Veillée contre les préjugés

Ce n'est pas parce qu'on ne la voit... (Marie-Ève Martel, La Voix de l'Est)

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Ce n'est pas parce qu'on ne la voit pas qu'elle n'existe pas: l'itinérance est l'affaire de tous, clament plusieurs organismes communautaires de la région.

Marie-Ève Martel, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Ce n'est pas parce qu'on ne la voit pas qu'elle n'existe pas: l'itinérance est l'affaire de tous, clament plusieurs organismes communautaires de la région. Le 21 octobre prochain, ils convient la population à la Nuit des sans-abri, une initiative qui se déroulera cette année sous le thème «L'itinérance, pas dans ma cour».

«Les gens sont prêts à aider, mais on dirait que quand le phénomène se passe dans leur cour, justement, ils sont plus réticents», indique Nicolas Luppens, coordonnateur du Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP).

Confrontés à l'itinérance, on peut avoir peur, on peut se poser des questions, être mal à l'aise. Annick Lamy, travailleuse de rue à la Maison des jeunes L'Exit de Waterloo, le sait. Elle est passée par là avec ses enfants, il y a quelques années, quand un itinérant se servait dans les poubelles de l'immeuble où ils vivaient. «Un jour, on a décidé de lui dire bonjour», raconte-t-elle.

C'est ce qui a fait changer les choses. «L'itinérance, c'est l'inconnu jusqu'à ce qu'on aille vers eux», ajoute l'intervenante, qui côtoie maintenant de nombreux jeunes sans domicile fixe dans le cadre de son travail.

Favoriser les échanges

Et c'est pour favoriser ces échanges et la communication qu'ont lieu depuis 27 ans maintenant les Nuits des sans-abris. À Granby, il s'agira d'une treizième participation à l'événement tandis que Waterloo s'y est greffé il y a quatre ans.

«Encore aujourd'hui, des gens de la région, et même des élus, ne sont pas conscients que l'itinérance existe ici, explique Mme Lamy. Ça peut être loin du cliché du vieux monsieur barbu avec son baluchon qui fouille dans les poubelles. Elle a différents visages, il y a des nuances.»

«C'est peut-être quelqu'un qu'on croise au dépanneur, ou des gens qui ont l'air d'avocats ou de médecins. Ou qui l'ont peut-être déjà été dans le passé...», illustre pour sa part Isabelle Plante, intervenante clinique à l'Auberge Sous mon Toit.

«Il faut regarder plus loin que l'image que la personne projette, renchérit Steve Bouthillier, directeur du refuge Le Passant. Au-delà des préjugés, il y a une richesse en ces personnes-là dont pourrait bénéficier la société.»

On répertorie moins d'itinérance chronique dans la région qu'à Montréal, c'est-à-dire que les itinérants finissent par se sortir de leur situation et n'y retournent pas, ou très peu. «Mais c'est peut-être juste parce qu'on n'a pas des tonnes de ressources et que les itinérants migrent vers les grands centres», nuance M. Luppens.

Qui plus est, renchérissent les intervenants, l'itinérance n'est pas caractérisée par le saut du salon à la rue. Ceux qui finissent par se trouver dans cette situation parcourent souvent un long et sinueux chemin avant d'en arriver à la rue.

«Il y a des jeunes qui sont bousculés depuis l'enfance, qui ont passé leur adolescence dans des centres jeunesse et qui à 18 ans, se retrouvent laissés à eux-mêmes, squattent des divans en n'ayant pas de domicile fixe. Le préjugé, c'est de dire qu'ils n'ont qu'à travailler. Parfois, le chemin est long et il faut être patient quand on les accompagne», note Mme Lamy.

La Nuit des sans-abri débutera sur le coup de 18 heures sur le terrain de l'Église Notre-Dame, à Granby, et à la place du Centenaire, à Waterloo. Feux, prestations musicales, service de soupe populaire et lectures de lettres d'espoir sont entre autres prévus pour tendre la main à ceux qui n'ont pas de toit et pour sensibiliser ceux qui en ont un.

Plus de détails sont disponibles sur les pages Facebook des événements.

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