Problèmes de croissance pour Limocar

Un autocar bondé arrive à l'Autoparc 74 de... (Julie Catudal)

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Un autocar bondé arrive à l'Autoparc 74 de Bromont, vendredi après-midi.

Julie Catudal

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Bromont) Autocars bondés, passagers contraints de rester debout, d'autres obligés d'attendre le prochain véhicule: certains clients de Limocar dénoncent l'offre du service du transporteur.

Le transport en commun semble avoir la cote auprès des personnes de la région qui travaillent ou étudient à Montréal... au point où certains clients qui ont du mal à obtenir une place aux heures de pointe commencent à montrer des signes de frustration.

«Si vous ne pouvez pas me garantir d'avoir une place dans l'autocar, qu'est-ce que ça me donne de prendre une passe, de la payer plus de 400$?», s'offusque une cliente exaspérée qui souhaite conserver l'anonymat.

La femme, qui utilise l'autocar tous les jours pour travailler à Montréal à partir de l'Autoparc 74 de Bromont, se sent prise en otage. Pas question pour elle de prendre son automobile pour se rendre à Montréal en pleine heure de pointe, puisque la lourde circulation métropolitaine constitue une perte de temps trop importante et imprévisible.

La passagère affirme que la situation s'est sérieusement détériorée depuis le retour des vacances. Il y a six mois, rapporte-t-elle, tout allait pourtant bien. Depuis une récente diminution de service cependant, elle observe un manque manifeste de place.

Elle raconte que le soir, en partant de Montréal, son autocar doit parfois attendre un autre véhicule sur une voie de service de l'autoroute Bonaventure pour transférer des clients, qui sont trop nombreux. Certains matins, des passagers qui attendent l'autocar à Bromont ou à Ange-Gardien seraient contraints de rester debout s'ils veulent se rendre à Montréal à l'heure prévue.

«Ce n'est pas un autobus de la ville! Il n'y a pas de barres où les gens peuvent se tenir, s'indigne-t-elle. Ils sont vraiment accotés sur les bancs. Ils sont debout dans l'allée, avec leur sac. Et souvent l'autocar fait des arrêts brusques et les gens partent par en avant. C'est dangereux!»

Selon la cliente, il est de moins en moins rare de voir des passagers pris dans cette situation. Et elle affirme avoir vécu d'autres mésaventures, comme un autocar qui ne se présente pas à l'arrêt ou un autre qui doit accueillir les passagers d'un véhicule de l'entreprise en raison d'une panne sur l'autoroute 10. Elle se dit donc très déçue de Limocar, d'autant plus qu'elle juge le service à la clientèle inadéquat.

«On n'a jamais de retour, on n'a jamais de gens qui rappellent. [...] Ils ne remédient pas à la situation! Ils coupent, ils coupent, ils coupent!», accuse la cliente insatisfaite.

Limocar reconnaît la situation

Chez Limocar, la commis aux opérations du service à la clientèle Marie-Ève Nadeau assure que les plaintes sont compilées et prises en considération. Elle admet d'ailleurs que leur nombre a augmenté depuis deux semaines.

«Il y a des gens qui ne sont pas contents et je le comprends», admet-elle.

Si elle rapporte que Limocar n'est pas le seul transporteur à faire face à une augmentation du nombre de passagers, Mme Nadeau précise quand même que l'arrêt situé sur le boulevard Pierre-Laporte à Bromont constitue un point chaud pour son entreprise.

«J'ai beaucoup de gens à l'Autoparc. À mi-chemin, il y a beaucoup de travailleurs, reconnaît Mme Nadeau. [...] Il y a quand même beaucoup de départs, mais on les remplit tous. Il faut vraiment trouver une solution qui soit rentable et qui pourrait satisfaire tout le monde.»

En ce qui concerne les passagers debout, Marie-Ève Nadeau spécifie que cette situation est «rare» et rappelle que rien n'empêche le client debout d'attendre le prochain transport. Elle martèle que la sécurité des passagers est importante pour l'entreprise.

En ce qui concerne d'éventuelles solutions envisagées par le transporteur, elle ne peut cependant donner plus d'indications, ni même promettre que celui-ci les mettra de l'avant.

Pas que des mécontents

Mme Nadeau prend tout de même soin d'indiquer que Limocar ne reçoit pas que des plaintes. «Si je compare le nombre de personnes qui vont être déçues du service par rapport à ceux qui sont contents, c'est fou!»

Un client «sporadique» de Limocar rencontré à l'Autoparc semble lui donner raison. Le Montréalais, qui doit se rendre occasionnellement à Acton Vale à l'aide du transport en commun, raconte même qu'il préfère passer par Bromont plutôt que par Saint-Hyacinthe pour se rendre à destination.

S'il déplore de ne pouvoir aller directement à Acton Vale en autocar, il assure que Limocar se compare très avantageusement à la concurrence. L'homme, qui n'utilise pas nécessairement le transport interurbain en période de pointe, se dit donc globalement satisfait.

Légal, rester debout?

La Voix de l'Est a contacté la SAAQ afin de vérifier s'il était légal de transporter des clients qui ne peuvent s'assoir. La relationniste Audrey Chaput explique d'abord que les passagers assis sur un siège muni d'une ceinture de sécurité dans tout véhicule routier sont obligés de s'attacher.

Elle précise cependant que rien n'interdit un passager de rester debout dans un autocar, puisque les sièges n'ont pas de ceintures de sécurité. Mme Chaput ajoute que les voyageurs peuvent déjà, par exemple, se lever quand ils le désirent pour aller aux toilettes.

Il n'est donc pas interdit de transporter des passagers debout en autocar, mais la relationniste de la SAAQ rappelle toutefois que tout transporteur est néanmoins obligé de respecter la capacité limite du véhicule. Le nombre de personnes que peut inclure un autocar est habituellement inscrit à l'entrée de celui-ci. Jérôme Roy

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