Pollution lumineuse à Bromont: une solution au banc d'essai

Hydro-Québec prévoit installer un nouveau système de balises... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

Agrandir

Hydro-Québec prévoit installer un nouveau système de balises lumineuses sur une dizaine de pylônes près de l'aéroport de Bromont. Celles-ci seraient activées par les pilotes la nuit. Le réseau d'alimentation électrique de ces repères sera enfoui, a indiqué la société d'État.

Alain Dion, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Hydro-Québec teste un système de balisage nocturne unique qui doit être installé sur une série de pylônes près de l'aéroport Roland-Désourdy, a appris La Voix de l'Est. Cette démarche vise à dénouer l'impasse concernant les actuels repères lumineux clignotants ayant soulevé la grogne de plusieurs citoyens au cours des derniers mois.

«On est en train de mettre en place un système qui permettra à la tombée du jour d'éteindre les balises de nuit. Les pilotes pourront à distance les allumer, a indiqué en entrevue Ginette Cantin, conseillère des relations avec le milieu chez Hydro-Québec. C'est une première que ce type de système soit implanté sur des pylônes. On veut s'assurer que lorsque ce sera disponible, tout fonctionnera bien. Le banc d'essai est déjà en place.»

Rappelons que pour se conformer aux exigences de Transport Canada en matière d'approche aérienne, la société d'État avait dû implanter des balises lumineuses sur une dizaine de pylônes aux abords de l'aéroport Roland-Désourdy. Ces infrastructures ont été érigées sur le territoire bromontois dans le cadre de la construction du nouveau poste d'Adamsville.

Le directeur général de l'aéroport, Robert Blais, a confirmé qu'Hydro-Québec l'a contacté pour tester ce système unique en son genre.

«On parle d'implanter sur les pylônes le même type de système que pour les lumières en bordure de piste, a-t-il spécifié. Ce serait installé en dehors d'un aéroport pour la première fois. Pour le pilote, ce sera transparent. Au lieu d'activer un système ARCAL (aircraft radio control of aerodrome lighting), il en allumera deux simultanément.»

Tant Mme Cantin que M. Blais ont indiqué que ce type de dispositif a reçu l'aval de Transport Canada. En fait, cette option a été avancée par la spécialiste en sécurité aérienne Marie-Hélène Simard. L'experte-conseil avait été mandatée par Bromont de «recommande[r] une alternative afin de diminuer les effets négatifs de cette pollution lumineuse.» Une résolution en ce sens avait été entérinée lors de la séance extraordinaire du 16 mai.

Soulagement

Sylvie Adam est bien au fait du dossier. En plus d'être propriétaire d'une des terres sur lesquelles ont été implantés les pylônes en question, elle est également conseillère municipale du district Adamsville et présidente de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l'Est (RARCE).

Comme bien des citoyens, elle avait été stupéfaite d'apercevoir ces «intenses» balises «défigurer les environs». À l'instar de Robert Blais, Sylvie Adam voit d'un bon oeil la solution mise de l'avant. «C'est un réel soulagement de voir qu'une option concrète a été mise de l'avant pour remplacer le système de balises de nuit. Vraiment, je suis satisfaite du dénouement», a-t-elle mentionné, soulignant au passage le «travail exceptionnel» réalisé par la consultante dans le dossier.

Les commentaires de Ginette Cantin vont dans le même sens. «La spécialiste en sécurité aérienne embauchée par la Ville a vraiment été un élément facilitateur pour toutes les étapes, tant pour la municipalité, l'aéroport que pour nous, a-t-elle dit. Elle nous a servi de guide et a été très éclairante.»

Enfouissement

Hydro-Québec a préconisé l'utilisation de panneaux solaires temporaires à côté de certains pylônes pour alimenter les balises lumineuses, ce qui avait suscité bien des questionnements chez des résidants du secteur concerné. Sylvie Adam, qui réside dans le chemin Racine, est du nombre.

Selon elle, la société d'État était davantage «en réaction» dans le dossier plutôt qu'être proactive. «De toute évidence, le balisage n'était pas prévu, avait-elle fait valoir. Il y a une phase dans l'étude [du projet] qui n'a pas été faite, du moins pas correctement.»

«Il n'y a pas de ligne d'alimentation dans le secteur [de ces pylônes], avait expliqué Mme Cantin à ce sujet. Comme on ne savait pas quel type de balisage serait exigé [par Transport Canada], c'était une option temporaire à notre disposition.»

La représentante d'Hydro-Québec avait indiqué au journal en mai que l'option retenue était d'installer une ligne sur poteaux de bois à proximité des pylônes pour alimenter les balises. L'enfouissement des fils est maintenant au programme, a confirmé jeudiMme Cantin. «On a poursuivi nos études d'ingénierie, a-t-elle dit, et ça nous a amené une solution différente.»

La conseillère des relations avec le milieu n'a toutefois pas été en mesure de chiffrer les coûts supplémentaires engendrés par la construction d'un réseau d'alimentation souterrain pour le balisage. Idem pour les délais de lancement du nouveau système de repères lumineux. «On va prendre le temps qui est requis pour que ça fonctionne de façon irréprochable. On ne s'est pas fixé d'horizon.»

Il n'a pas été possible d'obtenir jeudi les commentaires de la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer