Granby ne veut plus investir dans l'aéroport Roland-Désourdy

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La Ville de Granby n'a pas l'intention de renouveler l'entente quinquennale de la RARCE qui vient à échéance en 2018, a affirmé le maire Pascal Bonin.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) La Ville de Granby veut se retirer de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l'Est (RARCE). Le maire Pascal Bonin a fait cette déclaration lundi soir, alors qu'une majorité d'élus ont refusé de donner leur aval à un règlement d'emprunt de 300 000 $ qui permettrait à l'aéroport Roland-Désourdy de réaliser un projet de développement.

Seuls les conseillers municipaux Jean-Luc Nappert, Éric Duchesneau et Michel Mailhot se sont opposés à cette décision, lors de la séance du conseil municipal. 

« Il faut être cohérents avec ce qu'on a demandé aux gens de la RARCE. La dernière fois qu'on a renouvelé notre contrat avec eux, on leur a dit : montrez-nous ce que vous pouvez faire pour améliorer la situation. Ils nous demandent l'autorisation pour faire un emprunt pour essayer de se rendre plus rentables. On n'a pas un sou à sortir. Il faut au moins les aider à se replacer un petit peu », a entre autres plaidé M. Mailhot. 

La RARCE souhaite acquérir un vaste terrain adjacent à ses installations, actuellement la propriété d'IBM, afin d'inciter de nouvelles entreprises du secteur aéronautique à s'y implanter. L'ajout de hangars est aussi dans les cartons. 

À ce jour, les deux autres villes membres de la RARCE, Bromont et Cowansville, ont d'ailleurs donné le feu vert à cette demande. Mais Granby ne partage pas leur opinion. 

Gouffre financier

« Je suis en désaccord de dire qu'on va sauver l'aéroport en soutenant un emprunt de 300 000 $ », a pour sa part lancé le conseiller municipal Robert Vincent, ex-président­ de la RARCE. 

Selon lui, la RARCE aurait récemment découvert que trois terrains, dont elle est déjà propriétaire, pourraient être vendus. « Commençons par vendre ce qu'on a. (...) Qu'on nous amène des gens qui sont prêts à être à l'aéroport de Bromont. Amenez un bail pour les 10 prochaines années et on va être prêts à en construire des hangars. Mais personne n'a levé la main pour dire ça », a ajouté M. Vincent, allant même jusqu'à qualifier l'aéroport­ de « gouffre financier ». 

Selon Pascal Bonin, la Ville de Granby a injecté « plus de 3 millions $ dans l'aéroport depuis les 25 dernières années ». « Ça fait 25 ans qu'on parle de vols commerciaux. Il n'y a rien qui a décollé­ », a-t-il lancé. 

Dans les circonstances, selon le maire, c'est « une évidence » que Granby ne renouvellera pas l'entente de la RARCE, qui vient à échéance en 2018. Granby verse 96 000 $ par année dans le cadre de cette entente.

« On ne veut pas partir dans la chicane. Tant mieux s'il y en a qui ont ce rêve-là de l'aéroport. Mais nos parts sont disponibles. Et les autres villes pourront les acheter. On ne veut pas nuire à l'aéroport s'il veut se développer. Mais on ne peut pas subventionner 100 000 $ par année pour vendre du gaz d'avion. (...) L'aéroport a eu 25 ans pour faire lever le transport aérien. Et il n'a pas réussi », estime Pascal Bonin. 

La position de la Ville de Granby n'est pas nouvelle. Déjà, en 2013, lors du renouvellement de l'entente de cinq ans qui lie les trois villes propriétaires de l'aéroport, la question avait divisé les élus. 

À la défense

Présent à la séance du conseil municipal de Granby, un ancien directeur de l'aéroport, Gaétan Gagnon, a bien tenté de défendre l'installation régionale. Mais en vain. Le ton a même monté avec le maire Bonin lors de son intervention.

Selon M. Gagnon, d'autres villes comme Drummondville, Sherbrooke­ et Trois-Rivières, par exemple, appuient pourtant leur aéroport régional respectif. « Allez-vous demander à votre communauté économique si elle approuve votre décision ? », s'est-il enquis. 

« Ça, c'est l'argument qu'on nous a servi pendant 25 ans : on ne peut pas dire non à l'aéroport, nos industries vont s'écrouler. Mais demain matin, regardez bien ça : il n'y a rien qui va bouger. Ça n'affectera rien pantoute », a déclaré le maire Bonin.

« Le conseil municipal a dit non. Ça finit là. Rien n'empêche quelqu'un qui veut prendre l'avion d'aller à Montréal. La marchandise transite pas mal plus par Montréal que par l'aéroport de Bromont », a-t-il également laissé tomber.

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