Envasement du lac Davignon: des interventions possibles

L'envasement de la partie est du lac Davignon,... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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L'envasement de la partie est du lac Davignon, selon l'analyse des cartes de la rivière Yamaska Sud-Est, s'accélère depuis une dizaine d'années, selon Simon Lajeunesse de la MRC Brome-Missisquoi.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) Le lac Davignon n'est pas condamné. Des interventions sont possibles pour réduire la quantité de sédiments et de terre que lui amène la rivière Yamaska Sud-Est, soutient Simon Lajeunesse, coordonnateur de la gestion de l'eau à la MRC Brome-Missisquoi.

« Le lac se trouve dans un bassin versant avec de grands secteurs forestiers et de petits ruisseaux avec une belle qualité d'eau. Il suf­firait de faire quelques interventions et on pourrait régler pas mal de problèmes. Je suis très optimiste », affirme M. Lajeunesse­, invité à se prononcer sur les chances de contrer les problèmes d'érosion dans la rivière qui aboutit dans le lac Davignon.

L'analyse des cartes du bassin versant du lac Davignon permet de conclure que l'envasement de la partie est du lac, soit à l'embouchure de la rivière, s'accélère depuis une dizaine d'années, dit M. Lajeunesse. La force des précipitations, un dénivelé de 600 mètres entre les monts Sutton et le lac ainsi que l'accroissement de l'activité humaine en amont du lac expliquent les problèmes d'érosion­, selon lui.

Une étude menée en 2011 par Gilbert Prichonnet, du département des sciences de la Terre et de l'atmosphère de l'Université du Québec à Montréal, estime que la terre et les sédiments s'accumulent dans la section est du lac « au rythme probable » de 5 à 5,5 centimètres par année. Une des recommandations du géographe portait sur la nécessité de contrôler l'érosion en amont du lac, notamment « la protection des rives. »

Le lac Davignon a beau se trouver entièrement dans la ville de Cowansville, son bassin versant de 212 kilomètres carrés s'étend à 98 % à l'extérieur du territoire de la municipalité. Le bassin versant coule à 42 % dans la ville de Lac-Brome, à 34 % dans celle de Sutton et à 9 % dans la municipalité­ de Dunham. 

Dans sa conclusion, le professeur Prichonnet souligne indirectement cette réalité territoriale et y voit une occasion de créer un « modèle régional». « (...) la coopération de toutes les municipalités sera nécessaire pour améliorer une situation en voie de dégradation et accélérée sur une si courte période », écrit-il.

Secteur visé

Les données sur la qualité de l'eau de la rivière Yamaska Sud-Est sont bien connues, indique M. Lajeunesse. Comme pour toutes les rivières, dit-il, elle se dégrade au fur et à mesure qu'elle s'éloigne de ses sources. La Yamaska Sud-Est n'y fait pas exception. Cependant, fait remarquer le coordonnateur à la gestion de l'eau, un secteur bien précis pourrait être responsable des problèmes d'envasement du lac Davignon. Il se trouve dans un segment de la rivière entre le pont du chemin McCutcheon à Dunham et le pont de la route 139, là où débute le lac Davignon.

« Il y a quelque chose qui se passe dans ce coin. Il y a des problèmes d'érosion importants des berges. On note une dégradation de la qualité de l'eau. C'est là qu'on devrait regarder », dit-il.

Selon M. Lajeunesse, des bassins de sédimentation pourraient être envisagés par les municipalités pour freiner l'érosion. Ils peuvent être de petites ou de grandes dimensions. De telles mesures pourraient réduire de 70 % la quantité de terre et de sédiments transportée­, croit-il.

Restera, a-t-il ajouté, à déterminer qui assumera la facture. Des subventions des gouvernements supérieurs pourraient être demandées­, dit-il.

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