Restaurer la mémoire d'une pionnière

Née Marie-Aveline Bengle en 1861, l'Abbotsfordienne d'origine allemande... (Tirée du site de la Conférence religieuse canadienne)

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Née Marie-Aveline Bengle en 1861, l'Abbotsfordienne d'origine allemande a dévoué sa vie à la cause des femmes en dépit de l'opprobre de l'époque.

Tirée du site de la Conférence religieuse canadienne

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) La mémoire de mère sainte Anne-Marie sera à nouveau commémorée à Saint-Paul-d'Abbotsford. Une plaque honorant cette pionnière féministe retrouvera sa place à son église dimanche.

Née Marie-Aveline Bengle en 1861, l'Abbotsfordienne d'origine allemande débute comme enseignante à l'école de rang du village avant d'intégrer la Congrégation Notre-Dame, en 1880.

Sa vie durant, mère sainte Anne-Marie a milité pour la cause des femmes. « C'est elle qui a ouvert les portes de l'université aux femmes du Québec et qui a fait progresser l'enseignement supérieur pour celles-ci », souligne Manon Gosselin, présidente de l'assemblée de la Fabrique de Saint-Paul-d'Abbotsford. 

Le journaliste Claude Gravel, qui a publié en 2013 une biographie de la religieuse intitulée La féministe en robe noire, estime que mère sainte Anne-Marie fut « l'une des femmes les plus puissantes du Québec » à l'époque. Entre autres accomplissements, énumère-t-il, la religieuse, nommée en 1913 maîtresse générale des études de la Congrégation de Notre-Dame, a contribué à la fondation du premier collège classique féminin du Québec. En 1926, elle fonde l'Institut pédagogique de Montréal qui permettra à de nombreuses enseignantes d'être formées. Puis, en 1928, elle devient la toute première femme membre de la Commission des écoles catholiques de Montréal.

« Quelle femme ! Si c'était un homme, il y a belle lurette qu'elle serait ministre ! » aurait dit le Secrétaire de la Province, Athanase David, signe qu'à l'époque, le rôle de la femme était encore très fortement associé à la sphère privée.

À la suite de son décès, en 1937, d'anciennes élèves du collège ont voulu lui rendre hommage en apposant une plaque dans l'église de Saint-Paul-d'Abbotsford, où elle a été baptisée, le 18 octobre 1958.

Or, l'évêque de Saint-Hyacinthe de l'époque, Mgr Arthur Douville, a ordonné le retrait de la plaque le 27 janvier 1959. « Selon les documents, Mgr Douville l'a demandé, car un décret interdisait qu'on appose des plaques ou qu'on fasse mention de défunts là où ils n'étaient pas inhumés », précise Mme Gosselin. 

Les élèves ont tenté de revenir à la charge auprès de l'évêque, qui s'est offusqué de voir son autorité ainsi remise en question. Dès lors, la plaque a été entreposée aux archives de la Congrégation Notre-Dame. 

Rétablir l'honneur

Depuis avril, l'assemblée de la Fabrique de Saint-Paul-d'Abbotsford a oeuvré pour rapatrier la précieuse plaque commémorative afin de la remettre là où elle se doit d'être. « J'en avais glissé un mot à Mgr Lapierre de façon informelle, et il était d'accord, raconte Mme Gosselin. Alors, je lui ai écrit une lettre pour lui demander officiellement de rapatrier la plaque, et j'ai aussi adressé une demande à la Congrégation. »

Au moment de rapporter la plaque à Saint-Paul-d'Abbotsford, Mme Gosselin avoue avoir vécu un grand moment d'émotion. « C'était un honneur pour moi de la ramener, relate-t-elle. Je me suis dit : elle rentre enfin chez elle. »

Dimanche, l'évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, présidera la messe de 10 h 30, après laquelle la plaque sera dévoilée. Un ancien archiviste de la Congrégation Notre-Dame devrait également prendre la parole pour nous raconter mère sainte Anne-Marie.

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