Les plus-values des bandes riveraines

Près de 8000 végétaux indigènes ont été plantés... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Près de 8000 végétaux indigènes ont été plantés dans les bandes riveraines du ruisseau Brandy sur une distance de 8 kilomètres en zone agricole. Sept fermes ont participé au projet-pilote.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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(Granby) L'aménagement de bandes riveraines en milieu agricole est bénéfique pour les agriculteurs, soutient Isabelle Martineau. Ne serait-ce que pour la pollinisation des cultures, aspect névralgique de l'agriculture, dit l'agronome de Gestrie-Sol.

«On parle toujours de bandes riveraines qui contrôlent l'érosion et qui améliorent la qualité de l'eau de nos ruisseaux et rivières. Mais les bandes riveraines nous donnent beaucoup plus que ça. Elles permettent de maintenir une biodiversité pour les plantes et les animaux. Ce sont des plus-values importantes parce qu'elles ont des impacts positifs sur l'agriculture. On doit en parler plus», explique-t-elle en entrevue.

Gestrie-Sol, en collaboration avec plusieurs organismes environnementaux et publics, travaille depuis l'an dernier avec sept fermes de Granby où passe le ruisseau Brandy pour améliorer leurs bandes riveraines. Le projet-pilote, qui mise sur une approche tri-partite basée sur l'agronomie, la biologie et l'entomologie (étude des insectes), a permis de planter près de 8000 végétaux indigènes sur 8 kilomètres de bandes riveraines du ruisseau l'automne dernier.

Une biodiversité florale permet d'offrir des habitats aux pollinisateurs indigènes, fait remarquer Mme Martineau. Pour les accueillir encore mieux, les producteurs agricoles impliqués ont considérablement réduit leur recours aux pesticides. Une plus grande attention au dépistage des insectes nuisibles a permis de faire passer de 14 à 36 % la superficie des grandes cultures où les semences ne sont plus traitées avec un insecticide.

Les scientifiques soupçonnent les néoncotinoïdes, que renferment les insecticides, d'être responsables de la disparition des abeilles, souligne l'agronome.

Aide étatique

Werner Spani exploite depuis une quarantaine d'années une ferme laitière à Granby. Il répond toujours présent lorsque Gestrie-Sol propose de nouvelles façons de cultiver ses terres. Il a déboursé les 20 000 $ nécessaires pour aménager deux kilomètres de bandes riveraines longeant le ruisseau Brandy sur sa propriété. Le ministère de l'Agriculture lui a remboursé 90 % du montant.

L'agriculteur d'origine suisse applaudit les mesures pour protéger les cours d'eau. La responsabilité d'entretenir les bandes riveraines pour qu'elles demeurent efficaces ne peut toutefois incomber seule aux agriculteurs, dit-il. L'État doit les aider. «Il faut tailler les arbres, couper l'herbe. On a déjà par mal de boulot avec la ferme.»

L'entretien des bandes riveraines coûte entre 20 et 40 ¢ le mètre, indique Mme Martineau. Leur aménagement en coûte entre 5 à 12 $ le mètre. «On doit continuer d'en aménager. Mais on doit aussi les entretenir. Il faut que le financement soit là si on veut que les agriculteurs continuent avec nous.»

Le gouvernement pourrait, suggère M. Spani, compenser les producteurs pour qu'ils s'occupent des bandes riveraines où qu'ils engagent quelqu'un pour le faire. Après tout, fait-il remarquer, ces partiels de terrains ne peuvent être cultivées. Il suggère que les agriculteurs obtiennent des compensations, comme ça se fait en Europe, signale-t-il.

«On peut faire notre part, mais on ne peut pas nous demander de tout faire. Ça va prendre des incitatifs», soutient le patron de la Ferme Spani et Fils.

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