Une première politique sur les agressions sexuelles à Bishop's

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Selon la Bromoise Florence-Olivia Genesse, qui étudie Liberal Arts, Social Justice et Gender Equity (un majeur et deux mineurs) il s'agit d'un « bon moment pour mettre en place une telle politique ».

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(Sherbrooke) Une première politique sur les agressions sexuelles, dont l'entrée en vigueur est prévue en septembre prochain, verra le jour à l'Université Bishop's.

Une étudiante de Lac-Brome, Florence-Olivia Genesse, représentera la voix des étudiants dans ce projet d'envergure, au sein duquel elle travaillera de concert avec la coordonnatrice au projet de santé sexuelle de l'Université, Katherine Hébert-Metthé.

Sans pouvoir entrer dans les détails présentement, l'étudiante en Liberal Arts, Social Justice et Gender Equity (une majeure et deux mineures) explique que la politique sera la plus représentative possible de l'environnement de l'établissement scolaire de la rue College à Sherbrooke, en plus d'être inclusive. « Ce sera également orienté pour protéger la victime d'agression sexuelle. La politique ratissera large pour qu'une procédure bien claire puisse être établie. L'Université pourra bien réagir à chaque cas », fait-elle valoir.

« Il faut que la politique puisse bien encadrer les violences sexuelles faites à l'Université, qu'elle puisse offrir de l'aide dans le plus de situations possible, qu'on puisse s'y référer facilement. Il faut s'assurer que les impacts seront positifs », ajoute Katherine Hébert-Metthé.

Les deux responsables du projet sont présentement au stade de la cueillette d'informations. « On recueille des témoignages de plusieurs groupes de la région pour obtenir leur opinion. Aussi, on consulte ce qui se fait ailleurs en termes de politique, soit aux États-Unis ou dans d'autres universités au Canada, pour se baser sur ça et l'adapter au besoin », souligne l'étudiante de 21 ans.

Le 1er décembre, une première mouture du document sera présentée à un comité composé de représentants de l'administration, de professeurs et d'étudiants, pour que ces derniers formulent des recommandations. « Nous commençons l'écriture la semaine prochaine, idéalement. Une cinquantaine de personnes devraient relire tout ça en décembre, pour nous dire ce qu'on doit modifier ou ajouter ou retirer », indique Florence-Olivia Genesse.

D'ici le mois de mai environ, une version définitive de la politique sur les agressions sexuelles de l'Université de Bishop's devrait être présentée pour approbation, dans l'optique que le tout soit mis en place dès septembre. « Le mandat qui m'a été confié par la doyenne est de mettre en place cette politique d'ici septembre 2017. Je suis nouvellement en poste depuis cette année, reste à voir comment le tout va se dérouler avec tous les rouages de l'Université », fait remarquer Mme Hébert-Metthé.

« Ce qui représente le plus grand défi, à mon avis, sera que cette politique plaise à tout le monde, estime la coordonnatrice. Mais tout le monde possède le même objectif : prévenir les agressions sexuelles. »

En Ontario, une loi oblige les établissements postsecondaires à mettre en place des mesures pour prévenir la violence sexuelle.

« Bon moment pour le faire »

Selon la Bromoise Florence-Olivia Genesse, il s'agit d'un « bon moment pour mettre en place une telle politique ». Mercredi, des rassemblements « Stop la culture du viol » se sont déroulés dans plusieurs villes de la province, soit à Montréal, Québec, Sherbrooke, Saguenay et Gatineau.

Le mouvement a pris de l'ampleur récemment dans la foulée des récentes allégations d'agressions sexuelles à l'endroit du député libéral Gerry Sklavounos et de la vague d'agressions sexuelles présumées à l'Université Laval. « Avec ce qui se passe sur les campus américains également, je crois qu'il devenait important de le faire ici », affirme Florence-Olivia. 

« Ce n'est pas un problème majeur à Bishop's, mais il ne faut pas se fermer les yeux, c'est quelque chose qui arrive. Avec cette politique, on vient s'assurer de fournir aux générations futures de l'Université un environnement où elles peuvent évoluer en sécurité. Ma soeur viendra étudier l'année prochaine ici, je le fais un peu pour elle, confie l'étudiante. Aussi, c'est intéressant de voir que l'Université prend la problématique au sérieux et agit avant que des événements tragiques surviennent. »

En début d'année, l'Université Bishop's de Sherbrooke devenait la première au Québec à imposer une formation sur les agressions sexuelles à ses étudiants, intitulée « Bystander Training ».

Au total, 700 d'entre eux, dont tous les étudiants de première année, ont assisté à des séances d'information, obligatoires. Les ateliers, développés par l'Université McGill, traitaient notamment de l'intervention des témoins. « D'ici 5 ans, tous les étudiants auront suivi cette formation. C'est important également de faire de la prévention auprès des étudiants. Déjà, on remarque que les gens se sentent plus concernés, mais il y a encore du travail à faire », indique Florence-Olivia.

Selon la jeune femme, plus le sujet de la culture du viol sera abordé, plus on aura de chances de le régler. « Plus on en parle, moins ce sera banalisé. Bishop's est sur la bonne voie », conclut-elle.

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