Faire la lumière sur une « crise sans précédent »

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Le député de Granby espère que l'enquête publique donnera des résultats et qu'on ne tentera pas d'y noyer le poisson.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) « Extrêmement préoccupant et troublant ». C'est en ces mots que François Bonnardel, député caquiste de Granby, décrit la crise qui secoue actuellement l'industrie médiatique, les corps policiers et la classe politique, alors que des révélations sur la surveillance de journalistes ne cessent de se multiplier.

L'élu ne mâche pas ses mots. Il qualifie le scandale de surveillance des journalistes de « crise sans précédent ». « C'est assez rare que la présidence (de l'Assemblée nationale) donne son aval à un débat d'urgence, explique-t-il. Il faut vraiment que la situation soit exceptionnelle, et on (traverse) une crise que jamais on n'aurait pu imaginer dans une société comme la nôtre. »

« On pourrait imaginer ce genre de situation dans un ancien pays du bloc de l'Est, mais ici, au Québec, on ne peut pas (concevoir) que les journalistes soient espionnés pour du travail d'enquête », renchérit-il, croyant que les révélations actuelles ne sont « que la pointe de l'iceberg ».

Un quatrième pouvoir essentiel

Selon M. Bonnardel, les élus comprennent tous le rôle primordial des journalistes, ce qui peut expliquer en partie la mobilisation rapide de l'Assemblée nationale. « Les journalistes ont besoin de nous, et nous, on a besoin d'eux pour relayer les positions et propositions politiques que nous faisons », relève-t-il.

« Comme parti d'opposition, on essaie de débusquer des choses à gauche et à droite, mais on ne peut pas accomplir tout ce que le journalisme d'enquête fait, ajoute-t-il. Sans le travail (des médias), on n'aurait jamais eu la Commission Charbonneau ou la Commission Gomery. »

En outre, « le quatrième pouvoir est essentiel à la démocratie », rappelle le leader parlementaire du deuxième groupe d'opposition, et c'est pourquoi il importe de protéger les sonneurs d'alerte. « Protéger les sources journalistiques, c'est l'essence même de toute cette problématique. Sans sources, pas d'information, ou presque », laisse-t-il tomber.

Enquête

Les ministres Stéphanie Vallée et Martin Coiteux ont annoncé jeudi la tenue d'une commission d'enquête publique sur le sujet. Outre la Coalition avenir Québec, rappelons que depuis lundi, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et un groupe de 14 juristes réunis par la clinique Juripop réclamaient eux aussi une telle mesure pour faire la lumière sur l'espionnage de journalistes par différents corps policiers.

Le député de Granby espère que l'enquête donnera des résultats et qu'on ne tentera pas d'y noyer le poisson. « J'espère qu'au cours de cette enquête publique, et j'insiste sur le mot publique, on ne baignera pas dans des ordonnances de non-publication ou dans des huis clos, indique M. Bonnardel. Il faut faire la lumière là-dessus et j'espère qu'on saura donner toute l'information, pas seulement aux politiques, mais aussi à la population. »

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