«Un des pires cas d'agressions sexuelles»

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Le directeur du Comité des victimes de prêtres, Carlo Tarini, qualifie le dossier des Frères du Sacré-Coeur de «véritable onde de choc».

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Le directeur du Comité des victimes de prêtres, Carlo Tarini, qualifie le dossier des Frères du Sacré-Coeur de «véritable onde de choc». «Si les faits allégués s'avèrent véridiques, c'est une tragédie, a-t-il clamé. C'est un des pires cas d'agressions sexuelles dans des congrégations religieuses en terme de durée [années 40 à 80]. On peut juste s'imaginer le nombre d'enfants qui ont subi un calvaire.»

Rappelons que l'initiateur de la requête, un homme de 56 ans, soutient avoir été violé à plus de 300 reprises pendant qu'il était pensionnaire au Collège Mont-Sacré-Coeur au cours des années 1970. Les agressions sexuelles auraient été commises par le frère Claude Lebeau de trois à six fois par semaine durant deux ans. La présumée victime était alors âgée de 13 à 15 ans.

Le document légal amendé rapporte également les allégations de sévices sexuels subis par d'autres victimes. L'une d'elles a étudié au collège de 1967 à 1969. Le frère Paul-Émile Blain «aurait agressé sexuellement ce jeune garçon tout au long de son juvénat», lit-on. Le frère Blain était alors surveillant de dortoir. Il aurait masturbé le pensionnaire à de nombreuses reprises, le forçant à faire de même à son endroit alors qu'il faisait des «tournées de lits».

Selon la requête, le garçon aurait «informé le Supérieur provincial Florentien (prénommé Richard Piché) des agissements du frère Blain à son égard.» En vain. L'homme serait demeuré en poste et aurait agressé d'autres enfants sous son autorité, parfois même avec un autre frère. «Il est donc évident que la Congrégation et le collège étaient au courant que les Frères agressaient sexuellement les élèves et n'ont rien fait pour protéger les jeunes», stipule le document du recours.

Élément sensible

En ce qui concerne la dénonciation par un pensionnaire du collège d'agressions auprès du «Supérieur provincial» soulevée dans la requête modifiée, l'avocat de la congrégation, Me Yanick Messier, s'est dit interpellé. «Ce sera vérifié de façon scrupuleuse et minutieuse. C'est un élément sensible dans le dossier», a-t-il dit en entrevue. «Les frères vont déployer encore plus d'efforts et de ressources pour avoir un éclairage sur toute l'affaire plus rapidement», a-t-il ajouté.

Rappelons par ailleurs que toute personne ayant été agressée par un membre d'une communauté religieuse peut communiquer avec le Comité des victimes de prêtres à l'adresse info@victimedepretre.org. Dans la région, les hommes ayant subi des abus sexuels peuvent obtenir du soutien via l'organisme Ressource pour hommes de la Haute-Yamaska en signalant le 450-777-6680.

Possible arrangement hors cour

Dans la mesure où les faits allégués sont fondés, un arrangement hors cour pourrait être une option envisagée par la congrégation dans le présent dossier, a concédé l'avocat de la congrégation, Me Yanick Messier.

Celui-ci préférerait notamment éviter les tribunaux étant donné «l'âge avancé» des membres de la communauté. «[Un arrangement hors cour], c'est une solution qui me paraît juste. Et moralement, ça rend justice et c'est efficace. On ne s'embourbe pas dans les procédures judiciaires.»

Le quotidien La Tribune rapportait en mai 2013 qu'une poursuite pour sévices sexuels perpétrés au tournant des années 1960 par un frère du Sacré-Coeur de Victoriaville avait été intentée par le Sherbrookois Marcel Rousseau et s'était conclue par un arrangement hors cour.

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