Frères du Sacré-Coeur: un ancien supérieur visé

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Le frère Jean-Guy Roy, ancien haut dirigeant de la congrégation et homme médiatique, fait partie des présumés pédophiles ayant sévi au Collège Mont-Sacré-Coeur.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Le cabinet Kugler Kandestin, qui mène le dossier du recours collectif contre de présumés pédophiles chez les Frères du Sacré-Coeur à Granby, a dévoilé vendredi l'identité des 11 agresseurs ciblés par les dizaines de victimes potentielles ayant brisé le silence jusqu'ici. La requête originale a été amendée en ce sens. Le frère Jean-Guy Roy, un ancien haut dirigeant de la congrégation oeuvrant dans la sphère médiatique, figure entre autres sur cette liste.

Me Robert Kugler, qui pilote le dossier avec deux collègues, a indiqué à La Voix de l'Est avoir modifié la requête, déposée à la Cour supérieure le 7 octobre, afin que davantage de victimes présumées sortent de l'ombre. «On reçoit énormément d'appels. Mais, souvent, les victimes nous disent qu'elles ont hésité à le faire parce qu'elles croyaient ne pas être couvertes par le recours collectif, car elles ont été abusées par un autre frère que Claude Lebeau [requête initiale]. On a cru important d'ajouter tous les noms des agresseurs [potentiels] pour que les gens comprennent que le recours s'adresse aussi à eux.»

En fait, la requête inclut «toute victime d'agression sexuelle subie au Collège Mont-Sacré-Coeur, alors que l'école était dirigée par les religieux membres de la congrégation». Les frères ont été à la tête de l'établissement d'enseignement de 1932 à 2004. Depuis, la direction est laïque.

À ce jour, le nombre de victimes présumées inscrites au recours collectif s'élève à plus d'une trentaine. Les intimés dans le dossier sont les Frères du Sacré-Coeur, le Collège Mont Sacré-Coeur, la Corporation Maurice-Ratté et les oeuvres Josaphat-Vanier. La poursuite réclame 1,2 M$ en dédommagement.

Le journal a dévoilé, vendredi, que le nombre de potentiels frères pédophiles ayant sévi au collège avait doublé en moins d'une semaine, passant de six à près d'une douzaine. Outre le nom de Claude Lebeau, qui faisait l'objet d'accusations d'agressions sexuelles initialement, l'identité de 10 autres frères a été révélée dans la requête amendée. Le premier est le frère Paul-Émile Blain. Connu comme un «Frère Maître», il aurait dirigé «l'Aile juniore» en plus d'avoir agi comme «surveillant de dortoir des élèves de secondaire 1 et 2», peut-on lire dans le document. Y figurent également les frères Louis Raymond, Majorique Duchesne (frère recruteur) et Roch Messier. Les frères Hervé Aubin, alias «Économe», Georges-Arthur, Jerry (Gérard Lefebvre), Eudes et Gilles sont aussi du nombre. Selon nos sources, les frères Jerry et Roch Messier sont décédés il y a quelques années. Le frère Jean-Guy Roy complète la liste.

Déception

Jean-Guy Roy était connu comme un «Frère Maître». On peut lire dans le recours qu'il a dirigé «l'Aile séniore» du collège dans les années 1980. Il a aussi été à la tête de la congrégation à l'échelle provinciale de 1991 à 1995. De plus, il a dirigé le réseau Radio Ville-Marie (VM) de 2000 à 2012. Il produit la série Dialogues (Canal Savoir) depuis près d'un an. Il collabore également avec le site de nouvelles Huffington Post Québec. Son plus récent billet hebdomadaire date du 13 octobre.

Le directeur général du Collège Mont-Sacré-Coeur, Claude Lacroix, connaît bien le présumé pédophile. «C'est très surprenant de voir son nom sortir avec des allégations d'abus sexuels. Dans ce dossier, je n'en suis pas à une surprise près. Si [les accusations] s'avèrent fondées, c'est très décevant, a-t-il dit. C'est quelqu'un de très connu dans la communauté.»

Jean-Guy Roy n'a pas rappelé La Voix de l'Est.

Interdiction de côtoyer les élèves

Peu de temps après que la requête initiale ait été déposée, la congrégation des Frères du Sacré-Coeur a décidé d'être proactive en demandant à «tous les frères» qui résident au collège de ne plus côtoyer les élèves, a indiqué le directeur de l'école secondaire Claude Lacroix.

Or, jusqu'à tout récemment, le frère Gilles Desrosiers était surveillant pour l'établissement d'enseignement. S'agit-il du «frère Gilles» faisant partie des agresseurs potentiels? «Selon les informations que je détiens, il ne s'agit pas du frère Gilles Desrosiers», a dit le DG.

Le journal a également appris que le frère Gérard Lefebvre (Jerry) a quitté le collège il y a quelques années. Est-ce relié à de possibles agressions envers des jeunes? «Le frère Jerry était confus et se cognait partout. J'ai recommandé à ce qu'il soit transféré ailleurs parce qu'il avait besoin de soins. Ça n'a aucun lien avec ce qui lui est reproché aujourd'hui», a mentionné M. Lacroix.

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