Délit de fuite: six mois de prison à domicile pour un chauffard

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Charles Fortin a été condamné jeudi à six mois de prison à domicile pour avoir fui le lieu de l'accident. Il devra aussi verser un dédommagement de 4500$ à sa victime.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Costaud, les yeux bleus vifs, Pierre Beauregard participe à un Iron Man par année et se décrit comme un «sportif participatif». Il aurait pu en être tout autrement.

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«L'entente, je la considère comme un geste vers moi, dit Pierre Beauregard, qui a survécu à une collision auto contre vélo en 2014. Ça me convient.»

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En août 2014, il a été frappé par une voiture alors qu'il circulait à vélo sur le 9e rang Ouest, à Granby. L'accident lui a brisé le dos. Son neveu de sept ans qui l'accompagnait n'a pas été blessé. Quant au chauffard, il ne s'est jamais arrêté.

«Le reconstititionnaliste de la SQ m'a dit que normalement, il ne voit pas les victimes de ce genre d'accident là», indique le garde-parc de 45 ans rencontré jeudi au palais de justice. Au sens où elles ne survivent pas dans la plupart des cas.

Chanceux, M. Beauregard? Tout est relatif. Il vit toujours avec les séquelles de l'accident: sa colonne vertébrale accuse un angle inapproprié et il souffre de courbatures et de douleurs variables, selon le sport qu'il pratique.

«C'est à vie, précise-t-il. Je ne peux pas jogger, je me contente de marcher. Ça va moins vite, mais je termine mes compétitions. Ma crainte, c'est que ça se dégrade. Mais je travaille contre ça.»

Il reste surtout avec de l'incompréhension face à ce jour fatidique. «Je ne saurai jamais les vraies raisons du pourquoi il a quitté l'endroit, dit-il en pesant ses mots. Je ne veux pas me permettre de qualifier ça.»

Aveuglement

À son procès, l'accusé Charles Fortin, 75 ans, a soutenu qu'il n'avait rien vu parce qu'il s'allumait une cigarette et pensait avoir frappé un cerf de Virginie. Selon la juge, il a plutôt fait preuve d'«aveuglement volontaire».

Pierre Beauregard refuse de se prononcer sur cette version, mais souligne qu'il a déjà frappé un chien et qu'il avait arrêté sa voiture sur-le-champ de peur d'avoir frappé quelqu'un.

L'homme au look bohème trouve surtout bizarre que le processus judiciaire ne lui ait pas permis de rencontrer l'accusé. «Il n'y a pas eu de mouvement de lui vers moi, dit-il. On m'a dit que le système est fait comme ça. Mais selon son avocate, il a des remords. Et l'entente, je la considère comme un geste vers moi. Ça me convient.»

Les parties se sont entendues pour condamner Charles Fortin à six mois de prison à domicile, jeudi. Le septuagénaire devra aussi remettre 4500 $ à sa victime. C'est le montant, calculé par M. Beauregard, de ce que l'accident lui a coûté en soins non remboursés par l'État et en perte de salaire dus à l'accident.

Pensée

Les audiences terminées, il retournera bientôt au Témiscamingue, où il travaille. Il n'a pas de mauvaise pensée, sauf celle d'avoir traîné son neveu, ce jour-là, sur une route sans accotement et où les automobilistes sont souvent indisciplinés.

«Encore aujourd'hui, j'ai de la misère à gérer le fait que j'ai amené mon filleul si près d'un accident, dit-il. M. Fortin a à vivre avec ses remords, j'ai les miens aussi.»

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