Le projet de loi 104 ne fait pas l'unanimité

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Selon le chroniqueur automobile Jacques Duval, le Québec devrait compter près de 40% de voitures électriques d'ici 2025. Il est entouré du député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis et du propriétaire de Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon.

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Jean-François Guillet
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(Cowansville) Le projet de loi 104, présenté en juin par le ministre de l'Environnement, David Heurtel, ne fait pas l'unanimité chez les principaux représentants de l'industrie automobile.

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On voit ici quelques-uns des vélos à assistance électrique en démonstration dans le vaste complexe.

Janick Marois, La Voix de l'Est

Communément appelé «loi zéro émission», celui-ci prévoit que les manufacturiers devront respecter des quotas de vente de véhicules électriques, sans quoi ils auront à verser des redevances au gouvernement.

La cible est de 3% en 2018 et grimpera graduellement jusqu'à 15,5% en 2025. Des pourparlers sont bien engagés entre les deux parties pour tenter de trouver un terrain d'entente.

«Forcer les concessionnaires à vendre des véhicules électriques ne veut pas nécessairement dire que les consommateurs vont les acheter», a réagi au dépôt du projet de loi 104, Jacques Béchard, président de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ).

«L'introduction d'une loi zéro émission du gouvernement pour stimuler l'offre de véhicules électriques au Québec aura l'effet contraire. Elle viendra miner les efforts au lieu de soutenir les politiques qui ont fait du Québec un chef de file dans la vente de véhicules électriques au Canada», ont soutenu conjointement les membres de la CCAQ, de l'Association canadienne des constructeurs de véhicules et des Constructeurs mondiaux d'automobiles du Canada.

Pierre Deragon met également un bémol à ce projet de loi controversé. «Dire aux manufacturiers quoi faire, c'est un peu fort. Tu ne peux pas leur imposer d'amener seulement des voitures électriques au Québec. Ils n'ont pas besoin de cette pression gouvernementale. Ils sont conscients que l'électrification, c'est la voie du futur. Je pense plutôt qu'il devrait y avoir des subventions (à l'achat ou à la location) supplémentaires.»

Ouverture

En entrevue à La Voix de l'Est, lundi, le président de la CCAQ a tenu des propos moins tranchés concernant le projet de quotas. «Les constructeurs investissent des sommes faramineuses dans le développement de véhicules électriques. On n'a pas besoin de mesures coercitives. Ce qu'on souhaite, c'est que les objectifs du gouvernement soient réalistes pour qu'on soit en mesure de les atteindre.»

Comme c'est le cas dans plusieurs États américains, Québec envisage d'imposer un système de «crédits» échangeables aux constructeurs. Celui-ci serait calqué sur la Bourse du carbone qui permet d'acquérir des droits d'émissions polluantes. La somme serait payée sous forme d'amende au gouvernement ou à un autre constructeur qui aurait dépassé ses objectifs de vente.

Mais en tenant compte qu'un peu moins de 3000 véhicules électriques ont trouvé preneurs au Québec l'an dernier, la cible fixée pour 2018 est-elle atteignable?

«Pas dans les conditions actuelles, a fait valoir M. Béchard. On travaille pour limiter les impacts négatifs [du projet de loi]. On a entre autres proposé au gouvernement de reculer de cinq ans pour les crédits, comme au Vermont. Il faut nous donner un peu d'air pour nous permettre de partir graduellement. On veut travailler de concert avec l'industrie et l'État pour y arriver.»

Électrochoc

De son côté, le chroniqueur automobile Jacques Duval estime que la «loi zéro émission» est un «bon électrochoc pour élargir le marché» des véhicules électriques. En ce sens, M. Duval qualifie de «drapeau de départ pour la voiture électrique» le nouveau concept lancé par le Groupe Deragon, qui rassemble une vaste gamme d'automobiles, de motos et de vélos à assistance électrique.

Selon le journaliste réputé, les efforts pour démocratiser les moyens de transport «verts» portent leurs fruits. «La grosse angoisse pour les consommateurs, c'est de rester pris quelque part sans électricité. Mais on est sur la bonne voie pour faire changer les mentalités, a-t-il dit. Concrètement, il y a maintenant plus de bornes de recharge que de stations-service à Montréal. D'ici à 2025, il devrait y avoir près de 40% de voitures électriques sur les routes du Québec.»

Or, Jacques Duval est d'avis que les manufacturiers «trainent de la patte» en ce qui concerne l'offre de véhicules électriques.

«Ce qui m'étonne le plus, c'est que les constructeurs ne se manifestent pas plus que ça. Qu'est-ce qui arrive avec tous les constructeurs européens qu'on a encouragés ici? Les Mercedes, BMW, Porsche et Volkswagen qui nous ont inondés de voitures ordinaires. Espérons que les rois du marché de l'automobile vont se réveiller.»

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