Train de passagers: le projet sur les rails

Un convoi ferroviaire a fait un arrêt à... (Archives La Voix de l'Est)

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Un convoi ferroviaire a fait un arrêt à Bromont, l'an dernier, dans le cadre d'un trajet reliant Saint-Jean-sur-Richelieu et Sherbrooke. À son bord prenaient notamment place des gens d'affaires ainsi que des maires. On voit ici la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan lors de son allocution devant les médias, ainsi que François Rebello (à droite), président de la compagnie Train-Hôtel.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Le projet de train de passagers reliant Montréal et Sherbrooke, avec un arrêt envisagé à Bromont, vient de franchir une étape cruciale. En effet, l'homme d'affaires François Rebello, président de l'entreprise Train-Hôtel, vient de lancer l'étude de faisabilité, a appris La Voix de l'Est. Une enveloppe globale de 300 000 $ est prévue pour sa réalisation, dont la moitié sera assumée par la Fédération canadienne des municipalités.

Les embûches ont été nombreuses depuis les balbutiements, en 2007, du projet de train de passagers Montréal-Sherbrooke. Près de 10 ans plus tard, François Rebello voit enfin la lumière au bout du tunnel. « Au début, quand on lance une idée, les roues tournent un peu dans le vide, a-t-il illustré. Ça prend du temps avant d'avoir de la traction. Là, on sent que ça avance. Par petits pas, mais comme on dit, petit train va loin. »

Bien que l'annonce officielle de l'octroi d'une subvention par la Fédération canadienne des municipalités (FCM) n'ait pas encore été faite, l'homme d'affaires affirme avoir eu la confirmation par l'organisation, il y a quelques semaines, que le projet qu'il pilote a été retenu. Ainsi, la FCM doit octroyer 150 000 $ pour la réalisation de l'étude de faisabilité, soit la moitié de la facture globale admissible. Cette somme pourrait atteindre 175 000 $. La FCM puisera ce montant à même les revenus d'un Fonds de dotation, duquel découle le Fonds municipal vert. Ottawa a contribué à hauteur de 550 millions pour sa création.

Dans le cas de l'étude de faisabilité, les montants sont gérés par la Fondation train de nuit, un organisme sans but lucratif (OSBL) chapeauté par M. Rebello. La somme restante pour boucler le budget proviendra du privé, a-t-il précisé. À ce jour, la Central Maine & Quebec Railway (CMQ) a investi plus de 25 M $ pour améliorer ses infrastructures. Or, pour qu'un train de passagers relie Montréal et Sherbrooke­, et éventuellement Boston­, les convois devront atteindre minimalement 50 mi/h, soit le double de la vitesse permise actuellement. « On vise même monter la vitesse à 60 mi/h et plus », a mentionné François­ Rebello. 

Selon le promoteur, la CMQ injectera 80 000 $ dans le projet. Cette somme sera répartie à parts égales pour compléter une « étude particulière » puis en main-d'oeuvre d'ingénierie pour évaluer les coûts de l'amélioration du circuit ferroviaire. De leur côté, les nombreuses municipalités traversées par celui-ci ont accordé un montant totalisant 45 000 $ pour la réalisation de l'étude de faisabilité. La Fondation dispose pour sa part d'une enveloppe de 25 000 $, a indiqué l'homme d'affaires.

Des données d'ici janvier

L'étude de faisabilité devrait s'échelonner sur un an, a réitéré M. Rebello. Celui-ci vient d'octroyer les contrats à deux organisations pour sa réalisation. La première est l'école Poly­technique. Le directeur fondateur du Laboratoire d'innovation dans les transports de l'établissement d'enseignement et son équipe sont à pied d'oeuvre pour évaluer l'achalandage sur les autoroutes entre Montréal et Sherbrooke. L'autre portion de l'analyse sera faite par la firme de sondage Ipsos. « On veut modéliser la demande [pour un service de trains de passagers]. Il y a plusieurs facteurs qui entrent en ligne de compte pour que les gens adoptent un mode de transport. Notamment le prix, le temps et la flexibilité. [...] Normalement, au mois de janvier, on devrait avoir des données au niveau de la demande et des coûts, a indiqué M. Rebello. Cet hiver, on va travailler l'analyse financière pour voir quels types de projections on peut faire. »

Outre sa propre entreprise, Train-Hôtel, M. Rebello n'écarte pas des partenariats avec d'autres compagnies dans ce créneau. « Notre projet pourrait s'adresser à toutes sortes de clientèles. Autant les gens d'affaires que les personnes âgées qui n'ont pas le goût de conduire des heures pour boucler un long trajet. Pour ça, on peut envisager une offre diversifiée pour combler tous les besoins », a dit François Rebello.

L'homme d'affaires se dit par ailleurs fébrile à l'idée de voir le projet s'enraciner jour après jour au cours des mois à venir. « C'est un projet très important pour moi, mais aussi pour plusieurs régions. On sent un momentum. D'ailleurs, je ne suis pas seul dans tout ça. Le rôle des maires, notamment de Mme Quinlan [Bromont] et d'Arthur Fauteux à Cowansville, a été déterminant pour faire progresser le dossier. »

«C'est une très bonne nouvelle»

La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan endosse depuis la première heure le projet de train de passagers qui relierait Sherbrooke et Montréal, en plus d'un arrêt dans la « ville branchée ». Elle voit donc d'un très bon oeil l'octroi d'une subvention par la Fédération canadienne des municipalités (FCM) pour la réalisation de l'étude de faisabilité. 

« Le fait que le Fonds vert [de la FCM] soutienne le projet de train de passagers, c'est une très bonne nouvelle. [...] Même si on a un peu moins entendu parler du projet durant la dernière année, beaucoup de travail a été fait pour faire progresser les choses. On perçoit beaucoup d'intérêt chez les gens d'affaires et la population aussi », a assuré Mme Quinlan.

Outre le fait que le train soit « de plus en plus populaire », a-

t-elle évoqué, il s'agit d'un moyen de transport qui deviendrait rapidement un attrait touristique. « Voyager en train a toujours eu un aspect spécial. Ça amènerait un plus à la dimension touristique indéniable de Bromont. Reste à voir comment ça pourrait se concrétiser. »

Selon Mme Quinlan, l'entrée en scène d'une liaison Montréal-Sherbrooke inciterait également les gens à venir s'établir à Bromont. « Partout où le transport collectif s'est développé, la population a suivi. On a déjà l'autobus avec Transdev et une situation géographique très intéressante. Il reste à avoir un système de rails qui permet au train de prendre sa place. » 

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