Poursuite de 11,5 M$ contre la Ville de Granby

Le promoteur immobilier, Joël Neault... (archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Le promoteur immobilier, Joël Neault

archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Granby) Le promoteur immobilier Joël Neault poursuit la Ville de Granby pour la somme de 11,5 millions$. En entrevue mercredi à La Voix de l'Est, il s'est dit «très, très lésé» par les agissements de la Ville, affirmant qu'elle a fait volte-face en bloquant son projet de longue date de 224 lots d'habitation.

Dans la poursuite déposée en Cour supérieure du Québec, l'homme d'affaires réclame un dédommagement pour tout l'argent dépensé depuis 2009, ainsi que pour la valeur de ses lots qui diminue, dans le secteur des rues Fréchette et de Milan.

«Du jour au lendemain, ils ne veulent plus du projet, sans raison, déplore Joël Neault. Pourtant depuis des années, on a discuté de tout ça et j'ai engagé de grosses dépenses - on parle de millions - dans ce projet-là. Ils auraient pu me le dire qu'ils n'en voulaient pas finalement.»

Le projet intitulé «Le Versant de la Tourbière» cheminait depuis 2009. En mars 2012, le plan de morcellement avait été approuvé par les élus granbyens à la table du conseil à l'époque.

Ce développement était d'ailleurs au coeur de la solution attendue depuis 2010 afin d'alimenter en eau potable de façon permanente 29 résidences dans le secteur voisin, les Verrières St-Alexandre, un autre développement de M. Neault.

Un problème devait cependant être réglé avant que le projet du Versant de la Tourbière lève de terre: les services d'aqueduc et d'égout devaient être prolongés jusqu'à ce secteur, ce qui aurait engendré des coûts importants.

En février 2016, la Ville annonçait dans une lettre à M. Neault qu'elle refusait de prolonger la conduite d'aqueduc.

Ce dernier dit ne pas comprendre pourquoi. «J'étais prêt à payer 100% des frais pour l'aqueduc, une station de pompage et une ligne de refoulement», lance le promoteur.

Durant toutes ces années, l'homme d'affaires estime avoir dépensé pour 2,7 M$ en frais de professionnels divers, comme des biologistes, des experts environnementaux, des ingénieurs et arpenteurs. Il ajoute que la valeur de ses lots est en chute libre. Il réclame donc 8,8 M$ pour le dédommager à cet effet.

«La Cour supérieure, c'est mon seul recours possible. Je comprends que le projet ne fonctionnera pas. Je veux seulement être dédommagé», conclut l'homme de 50 ans, qui ajoute avoir eu des problèmes de santé dernièrement tant le projet le préoccupait.

Joint en soirée mercredi, le maire de Granby, Pascal Bonin, s'est refusé à tout commentaire puisque le dossier est devant les tribunaux.

La directrice des services juridiques, Catherine Bouchard, a assuré pour sa part à Radio-Canada Estrie que la Ville préparait sa défense et elle s'est dit en désaccord avec l'interprétation du promoteur.

Problèmes d'eau aux Verrières St-Alexandre

Les problèmes d'eau aux Verrières St-Alexandre ne datent pas d'hier. La Ville approvisionne depuis 2010 par camions-citernes le puits privé qui alimente ses résidents, à la suite d'une ordonnance du ministère de l'Environnement.

Cette mesure spéciale a dû être adoptée, car le puits du développement réalisé par le promoteur Joël Neault s'est tari en 2009.

La nouvelle de ne pas prolonger l'aqueduc avait été annoncée aux 29 résidents du secteur lors d'une rencontre.

«Le dossier a été étudié énormément. On a fait le tour de tous les aspects: juridique, technique, urbanistique, financier. Ça fait longtemps qu'on fait miroiter des choses aux résidants, mais il faut avoir le courage de dire qu'il n'y aura pas de prolongement des services», avait affirmé à l'époque le maire Bonin à La Voix de l'Est.

Cela dit, avait-il ajouté, la Ville n'avait pas l'intention de laisser tomber les citoyens. Elle leur avait donné l'assurance qu'elle continuerait à leur fournir «de l'eau de qualité en quantité».

Selon Pascal Bonin, il en coûte environ 10 000 $ par année à la Ville pour alimenter le puits en eau, tandis que le prolongement des services aurait entraîné une facture de 7,3 millions$, dont 3,5 millions$ aux riverains, 3,5 millions$ à l'ensemble des contribuables et 340 000 $ au promoteur.

Selon des citoyens rencontrés par Radio-Canada Estrie, la qualité de l'eau dans le secteur est douteuse.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer