Pas de clinique de vaccination dans les résidences privées pour aînés

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Les résidences privées de la région ne pourront pas avoir leur clinique de vaccination sur place pour leurs résidents capables de se déplacer.

Alain Dion

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Les résidences privées pour aînés de la région n'auront pas droit à leur clinique de vaccination contre la grippe cette année, contrairement aux derniers automnes. Une décision du CIUSSS de l'Estrie que déplorent des résidents et même des employés.

Habituellement, les résidences reçoivent les dates de vaccination en septembre et le personnel doit fournir une liste des résidents qui désirent recevoir le vaccin. Une clinique se déplace alors et offre quelques heures pour vacciner tous les volontaires.

Cette année, l'appel est arrivé vers la mi-octobre, rapporte une employée d'une résidence privée de Granby, qui souhaite conserver l'anonymat. La semaine dernière, un deuxième appel annonçait un changement dans la façon de fonctionner. Le vaccin sera donné sur place uniquement aux résidents non ambulatoires, c'est-à-dire incapables de se déplacer.

« Ce que je me suis fait expliquer, c'est que cette année ce sont les soins à domicile qui ont reçu le mandat de la vaccination en résidences en plus de leurs clients réguliers. Ils ont regardé ça, ont commencé à demander les listes des résidences et quand ils ont vu l'ampleur des listes, ils ont vu qu'ils n'y arriveraient pas, a-t-elle appris dernièrement. Les seules personnes à qui on va donner la vaccination directement à la résidence, ce sont les gens qui vont cadrer avec les critères du soutien à domicile. »

Un impact sur l'accessibilité

La résidence privée pour laquelle l'employée travaille a une centaine de noms, en temps normal, sur la liste pour la vaccination. Toutefois, seulement une quinzaine se qualifient pour avoir droit au vaccin à la résidence.

Ces résidences s'adressent aux personnes autonomes et semi-autonomes, les patients non ambulatoires habitant généralement dans un CHSLD. Il en revient à dire que pratiquement toute la clientèle des résidences privées est exclue, déplore l'employée. 

« Ce sont des démarches qui diminuent l'accès au vaccin. J'en ai qui m'ont dit qu'ils n'iraient pas au vaccin. Cette accessibilité-là est importante. Je trouve qu'on a manqué d'imagination là dedans. »

Un aîné vivant dans une grande résidence privée à Granby a par ailleurs contacté La Voix de l'Est pour dénoncer la situation. Lui-même a confié qu'il n'irait pas au centre de vaccination aux Galeries de Granby, où il faut prendre rendez-vous, même s'il est considéré comme ambulatoire. 

À la recherche d'une solution

Des solutions ont été proposées, comme d'organiser une navette avec tous les résidents pour se rendre au centre de vaccination, mais comme il faut un rendez-vous et qu'il n'est pas possible d'organiser une journée uniquement pour les résidences privées, cette alternative n'est pas viable.

« Je parle de trouver une solution pour continuer de donner un service à la population, reprend l'employée. Ce que je vois, c'est qu'il va y avoir moins de gens vaccinés, plus de personnes âgées qui attrapent la grippe, plus de congés de maladie dans le personnel, etc. Si on rend la vaccination moins accessible, c'est sûr qu'il va y avoir une incidence quelque part. »

Le directeur de la Résidence Soleil de Granby, Jean-Yves Bergeron, confirme qu'il y avait une clinique de vaccination sur place, au moins depuis 2008, année où il est entré en poste. 

« Je prends action et je m'arrange pour trouver des solutions pour la sécurité des résidents pour qu'ils puissent avoir accès à la vaccination. On est en train de voir avec le CIUSSS certaines pistes qu'on peut avoir », a-t-il commenté.

Harmonisation des réseaux locaux

Pour le CIUSSS de l'Estrie, il s'agit d'une affaire d'harmonisation entre tous les réseaux locaux du nouveau territoire de santé et d'utilisation des effectifs à bon escient. 

« Ce qu'on fait pour les résidences pour aînés, c'est qu'on vaccine nos patients connus, qu'on aide déjà avec le soutien à domicile, et les personnes à mobilité réduite, explique Annie-Andrée Émond, coordonnatrice des communications. Les autres personnes qui sont mobiles, on leur demande effectivement de se rendre aux centres de vaccination réguliers. »

Si une personne est capable de faire ses emplettes, d'aller chez la coiffeuse et à la caisse, elle est capable de se rendre dans un centre de vaccination, ajoute-t-elle. « L'endroit le plus efficient pour envoyer les ressources, c'est vraiment dans les centres de vaccination de masse parce qu'on arrive à offrir un service rapide et efficace à la population. On fait une utilisation beaucoup plus judicieuse de nos ressources en les centralisant dans un lieu où ils peuvent en faire beaucoup plus. »

La nécessité d'harmoniser est venue à la suite de la création en 2015 des CISSS au Québec, dont le CIUSSS de l'Estrie, qui regroupe la Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi. « Il y avait des pratiques qui étaient différentes dans les réseaux locaux de service. Il y a des endroits où il y avait des journées dédiées, d'autres non. Dans un contexte de regroupement de l'organisation, on essaie d'harmoniser les services pour que ce soit équitable partout sur le territoire », ajoute Mme Émond.

Les résidences qui emploient leurs propres infirmières pourront offrir le service comme à l'habitude et ne sont pas affectées par la décision.

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