Montréal adopte sa motion sur Nigger Rock

La Ville de Montréal a adopté une motion... (archives La Voix de l'Est)

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La Ville de Montréal a adopté une motion pour appuyer la démarche de la Ligue des Noirs du Québec, qui demande à Parcs Canada de faire de Nigger Rock, un cimetière d'esclaves noirs, un lieu historique.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Saint-Armand) Faire reconnaître l'histoire des esclaves noirs de Saint-Armand. Le président de la Ligue des Noirs du Québec, Dan Philip, mène des démarches depuis plus de 20 ans dans cet unique objectif. Et voilà que la Ville de Montréal a adopté, à l'unanimité, une motion soutenant la demande adressée à Parcs Canada pour faire de Nigger Rock, un cimetière d'esclaves noirs, un lieu historique national.

S'il avait entamé des discussions avec l'ancien propriétaire de la terre agricole, Clément Benoît, où se trouvent le talus et le cimetière privé de la famille Luke, elles ne se sont pas poursuivies avec l'entreprise formée par les enfants de Clément Benoît, le Clan Benoît, admet Dan Philip. 

« Ce n'est pas seulement ce site-là ; il y a une église qui était utilisée pour cacher les esclaves, raconte-t-il en entrevue à La Voix de l'Est. On peut établir un musée, on peut faire différentes choses, mais ça va dépendre des démarches que le gouvernement va faire. Nous avons écrit à Parcs Canada pour demander de faire une déclaration et accepter ce site-là comme site important pour la communauté noire et l'ensemble de la société pour faire connaître l'esclavage au Québec et ensuite pour réserver ce site-là. »

C'est dans cette optique que le conseiller de Snowdon à Montréal, Marvin Rotrand, a présenté au cours des derniers jours une motion pour appuyer la demande. 

Site mondial

« Depuis 1992, j'ai déjà envoyé des informations aux Nations unies et ils ont déclaré ce site-là la Route des Esclaves, indique Dan Philip. Et maintenant, nous voulons que les gouvernements et l'ensemble de la société acceptent cette démarche pour déclarer ce site comme site mondial. »

Selon lui, nul besoin de l'appui du propriétaire pour ce faire puisque les gouvernements pourront rendre ce lieu public. 

Ce n'est pas seulement la famille Luke qui possédait des esclaves à Saint-Armand, croit M. Philip. C'est pourquoi il se montre ouvert à la création d'un musée, par exemple.

Le Petit Journal du 1er mai 1966 rapportait que le pied du talus cachait des ossements humains qui pourraient être ceux d'hommes, de femmes et d'enfants noirs enterrés là par les Luke. Le colonel Luke serait arrivé à Saint-Armand en 1775 avec ses propres esclaves et il aurait pris l'habitude d'aller en Floride pour acheter de nouveaux chaque année.

 Il leur aurait redonné leur liberté une fois au Canada et, débordants de reconnaissance, ces derniers seraient restés pour travailler pour le propriétaire terrien. Des amis auraient d'ailleurs profité de cette main-d'oeuvre bon marché.

Clément Benoît a acheté la ferme en 1950 et, curieux qu'il y ait un talus au milieu de sa terre, il a entrepris de creuser avec de la machinerie. Il y a du coup déterré des ossements humains, dont un crâne, avait-il raconté au journaliste en 1966.

Saint-Armand n'est pas prête

Le maire de Saint-Armand, Réal Pelletier, répète ne pas être rendu à l'adoption d'une motion pour appuyer la Ligue des Noirs du Québec. 

« Je travaille toujours sur mon document. On a jusqu'au 27 janvier, alors on n'est pas accotés au pied du mur. En plus, on tombe dans les budgets. »

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