Savoir réagir face au pire

« Ça vient nous chercher, on voudrait faire notre... (Alain Dion)

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« Ça vient nous chercher, on voudrait faire notre travail, mais il faut aussi penser à notre vie. Ça sert à quoi d'alourdir le bilan? », estime Sylvain Blanchard, président de Réanimation Sauve-Vie.

Alain Dion

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(St-Joachim-de-Shefford) Les risques de blessures ou d'accident sur une exploitation agricole sont nombreux. Le tragique événement survenu mardi à Saint-Valérien-de-Milton, où Alain Beaudry et Anthony Lalumière sont morts dans une préfosse à lisier, en fait foi.

Il est toutefois possible pour les premiers répondants de se préparer à faire face à de telles situations, en prenant part au programme de formation offert par Ferme-Médic, à Saint-Joachim-de-Shefford.

La Voix de l'Est a assisté à des exercices de pratique, mercredi, alors que des étudiants de troisième année du Collège Ahuntsic de la technique de Soins préhospitaliers d'urgence se sont adonnés à différentes mises en scène en vue de mieux les préparer.

«Faire des exercices en classe et être ici, c'est deux mondes, estime Sylvain Blanchard, président de Réanimation Sauve-Vie. Il faut outiller les jeunes sur la réalité à laquelle ils vont faire face. Ils seront tout simplement meilleurs.»

Deux ambulanciers penchés par-dessus un mannequin prisonnier sous un tracteur, l'illusion semble parfaite. Les deux paramédicaux en devenir tentent plusieurs démarches pour sauver la «victime». «Ça pourrait arriver. 30% des décès en milieu agricole sont liés à la machinerie, fait remarquer M. Blanchard, avec 38 ans d'expérience comme ambulancier. Certains figent à la vue du mannequin, ne sachant pas trop quoi faire. À l'avenir, ils le sauront.»

Sur un autre plateau d'exercice, des étudiants s'entraînent à briser des vitres de voitures pour désincarcérer un de leurs collègues prisonnier du véhicule. «Il faut les habituer, ce sont des gestes qu'ils vont poser dans leur métier à plusieurs occasions. Mieux vaut leur montrer la bonne technique pour le faire», lance Sylvain Blanchard, qui a lancé Ferme-Médic en 2011. De 200 à 300 personnes suivent annuellement l'une des formations de l'entreprise.

«Chaque formateur ou chargé de cours ici possède un vécu à transmettre aux étudiants. Ils sont comme des éponges et sont très réceptifs aux conseils. On fait toujours des débriefings pour être certain qu'ils n'ont pas d'incompréhension», ajoute-t-il.

La sécurité des intervenants

Dans une situation comme celle survenue à Saint-Valérien-de-Milton, où deux personnes ont péri dans une préfosse à lisier, la sécurité des intervenants prime avant tout. «Ça vient nous chercher, on voudrait faire notre travail, mais il faut aussi penser à notre vie. Ça sert à quoi d'alourdir le bilan?», estime Sylvain Blanchard.

Même scénario dans un camping de Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville, en août 2004, où trois hommes ont été intoxiqués par du sulfure d'hydrogène, le composé volatil le plus dangereux émané par le lisier. «C'est extrêmement agressif comme gaz. Une respiration et c'est fini, affirme M. Blanchard. C'est pourquoi les pompiers doivent mettre leur appareil respiratoire complet pour intervenir.»

Pour toutes ces raisons, dans chaque exercice, les enseignants s'assurent que le futur paramédic pense à sa sécurité. «Dans le feu de l'action, on oublie, même avec de l'expérience. On veut tout faire pour sauver la ou les victimes. Mais il faut que ça devienne un réflexe», croit l'ambulancier.

«Faire nos devoirs»

Ferme-Médic offre présentement une formation de 12 h, dont trois seulement sont alloués à la théorie, et où sont démontrés tous les risques dans les interventions. Toutefois, les responsables aimeraient que la formation soit reconnue par l'École nationale des pompiers du Québec.

«Ça demande beaucoup de travail, mais ça vaudrait la peine. On est en train de faire nos devoirs pour ça. La formation durerait peut-être 36 h à ce moment-là, mais on est prêt à s'adapter», lance avec conviction Sylvain Blanchard.

L'endroit, situé sur le 3e rang Ouest, est très bien équipé pour toutes les situations. On y remarque plusieurs pièces agricoles, un silo pour des simulations de sauvetage en hauteur et même la carcasse d'un vieil avion, pour démontrer toutes les possibilités.

Le groupe d'intervention tactique de la Sûreté de Québec pourrait même aller s'entrainer sur l'immense terrain à l'été 2017.

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