Koriass, rappeur et féministe

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Le rappeur Koriass s'est attaqué à plusieurs sujets dont la culture du viol, la notion de consentement, les agressions sur les campus et l'égalité homme-femme.

Catherine Trudeau

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(Granby) Le rappeur Koriass appelle à une meilleure éducation des garçons en vue d'un plus grand respect des femmes.

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« Tout ce qu'il promeut fait partie de notre cheval de bataille. Nous sommes heureuses que des jeunes de la région se soient mobilisés pour permettre cette conférence », affirme l'intervenante du CALACS Sophie Labrie.

Catherine Trudeau

Le rappeur, qui a fait son coming-out « féministe » avec son texte « Natural Born Féministe » publié sur le site Urbania, s'est attaqué sans détour à plusieurs sujets, en conférence samedi à Granby. Parmi ceux-ci, la culture du viol, la notion de consentement, les agressions sur les campus et l'égalité- homme femme.

« Je fais partie d'un groupe sélect, où on te donne une carte privilège dès ta naissance, parce que je suis un gars, lance d'emblée à l'assistance Emmanuel Dubois, plus connu sous le nom de Koriass. Quand t'es un gars, t'as des avantages que les filles ne connaîtront jamais. »

Car les hommes sont avantagés sur de nombreux plans par rapport aux femmes, soulignera-t-il, y allant de plusieurs statistiques, sans toutefois en préciser la source. « Les hommes sont payés en moyenne 25 % plus cher que les femmes, à capacités égales. Les femmes s'absentent plus pour des congés parentaux que les hommes. Elles sont sous-représentées sur les politiques, médiatiques, culturelles et sportives. »

À l'Escale, près de 70 personnes, dont plusieurs hommes et adolescents, sont suspendues aux lèvres du conférencier.

Le rappeur pourfend la culture du viol, affirmant que la société rejette le blâme sur la victime. « On banalise des gestes graves en mettant la faute sur la victime, en critiquant son attitude ou son habillement. Mais on oublie une chose : la seule faute revient uniquement à l'agresseur. »

Le cas de Brock Turner

Dans la foulée, il rappelle le cas de l'athlète américain Brock Turner, qui avait violemment agressé une fille inconsciente. Il n'a écopé que de six mois de détention, car une longue condamnation aurait eu « un impact sur son futur prometteur ».

« Voyons donc, c'est dégueulasse, s'insurge le rappeur. On met en priorité l'agresseur, alors que la victime portera les séquelles de cet acte toute sa vie ! »

« Sans oui, c'est un non. Ce n'est pas parce que la fille ne dit pas un mot qu'elle est d'accord, les gars. Ça prend un consentement clair », ajoute-t-il, en racontant comment sa propre copine a subi une agression il y a de nombreuses années.

« Elle s'est culpabilisée longtemps par rapport à ça. J'ai été le premier à qui elle en a parlé... »

La venue du rappeur a réjoui le CALACS (Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) de Granby.

« Tout ce qu'il promeut fait partie de notre cheval de bataille. Nous sommes heureuses que des jeunes de la région se soient mobilisés pour permettre cette conférence », affirme Sophie Labrie, responsable des communications au CALACS.

Des intervenantes se trouvaient en retrait au cas où les paroles de Koriass réveilleraient de douloureux souvenirs chez des personnes dans la salle.

Éducation des garçons

Selon Emmanuel Dubois, « des mentalités rétrogrades et désuètes pourraient être éradiquées en éduquant les garçons à un plus grand respect des femmes ».

« Ça réglerait le problème à sa source ! Si on enlevait de notre vocabulaire des choses comme "tu lances comme une fille" ou tout ce qui rabaisse les femmes, ce serait un bon départ. L'éducation, ça part de la maison », croit-il, réclamant au passage un retour des cours d'éducation sexuelle à l'école primaire.

Il estime que la culture nord-américaine montre aux garçons qu'ils se doivent d'être forts et dominants. « Il n'y a pas qu'un seul modèle masculin. Ça a le droit d'être sensible, un gars. »

« C'est pourquoi j'ai déchiré ma carte privilège, affirme-t-il. Parce que les privilèges d'un groupe se font souvent au détriment d'un autre. »

En plus de sa conférence, Koriass a offert une prestation samedi soir à l'Escale devant un public de plus de 150 personnes.

Celui qui a récemment remporté le Félix de l'album hip-hop de l'année avec Love Suprême a été énergique-, comme à son habitude. En première partie, deux rappeurs de la relève granbyenne ont performé : Sistaa et Dirty.

Quelques statistiques citées par Koriass...

- De 15 à 25 % des étudiantes universitaires subiront une agression au cours de leurs études.

- Sur 1000 agressions, 100 sont rapportées. Trente iront devant les tribunaux et seulement 10 agresseurs seront jugés pour leurs actes.

- Dix-sept pour cent des garçons subiront une agression sexuelle au cours de leur vie. Trois pour cent d'entre eux seront adultes.

- Huit femmes sur 10 connaissent leur agresseur.

- De 25 % à 45 % des femmes recevront au cours de leur vie une photo à caractère sexuel non désirée.

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