Lac Davignon: les villes voisines se disent impuissantes

La section est du lac Davignon à Cowansville... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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La section est du lac Davignon à Cowansville subit les effets de l'érosion de la rivière Yamaska Sud-Est. Conséquence de l'envasement de cette partie du lac: des îlots où poussent arbustes et hautes herbes se sont formés.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) Les municipalités en amont du lac Davignon à Cowansville sont partantes pour que cesse l'envasement du plan d'eau, mais ne se sentent pas responsables de la situation. Elles rechignent également à assumer une éventuelle facture pour régler le tout.

«On est sensible à ce que vit Cowansville», assure Lee Paterson, conseiller municipal de Lac-Brome. «Mais on a le même défi avec le lac Brome. On a des sédiments qui s'accumulent dans le lac depuis des années. On essaie d'améliorer la situation, mais c'est très complexe.»

M. Paterson, qui est responsable des dossiers environnementaux au conseil, souligne que plusieurs tributaires du lac Brome trouvent leur source dans des municipalités voisines, comme Bolton-Ouest et Stukely-Sud. Les administrations municipales ne se parlent pas directement des problèmes d'érosion qui affectent le lac et qui trouvent leur source dans les ruisseaux, dit-il. Leur collaboration se fait par l'entremise de Renaissance lac Brome, plus précisément lorsque le groupe environnemental mène des projets pour améliorer l'état du lac.

La Ville de Lac-Brome participe financièrement à ces projets, souligne M. Paterson. Elle offre même annuellement 20 000$ à RLB pour ses activités régulières. «Ils font du très bon travail.»

Le champ d'action des municipalités est restreint quand vient le temps de protéger les cours d'eau, fait remarquer pour sa part Louis Dandenault. Le maire de Sutton rappelle que sa municipalité a une des réglementations les plus sévères au Québec en matière de contrôle d'érosion. Des règles existent sur la construction en pente, sur l'aménagement des entrées de cours, sur les fossés, la captation de sédiments. Malgré tout, dit-il, les averses subites et fortes causent leur lot de problèmes d'érosion.

«On est conscient de ces problèmes. On sait que ce qui se passe chez nous les affecte. La MRC fait un bon travail pour s'en occuper, mais ce n'est pas aussi facile qu'on pourrait le penser. On y travaille», soutient-il, précisant que les effets ne se feront ressentir qu'à moyen et long terme. «On a fait des pas de géants. Mais c'est un travail de longue haleine.»

M. Dandenault, répétant son mantra, rappelle que toute mesure doit respecter un équilibre entre croissance et protection de l'environnement.

Bassins de sédimentation

Lors de l'assemblée des maires mardi, Jean-Robert Marcotte, un citoyen de Cowansville, a invité les maires à travailler ensemble pour contrer les problèmes d'érosion qui nuisent au lac Davignon. Il a suggéré l'aménagement de bassins de sédimentation dans la rivière Yamaska Sud-Est, source de l'envasement du lac, selon lui.

De telles interventions pourraient être possibles, pense M. Paterson. «Si on peut faire des bassins chez nous qui aideraient le lac Davignon, on est prêt à regarder ça. La question est de savoir qui va payer. On investit déjà pas mal pour notre lac. On ne peut pas commencer à payer pour ce qui se passe ailleurs.»

Le maire de Sutton partage cet avis. «Toute la question est de savoir qui paierait pour ça», dit-il.

Aucune intervention dans le lac Davignon n'est possible tant que les problèmes d'érosion en amont, soit dans la rivière Yamaska Sud-Est, ne se règlent, affirme le maire de Cowansville et préfet de la MRC, Arthur Fauteux. «Le ministère (de l'Environnement) ne l'accepterait jamais. Et je le comprends. C'est en amont qu'il faut commencer.»

La Ville de Cowansville ne compte sur son territoire que 4% du bassin versant du lac Davignon. D'où l'intérêt de la municipalité de discuter des problèmes de son lac avec les municipalités en amont.

MM. Paterson et Dandenault croient que l'adoption par la MRC du règlement sur l'écoulement et la gestion des eaux de surface (REGES) produira ses effets positifs. «La MRC a un rôle rassembleur. Elle peut avoir une vision d'ensemble pour nos bassins versants et proposer des mesures pour les protéger», a dit le jeune conseiller de Lac-Brome.

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