Le lac Davignon se meurt-il?

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) L'envasement de la partie est du lac Davignon est-il le signe que le lac se meurt? Jean-Robert Marcotte est d'avis que oui. Le citoyen presse la Ville d'intervenir pour éviter que la fameuse Île-aux-Mouettes n'essaime ailleurs dans le plan d'eau.

Depuis des années, fait remarquer M. Marcotte, la partie du lac située entre les ponts de la route 139 et de la rue Hillcrest s'est radicalement transformée. Les problèmes d'érosion en amont dans la rivière Yamaska Sud-Est se sont traduits par l'accumulation de sédiments et de terre dans le lit du lac. Les quantités ainsi transportées font que des îlots se sont formés, déplore-t-il. «Il y a des endroits où il n'y a peut-être qu'un pouce d'eau. Donc, on ne peut plus circuler en kayak, en canot ou faire de la natation. On cale de trois pieds dans les sédiments. C'est inacceptable», dit-il, rappelant que le lac est le réservoir d'eau potable de la Ville.

Dans son appel à l'aide, M. Marcotte souligne le «privilège» qu'ont les citoyens de compter un «magnifique lac au centre-ville». «Le lac Davignon, c'est sûrement l'icône de Cowansville. Chaque ville a des sites particuliers. On doit bien s'occuper du nôtre.»

Marie-France Beaudry est bien consciente des problèmes d'envasement dans cette partie du lac Davignon où s'est formée ce que les gens de la place appellent l'Île-aux-Mouettes, une petite île où poussent arbustes et hautes herbes. La conseillère municipale a grandi dans la rue Larouche, à proximité du plan d'eau. Amatrice de kayak, elle reconnaît que le portrait de cette section du lac a changé pour le pire au fil des ans. «Des fois, j'essaie de me rendre à l'embouchure de la rivière. C'est vrai que c'est rendu plus difficile de naviguer. Des fois, il n'y a qu'une trentaine de centimètres de profondeur. Et si on sort de notre kayak, on va vraiment caler dans le fond», raconte-t-elle.

La Ville, par l'entremise du comité du lac Davignon, a investi beaucoup d'efforts ces dernières années pour améliorer la santé du lac, explique Mme Beaudry. Les bandes riveraines ont été inspectées, d'autres ont été aménagées, a-t-elle dit. Des corvées de nettoyage des berges ont été organisées et des troncs ont été retirés des eaux. Un inventaire des poissons a été mené au courant de l'été. Les résultats seront connus d'ici quelques semaines, a-t-elle ajouté.

Ces interventions n'ont aucun impact sur ce qui se passe en amont du lac, souligne-t-elle. «On travaille fort pour la qualité de notre eau, la qualité du lac, le respect de toutes les normes. On travaille fort, ce qui bénéficie à nos voisins de Brigham et de Farnham. Mais maintenant, on doit travailler en collaboration avec les villes en amont, on parle de Lac-Brome, Sutton, Brome, Dunham, de Potton même.»

Toutes ces municipalités doivent trouver des moyens de réduire la quantité de sédiments dans l'eau de la rivière Yasmaska Sud-Est et de prévenir l'érosion dans les berges, dit la conseillère, qui siège au conseil d'administration du comité du lac.

Bassins de rétention

C'est exactement ce que demande M. Marcotte. Il suggère que les municipalités aménagent des bassins de rétention dans certaines parties de la rivière pour capter les sédiments et la terre qui s'échappe des berges. «J'en ai parlé avec des spécialistes. Et ce n'est pas la fin du monde d'en aménager.»

M. Marcotte a l'intention d'aborder la question mardi soir lors de l'assemblée de la MRC de Brome-Missisquoi. Il a fait de même au début du mois à l'assemblée municipale de Cowansville. «Dans la vie, si on veut avoir quelque chose, il faut se battre», dit-il.

Mme Beaudry pense que le conseil municipal de Cowansville est ouvert à investir davantage d'argent dans le comité du lac Davignon pour voir à sa protection. Il faut toutefois éviter de tomber dans la pensée magique, selon elle. «Il faut être accompagné de spécialistes. Parce qu'on ne peut pas s'improviser spécialistes. Avec toutes les normes environnementales, on ne peut pas faire n'importe quoi. On ne peut pas entrer de la machinerie dans le lac et creuser.»

La fameuse Île-aux-Mouettes, située dans la partie est du lac Davignon, s'est formée au fil des années par les sédiments et la terre transportés par la rivière Yamaska Sud-Est. Des arbustes et de hautes herbes y poussent chaque année.

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