Algues bleues dans le lac Champlain: deux solutions à l'essai

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Deux techniques seront mises à l'essai en 2017 pour combattre les algues bleues dans le lac Champlain.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Bedford) Deux techniques seront mises à l'essai en 2017 pour combattre les algues bleues dans le lac Champlain: un dispositif qui émet des ondes et des enzymes.

Ces deux techniques ont été retenues par les maires des municipalités riveraines du lac Champlain. Elles leur ont été proposées la semaine dernière lors d'une rencontre spéciale par des représentants de compagnies spécialisées dans la lutte aux algues bleues.

«Ce sont des approches très intéressantes. Mais on veut voir si elles fonctionnent. On va les essayer à petite échelle pour les tester. Les résultats vont nous donner une bonne idée pour déterminer si elles sont applicables à plus grande échelle», a expliqué Yves Lévesque, maire de Bedford, municipalité qui tire son eau potable du lac Champlain.

Une des entreprises invitées à la rencontre propose d'utiliser des dispositifs émettant des sons sous l'eau pour éliminer les plantes contenant du phosphore. L'autre technique retenue consiste à libérer des enzymes dans l'eau. Ces micromolécules s'attaqueront aux cellules de phosphore dans l'eau, les neutralisant.

Les tests seront menés dans des lacs, a dit M. Lévesque. «On ne sait pas encore lesquels. On va devoir les trouver», a-t-il indiqué en entrevue à La Voix de l'Est.

Un budget «raisonnable» sera consacré aux tests, a-t-il précisé. Le ministère de l'Environnement sera partie prenante de ceux-ci, a-t-il ajouté, précisant que des demandes de certificats d'autorisation seront formulées. «On doit avoir ce genre de tests pour être certain que ça fonctionne. Ce qu'on veut, c'est de trouver une solution qui va laisser des traces, qui va améliorer la qualité de l'eau de notre lac.»

M. Lévesque dit avoir apprécié les présentations, comparant celles-ci à l'équivalent de cours accélérés de biologie et de chimie. «On a tellement appris de choses. Je ne savais pas qu'on pouvait utiliser des enzymes pour décontaminer nos boues usées (provenant de l'usine d'épuration des eaux usées). Les municipalités sont en retard sur les nouvelles solutions.»

Choisissant bien ses mots, le maire de Bedford a dit souhaiter que les fonctionnaires du ministère de l'Environnement se montrent plus ouverts à considérer de nouvelles approches pour régler des problèmes environnementaux. Les algues bleues en sont en bon exemple, selon lui.

«Ce qu'on veut, c'est trouver une solution qui... (Alain Dion, archives La Voix de l'Est) - image 2.0

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«Ce qu'on veut, c'est trouver une solution qui va améliorer la qualité de l'eau de notre lac», soutient Yves Lévesque, maire de Bedford.

Alain Dion, archives La Voix de l'Est

Études vs solutions

Il a cité comme exemple le projet de phoslock à l'étude au lac Bromont. L'organisme Action conservation du bassin versant du lac Bromont propose de disperser 174 tonnes d'un mélange d'argile et de lanthane pour absorber les molécules de phosphore dans le fond du lac.

Les maires ont entendu une présentation de Marian Tremblay à ce sujet, a dit M. Lévesque. Toutes les étapes scientifiques ont été franchies, mais le financement est encore insuffisant. Une aberration, soutient-il.

«On semble avoir de l'argent pour les études, mais on en a moins quand vient le temps d'appliquer une solution. On parle ici de qualité d'eau, de santé publique, mais le gouvernement n'a pas l'argent», s'étonne M. Lévesque.

Les maires riverains du lac Champlain ont été très intéressés par le phoslock, mais ont choisi de ne pas retenir cette solution. «Pour un petit lac, ça semble intéressant. Mais on ne pense pas que ça fonctionne pour un lac d'une superficie aussi grande que le lac Champlain», a dit M. Lévesque.

Outre Bedford, les municipalités de Venise-en-Québec, Clarenceville et Saint-Armand font partie du comité ad hoc sur le phosphore dans le lac Champlain.

Revoir le mandat de la Commission mixte internationale

La Commission mixte internationale doit s'intéresser à la qualité de l'eau du lac Champlain, soutient Denis Paradis. Le député fédéral de Brome-Missisquoi promet de sensibiliser son collègue et ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion à cet enjeu.

M. Paradis, à l'instar des maires des municipalités riveraines du lac Champlain, ne comprend pas que la CMI limite son travail aux risques d'inondations de ce lac et de la rivière Richelieu et oublie les problèmes de cyanobactéries.

«On a failli tomber en bas de notre chaise quand on a compris que les 7,5 millions de dollars promis (par le gouvernement fédéral) étaient seulement pour mieux se préparer à des inondations. Ils nous ont dit que les cyanobactéries n'étaient pas dans leur mandat. Je veux bien qu'on s'occupe des inondations, mais on a un plus gros problème avec les cyanobactéries.»

La limitation du mandat de la CMI pourrait s'expliquer, pense le vétéran politicien, par le fait que les fonctionnaires du Ministère travaillent depuis quelques années sur le sujet des inondations. Le budget dégagé est en lien avec l'inondation de 2011, qui a causé des millions de dollars de dommages de Venise-en-Québec jusqu'à Saint-Jean-sur-Richelieu, a dit M. Paradis.

«C'est quand même rare une inondation. Mais les cyanobactéries, on les a chaque année», a-t-il dit. «On peut certainement prendre une partie des 7,5 millions et les mettre à trouver des solutions pour notre lac. On est rendu ailleurs maintenant», a-t-il ajouté en allusion à la lenteur de l'appareil gouvernemental pour s'ajuster sur les priorités de la région.

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