Service partagé de compétences dans trois CPE de la région

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Chantal Pelletier, Annie Laplante et Lise Mercier, directrices générales des CPE formant le tout premier Service partagé de compétences.

Marie-Ève Martel

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Hyacinthe) C'est ce qu'on appelle joindre l'utile à l'agréable. Trois centres de la petite enfance (CPE) de la Montérégie innovent en alliant leurs forces, formant le tout premier Service partagé de compétences (SPC), coordonné par l'Agence de développement des compétences en petite enfance (ADCPE).

À eux trois, le CPE Mamie-Pom de Saint-Césaire, le CPE Les Frimousses de la Vallée de McMasterville et le CPE maFAMIgarde de Saint-Hyacinthe comptent 103 employés et accueillent 417 enfants. Ce faisant, leurs besoins évoluent constamment, rappelle Élise Couture, directrice générale de l'ADCPE. Le Service partagé de compétences offrira donc la souplesse nécessaire aux CPE participants pour s'adapter à cette mouvance, leur permettant de mieux s'acquitter de leur mission.

Plus précisément, le service est fondé sur la complémentarité des compétences des trois partenaires. Ainsi, lorsqu'un des trois CPE aura besoin des services d'une intervenante pour un remplacement, ou bien parce qu'elle ne dispose pas de l'expertise nécessaire à l'interne, il pourra recourir aux services d'une employée d'une autre installation ayant les compétences recherchées. À titre d'exemple, un CPE pourra « prêter » une éducatrice spécialisée auprès d'une clientèle autiste si un autre CPE en a besoin à l'occasion, ou bien pour transmettre son savoir-faire aux éducateurs qui y travaillent. 

Économies

De ce fait, cette alternative sera beaucoup moins longue et coûteuse que de recourir à une spécialiste externe. « Par exemple, une psychoéducatrice recrutée à l'externe peut coûter 80 $ de l'heure. Il y a beaucoup de coûts cachés et indirects quand on n'a pas la ressource ou la compétence à l'interne, précise Mme Couture. On parle de mutualisation de compétences. »

Les trois établissements ont été ciblés par l'ADCPE puisqu'ils avaient déjà adopté une approche en fonction des profils de compétences. Ainsi, on ne fait que structurer une pratique qui était déjà établie dans certains CPE, mais de façon plus aléatoire. « Il m'est déjà arrivé de contacter une autre installation pour me faire conseiller, raconte Annie Laplante, directrice générale du CPE Mamie-Pom, à Saint-Césaire. Aussi, la personne qui arrive de l'extérieur arrive avec un oeil neuf. Elle peut déceler des petites choses à améliorer qu'on ne remarque plus avec le temps. »

Les trois CPE pourront également se partager les coûts de formation en permettant à leurs employés de se spécialiser et d'aller ensuite partager leur expertise à leurs collègues des autres installations. « Plutôt que de toutes les envoyer en formation, on pourra faire du coaching entre elles », indique Chantal Pelletier-, directrice générale du CPE maFAMIgarde. 

Cette façon de faire pourra valoriser les employés qui verront ainsi leur expertise reconnue et appréciée. « C'est très motivant pour les employés. C'est un projet porteur, reconnaît Lise Mercier, directrice du CPE Les Frimousses de la Vallée. Au-delà de l'employé, il y a une personne qui veut sans cesse s'améliorer et qui a une valeur. »

Pallier les compressions

Le tout sera financé notamment par l'allocation de transition annoncée par le ministère de la Famille pour permettre aux CPE de composer avec les compressions dont ils ont fait les frais au cours des deux dernières années.

« Je n'ai pas tout chiffré, mais j'ai dû aller chercher entre 80 et 85 000 $ pour rééquilibrer mon budget, notamment en abolissant un poste de directrice adjointe, illustre Mme Laplante. On va se retrouver avec un budget de formation qui est moins élevé qu'avant, mais on sera moins pénalisées en partageant nos ressources. »

Le projet se divisera en deux volets et s'étalera sur deux ans. La première année consistera à structurer le service et à dresser l'inventaire des différentes spécialités existant au sein des trois centres. Puis, un guide de soutien des pratiques professionnelles gagnantes sera rédigé. Une période d'essai de deux mois est aussi prévue en cours de route, alors qu'on s'attend à lancer le service officiellement d'ici le 31 mars 2018.

Advenant des résultats positifs, d'autres CPE pourraient emboîter le pas. « C'est un projet exportable qui ouvre la porte à bien des possibilités », souligne Mme Couture.

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