qu'elles s'établissaient à 124 568 $ au 31 août 2016, note la présidente.

Représentante de la Ville au conseil d'administration à titre d'observatrice, la conseillère municipale Denyse Tremblay a toutefois dit avoir passé au peigne fin la documentation de la Ferme. « En 2009, quand ça a commencé, il a toujours été question d'une billetterie à l'entrée. Il n'y en a jamais eu. Et l'argent n'a jamais rentré. (...) S'ils ont eu de si bonnes idées, ils peuvent organiser des levées de fonds », a entre autres fait valoir Mme Tremblay.

Atout

Le conseiller Jean-Luc Nappert est un de ceux qui ne partagent pas son opinion. Selon lui, la FHM ne doit pas être perçue comme une dépense, mais « comme un investissement ». « C'est un atout supplémentaire à l'offre touristique », fait-il valoir. Aujourd'hui, les actifs de la Ferme, propriété de la Ville, valent  1,5 million $, contrairement à 251 000 $ en 2010, note le conseiller.  

Aux yeux de M. Nappert, la FHM est un projet original qui permet de mettre en valeur une ferme ayant appartenu à une famille de bâtisseurs de la Ville, les Miner. « Ça a une valeur historique, patrimoniale, éducative. C'est un plus pour le patrimoine agricole. On lui a aussi donné le mandat de gérer la réserve naturelle­ qui est le boisé Miner », dit-il. 

Son homologue Julie Bourdon, a renchéri en soulignant que la FHM est reconnue au Québec comme une « entreprise d'économie sociale qui s'est élevée au-dessus des rangs ».

Le conseiller Robert Vincent, est cependant d'avis que la Ville a déjà « donné pas mal ». Depuis 2010, la Ville a fourni 708 786 $ en argent et en services. « On a laissé la chance aux coureurs », lance-t-il. 

« Depuis le départ de ce projet-là, comme conseiller municipal, ce qui m'avait accroché, c'est que le plan d'affaires me semblait très laborieux et je pense que le temps a donné raison à ce plan qui n'était pas bien fait », a pour sa part commenté le maire Pascal Bonin, soulignant néanmoins les efforts de redressement effectués par la présidente du conseil d'administration, Manon St-Louis, depuis son arrivée en poste. 

« Il y a eu une demande et elle a été refusée. Mais là, on va retrousser nos manches et voir dans la population comment cet organisme-là est soutenu et si elle veut le faire vivre plus. Ça va être ça, la réalité des choses », a conclu Pascal Bonin.

La présidente du C.A. de la Ferme Héritage... (Janick Marois, archives La Voix de l'Est) - image 2.0

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La présidente du C.A. de la Ferme Héritage Miner, Manon St-Louis

Janick Marois, archives La Voix de l'Est

La présidente du C.A. déçue

La présidente du C.A. de la Ferme Héritage Miner, Manon St-Louis, est déçue de la tournure des événements. Elle dit néanmoins espérer que le dialogue ne soit pas rompu avec les représentants de la Ville. 

Selon elle, les membres du C.A. de l'organisme sans but lucratif devraient se rencontrer prochainement pour discuter du refus des élus de donner leur aval à la demande d'aide financière. 

Mme St-Louis affirme trouver « désolant » que la conseillère Denyse Tremblay ait relevé l'inexistence d'une billetterie, alors qu'il en est fait mention dans le plan d'affaires. « On a fait un essai en 2014 et les gens ont mal réagi. Ça a amené l'organisme à se questionner à savoir si on est prêts pour une billetterie. Est-ce qu'on a quelque chose à offrir, là, que les gens veulent voir ? »

L'exemple de la billetterie du Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin a été donné lors de la séance du conseil municipal. Mais le CINLB existe depuis plus de 35 ans et la billetterie n'est en place que depuis quelques années. Et l'accès demeure gratuit pour les Granbyens-, fait-elle valoir. 

Aussi, elle affirme que l'aide financière demandée devait se décliner par tranches de 25 000 $ et atteindre un maximum de 125 000 $ par année. « Si on n'en a pas besoin pour fonctionner, on ne l'utilise pas. Ce n'est pas pour faire des surplus. C'est pour couvrir nos opérations.. », 

Manon St-Louis relève en outre que le C.A. a les mains liées, car, comme la FHM n'est pas propriétaire du site, elle ne peut pas emprunter, faute de garantie réelle à offrir en contrepartie.

Elle rappelle qu'il n'y a environ que trois ans que la FHM a véritablement lancé ses opérations. Depuis cette période, des camps de jour ont été mis en place durant la saison estivale. La boutique a ouvert ses portes. Des ateliers et activités, comme les thés à l'anglaise et le marché public hivernal, sont organisés de façon récurrente. Un service de restauration est aussi offert depuis quelques mois. La location de salles connaît aussi un bon succès. Bref, plusieurs mesures sont mises en place pour atteindre l'autonomie financière.

D'ici à ce que le C.A. se prononce sur un plan de match, la vie continue malgré tout à la ferme. « On va avoir notre boutique de Noël. Elle est prête. On a plein de réservations pour le temps des Fêtes (...) Mais on a un manque à gagner d'opération qu'on n'est pas capables de financer parce que les actifs ne nous appartiennent pas », conclut Mme St-Louis.

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