Nouvelle ligne électrique à Bromont: Hydro-Québec tranche

La future ligne électrique d'Hydro-Québec passera par les... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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La future ligne électrique d'Hydro-Québec passera par les chemins de Gaspé et de Magog.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Hydro-Québec a décidé du tracé pour la nouvelle ligne électrique dans le secteur du lac Bromont. Le circuit triphasé sera implanté en bordure des chemins de Magog et de Gaspé jusqu'à l'intersection de la rue Frontenac. La Ville en a informé les citoyens via son site internet, vendredi.

Bien que la décision incombe à Hydro-Québec dans le dossier, la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan estime que la société d'État a fait un choix « logique » dans les circonstances. « Dans le chemin de Magog, il y a des terrains en zone blanche qui pourraient être lotis, [alors] il devrait y avoir une ligne électrique de toute façon. Étant donné que, sur de Gaspé, un tronçon est commun [avec de Magog] jusqu'à Miltimore, c'est un choix que l'on peut comprendre », a-t-elle indiqué à La Voix de l'Est.

De son côté, le conseiller municipal du district concerné (lac Bromont), Louis Villeneuve, ne cachait pas sa déception. « Je ne suis vraiment pas d'accord avec cette décision. Je pense qu'on va endommager sérieusement certains de nos derniers grands chemins panoramiques à Bromont, a-t-il fait valoir. J'ai voté contre la résolution parce que je n'étais pas en faveur des tracés proposés, mais surtout parce que la ligne électrique n'a pas sa raison d'être en bordure de ces routes magnifiques. Jamais les gens d'Hydro-Québec n'ont fait la preuve hors de tout doute que c'était le seul endroit où ils pouvaient passer. »

En fait, le projet émane de la construction du nouveau poste d'Adamsville. De multiples modifications au réseau de distribution sont prévues, notamment le remplacement du circuit existant par des équipements triphasés (trois fils), érigés en bordure de la route. Hydro-Québec avait au départ proposé quatre tracés. 

La société d'État avait tenu une consultation publique sur le sujet, le 14 juillet à l'hôtel de ville de Bromont. Les citoyens présents avaient manifesté leur mécontentement, principalement en raison du déboisement et de la pollution visuelle qu'engendre l'implantation de telles lignes électriques. Puis, lors de la séance du conseil de septembre, les élus ont résolu « que la Ville ne privilégie aucun des tracés, mais qu'elle exige que les considérations liées aux routes champêtres ou composantes biophysiques et aux impacts du lac Bromont soient intégrées dans le tracé retenu ». 

L'élu représentant les citoyens du district 2 avait alors marqué sa dissidence en s'opposant symboliquement à cette résolution. « La ligne triphasée n'est pas une option, mais une nécessité. Maintenant, la question est : où doit-elle passer ? Dans un environnement naturel comme celui de Bromont, j'admets que c'est tout un défi pour Hydro-Québec », avait-il concédé.

Craintes

Un important projet de restauration, piloté par Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB) est dans les cartons pour le lac Bromont. Un procédé révolutionnaire nommé Phoslock est au coeur de cette initiative, qui amorce la dernière ligne droite avant que Québec donne son aval.

Or, l'implantation de la nouvelle ligne électrique pourrait accroître l'apport en sédiments dans le plan d'eau, estime l'organisation environnementale. « Considérant le déroulement du dossier en regard du choix du tracé d'Hydro-Québec secteur lac Bromont, l'ACBVLB réitère ses craintes quant aux répercussions que pourraient avoir le tracé en regard de l'environnement et des risques de nouveaux apports en sédiments au lac Bromont », peut-on lire dans une lettre envoyée à Richard Joyal, directeur général intérimaire de Bromont, par Michelle Champagne de l'ACBVLB. La missive est datée du 24 octobre.

« Malheureusement, on est devant ce qui était écrit dans le ciel, a commenté Mme Champagne, vendredi, tout juste après que le tracé retenu par la société d'État soit dévoilé par la municipalité. C'est évident qu'on est déçus. La Ville investit de l'argent pour réduire les apports en sédiments au lac et, de l'autre côté, on voit Hydro-Québec qui choisit le pire scénario pour potentiellement les accroître. Le pire, c'est qu'on a en quelque sorte les mains liées dans tout ça », se désole-t-elle.

Le Groupe Desfor, une firme spécialisée en foresterie et en environnement, a été mandaté par la Ville pour suivre de près les travaux menés par la société d'État. Selon Mme Quinlan, Hydro-Québec devrait lancer les travaux d'arpentage cet automne. La construction de la nouvelle ligne pourrait commencer dès le printemps prochain.

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