Matériel obscène: la prison demandée pour un ex-col blanc

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Sylvain Berger a plaidé coupable lundi à des accusations concernant trois nouvelles victimes. En tout, 26 femmes ont reçu des lettres obscènes de sa part.

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Pascal Faucher
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(Granby) Des enveloppes contenant des lettres sexuellement explicites envoyées à 26 femmes. Dans l'une d'elles, l'accusé décrit comment il a suivi sa victime dans un véhicule municipal tout en se masturbant. D'autres contenaient des condoms remplis d'un liquide blanc.

Le résumé des gestes reprochés à l'ex-col blanc cowansvillois Sylvain Berger a permis à la Couronne d'en dresser le portait, lundi, au palais de justice de Granby.

Quelques minutes plus tôt, l'ancien préposé au stationnement de 62 ans plaidait coupable aux plus récentes accusations concernant trois femmes. L'une d'elles avait reçu la lettre obscène à son lieu de travail en 2004, les deux autres sur le pare-brise de leur voiture.

«Selon l'enquête, toutes trois étaient de très jolies femmes», a indiqué Me Valérie Simard-Croteau, du ministère public.

Substance

Les enveloppes contenaient aussi des images de pénis ou d'homme nu et, pour deux d'entre elles, des condoms remplis d'une substance qui s'est avérée ne pas être un liquide biologique. L'ADN de M. Berger a toutefois été décelé sur les enveloppes.

Ces délits se sont ajoutés à ceux commis aux dépens de 23 autres femmes de la région de Cowansville ces dernières années. Les lettres étaient cette fois-ci envoyées par la poste. L'accusé utilisait l'ordinateur de son employeur pour trouver les adresses désirées.

Me Simard-Croteau a qualifié les missives d'«éloquentes pour exposer la gravité des gestes commis». Dans l'une d'elles, l'employé #156 raconte qu'il s'est masturbé en suivant une femme à bord d'une voiture de la Ville de Cowansville et qu'il a évité de peu un accident lorsqu'il a éjaculé.

Stress

La procureure a rappelé qu'il s'agissait de récidives, que les victimes étaient nombreuses et qu'elles avaient souffert de s'être senties traquées. L'une d'elles a subi un «stress continuel» et a dû demander des soins psychologiques.

«Ça peut sembler banal, mais il s'est immiscé dans la vie de ces femmes-là», a dit Me Simard-Croteau. L'accusé n'a pas fourni d'explication et a même cherché à minimiser ses gestes.

La procureure a néanmoins reconnu que la santé mentale de l'accusé «n'était pas à son apogée» au moment des délits et qu'il n'avait pas d'antécédent judiciaire.

Elle a suggéré «une courte peine de prison» sans en chiffrer la durée.

Souffrance

À la défense, Me Roger Paquin s'est demandé pourquoi, dans ce cas, suggérer une peine de prison. Il a rappelé que son client avait plaidé coupable tôt, évitant aux plaignantes de témoigner devant la cour.

Selon le rapport avant-sentence, M. Berger vivait de la détresse et voulait «exprimer sa souffrance». La majorité des femmes auraient aussi été ciblées aléatoirement et il a offert de sincères regrets. Son risque de récidive est faible.

Qui plus est, l'accusé «ignorait que son comportement relevait du harcèlement puisqu'il n'a jamais envoyé deux lettres à la même femme», a dit Me Paquin.

Suivi

«À 62 ans, il se retrouve avec un casier judiciaire. Il a perdu son emploi à cause de ça. Il a subi de l'humiliation avec la médiatisation de l'affaire. Et comme il le dit lui-même, il aura de la misère à se trouver une petite job dans la région.»

Selon Me Paquin, M. Berger «a compris» et il n'est pas justifié de l'envoyer en prison. Il recommande plutôt un suivi probatoire serré ainsi qu'un don au Centre d'aide aux victimes d'actes criminels. À cause de problèmes de santé, il ne peut faire de travaux communautaires.

Le juge Conrad Chapdelaine rendra sa décision en novembre. «Le caractère inusité du dossier fait en sorte que j'ai besoin d'une période de réflexion», a-t-il dit.

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